‹ Les Communes de la MeurtheChapitre 93 sur 292 · DOU · texte numérisé non relu

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» dames, vous savez que la prébende de madame n de.... m'est échue, je vous présente mademoi- » selle de..., que je me propose de nommer ma n uièce, si vous daignez l'agréer, je l'en crois n digne par ses ancèlres cl sa piété. « Elle faisait une profonde révérence et sortait de la salle après avoir dépose sur le bureau du chapitre les blasons cl les litres de l'aspirante. Les dames capitulantes consacraient à leur examen plusieurs séances et s'aidaient ordinairement des conseils de gens experts en science héraldique. Lorsqne les preuves étaient reconnues suffisantes, on eu dressait acte, que Ton trausmcilaii, ..vccles preuves à l'appoi, a deux gentilshommes jurés, l'un pour les lignes paternelles, l'autre pour les lignes maternelles ; ceux-ci vérifiaient scrupuleusement, à leur tour, les quartiers de la présentée, ils en faisaient leur rapport au chapitre et offraient l'affirmation ou bien la déclinaient ; mais il était rare qu'une famille s'exposât à cet affront. Lo chapitre fixait le jour de l'affirmation, qui avait lieu dans le chœur de l'église collégiale, en présence de toutes les dames. Les deux chevaliers jurés étaient introduits, portant l'épéc au côté et le manteau doublé d'hermine ; ils se présentaient devant les dames capitulantes assises dans leurs stalles, et demandaient a chacune d'elles si elle était satisfaite des preuves de mademoiselle de.... Les dames, en signe d'assentiment, se levaient de leurs sièges, et se plaçaient devant l'autel ; le chanoine de semaine ouvrait le livre des Evangiles, sur lequel les deux chevaliers prouonçaicut séparément le serment suivant : « Je jure que je connais la nation (gentem)

m de et de ; que je sais que les uns et les

n autres sont bien-nés et attraits chacun de huit n éens, sans nui reproche, et ceci je le jure par w les saints Evangiles cl au péril de mon àme. »» La dame tournaire comparaissait cl déclarait qu'elle adoptait en qualité de nièce la demoiselle dont les lignes venaient d'être reçues cl jurées.

La cérémonie de l'apprébeudcmenl proprement dit, se faisait après l'office de sexte, au son de toutes les cloches. Les dames nièces et capitulantes allaient, revêtues de leur manteau fourre d'hermine, xhercher leur future compagne qui était menée par son père et sa mère, ou, à leur défaut, par ses parents les plus proches ; elle était précédée d'un chevalier tenant, sur le bras gauche, un manleau également fourré d'hermine.

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Les dames marchaient en corps devant la récipiendaire et la conduisaient jusqu'à la stalle de madame l'abbesse : la demoiselle se mettait à genoux dans le maintien le plus modeste, tandis que sa future tante s'approchait et disait : u Mail dame et Mesdames, je vous présente mademoi- •i selle de...., que je me propose de nommer ma t» nièce, si vous daignez l'agréer, n L'abbesse répétait la demande de la dame tournaire ; les dames capitulantes se levaient et faisaient une profonde révérence' en marque de consentement. L'abbesse, s'a dressa ni ensuite a la récipiendaire, lui demandait ce qu'elle voulait : u Le pain et le t» vin de saint Gauzclin et de Notrc-Damc-dcw Bouxièrcs, pour l'amour de Dieu, n répondait celle-ci... m Où est l'apprébendemcnl ? n reprenait l'abbesse, et le prévôt de la seigneurie lui remettait une pièce d'argent, nnc coupe de vin et trois apprêts de pain, dont la présentée usait modérément. Après qnoi l'abbesse lui plaçait le mari sur le couvre-chef et le fixait par trois épingles ; elle lui disait, en attachant la première : vous réciterez bien votre bréviaire; en posant la seconde : vous obéirez à madame votre abbesse ; et en mettant la troisième : vous porterez respect à mesdames vos anciennes. A chaque recommandation, la demoiselle répondait : ti Dieu m'en fasse la grâce. »> Alors le chevalier déployait le manteau d'hermine et le déposait sur les épaules de la nouvelle chanoinesse, qae sa tante présentait aux dames nièces et capitulantes, et l'abbesse aux maire et gens de justice de la scigueurie en leur commandant de reconnaître à l'avenir madame de.... pour dame haute- justicière île Bouxièrcs. Une messe d'action de grâce était chantée, l'abbesse conduisait la récipiendaire à l'offrande et, an retour, l'installait dans la stalle qu'elle devait désormais occuper.

Indépendamment des revenus affectés à la mense abbatiale, le chapitre de Bouxières jouissait de quinze prébendes de S à 6,000 livres de renie chacune ; l'abbesse en prélevait deux, Té— vcque de Toul nommait à une troisième, en mémoire et représentation de saint Gauzelin, les douze autres étaient réparties par tour catre les dames capitulantes. Chacune d'elles tenait maison, administrait ses revenus et veillait à l'éducation de sa nièce adoplive. Les dames de Bouvières conservaient le costume séculier, néan-

moins les couleurs éclatantes leur étaieut interdites. Elles avaient pour signe dislinclif une croix émailléc a Itutt pointes, ù l'effigie de leur saint fondateur, quelles portaient suspendue ii un rubao bleu, liseré rouge, passé en sautoir. Au dweur, où lesdames nièces et capitulantes devaient tou> les jours deux heures de présence, elles revètaieot on manteau noir, doublé d'hermine, à queue traînante de deux à trois aunes.

L'église de l'abbaye, que desservaient deux danoises à la nomination du chapitre, était dans le style romau ; elle renfermait les tombeaux de personnages illustres de la province, entre autres celai de la comtesse Eve, foudalrice (940) du prieuré de Lay-Saiot-Christophe. Saiut Gauzelin y avait été également iuhumé ; mais, après sa canonisation, sou corps fut tiré du sépulcre et placé dans une châsse d'argeut euriebie de pierreries, que l'on exposait à la vénération des fidèles le jour de In Sainte-Trinité. Le trésor de l'abbaye était fort riche ; on y remarquait le peigue de saint Gauzelin, uu magnitique Evnngéliaire qui avait été à son usage; le calice, la patène et le voile dont il s'était servi le jour de la dédicace de l'église de Bouxièrcs, cl qu'à la prière des religieuses, il avait bien voulu leur abandonner.

Les reliques du saint fondateur fureut précieusement conservées dans cette église jusqu'à l'époque de la révolution, ainsi que les autres objets dont je viens de parler. Le chapitre ayant été supprimé, une personne pieuse parvint à sauver les reliques, le calice, la patèue et l'Evaugéliaire ; mais la chasse cl le buste, d'argeut renfermant le chef de saint Gauzelin, furent perdus. Au rétablissement du culte, en 1802, les reliques et les objets conservé» furent douuès a la cathédrale de Nauey et enfermés dans l'ancienne châsse de saint Sigisberl, qui fut placée daus uue des chapelles latérales.

Us restèrent là pendant plus do quarante aus, exposés à plus d'une chance de destruction et presque oubliés. EnGn, daus les derniers mois de l'année 1845, la commission des monumeuts religieux du diocèse de Nancy demanda et obtint que la châsse serait ouverte, et que l'on en tirerait, pour les déposer dans le trésor de la cathédrale, le calice, la patène, le voile et l'Evaugéliaire. Toutes les recherches faites pour découvrir le voile, que l'on croyait enfermé daus la cliâ>se, «al été infructueuses, et, selou tous les probabi-

lités, il a clé égaré ou détruit pendant la révolution. Le peigne, qui n'a rien de curieux, est reste placé à côté des reliques.

Le calice, la patène et l'Evangéliairc de saint Gauzelin ont été décrits par M. Aug. Digol, dans une notice qui a été iuscrée au 2° volume des Bulletins de la Société d'Archéologie lorraine ; cette description est accompagnée de dessins faits par M. Châtelain, architecte à Nancy.

L'église du l'abbaye renfermait les chapelles de Saint-Sébastien, du Saint-Sacrement, de Saint- Jean-l'Evangélisle, cl celles de Saint-Pierre et de saint Gauzelin, unies aux deux canonicats le 17 janvier 1GQÎ>. Il y avait les deux confréries du Rosaire et du Saint-Sacremeul. On voyait encore, dans le village, un hôpital dont les dames étaient administratrices, cl deux chapelles, l'une de Saint- Nicolas ei de Saiutc-Barbc, l'autre do Notre-Dame. Cette dernière, située dans la grande rue, n'était, à vrai dire, qu'une maison près de laquelle était uu autel ayant titre de chapelle. (E. T.)

De Bouxicres dépendent le Moulin cl trois maisons isolées.

Cette commune a été érigée en succursale en

Patron, saint Martin.

BOUXIÈBES - SOUS - FROIDMONT. Suivant toute probabilité, l'élymologie du nom de ce village est la même que celle des noms des localités qui précèdent ; c'est, du moins, ce qu'on peut conclure d'un privilège du pape Léon IX pour l'abbaye de Saiul-Arnou de Metz (1019), où il est appelé liuxcriœ.

On lit daus l'Histoire de Metz, que, <* pendant la guerre qui eut lieu, en 1590, entre les Lorrains et les Messins, ces derniers viurent (15 février) assiéger Norroy-devant-le- Pont, donl la tour de l'église était fortifiée et avait garnison lorraine. On y mena de l'artillerie ; les assiégés résistèrent, mais enfin la place fut prise d'assaut, et ils furent passés au lil de l'épée pour avoir tué un gentilhomme pendant qu'il leur parlait do composition. Les meubles qu'on avait enfermés dans l'église furent pillés , la tour renversée do fond eu comble, et les cloches conduites à Metz, où elles fureut, quatre ans après, suspendues uu clocher de l'église Sainte-Croix.

» De Norroy l'armée messine prit le chemin de Nancy. Elle fil rencontre des troupes lorraines enlrc Bouxières et Poul-à-Moussou, le 25 du

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même mois de février , jour de Sainl-Malltios 1590. H y cul un rude choc où les Lorrains succombèrent. Ils furcul entièrement défaits et mis eu déroule. L'élite de leurs soldats fut taillée eu pièces ; plusieurs de leurs capitaines y périrenl ou furent faits prisonniers. On poursuivit les fuyards jusqu'aux portes de Pout-à-Motrsson cl on les lua dans les fossés, de mauière qu'il n'en échappa qu'un polit nombre, et que si les victorieux ne s'étaient ralentis, ils seraient enlrés dans la ville. La Chronique de Saint-Clément appelle ce combat la Bataille tU; Bouxii-res. »>

Les h manans et habitauls n de ce lieu, qui étaient en la garde du duc de Lorraine, devaieut annuellement, par chaque ménage, 2 sous de Mclz.

Bouxières a été érigé en succursale en 1S02.

Patron, la Nativité de la saiutc Vierge.

BOIZANVILLE. Ce village cul beaucoup à souffrir pendant 1rs guerres qui désolèrent notre province au XVIIe siècle : c'est ce qui résulte des extraits suivants des comptes du domaine de Vaudéinonl, pour les années 1655, 1637 el 1607 :

u Les habitants dudil lieu qui sont en In seigneurie de Xuguey doivent pour leur garde ancieune 30 resaux d'avoine..., néanmoins u'en a éle reçu aucune chose nonobstant les poursuites de ce comptable el contraintes faites contre lesdils habitants, tant par arrêts de leurs personnes au lieu de Vézelise qu'ez prisons civiles de Nancy d'où ils ont été mis hors par le conseil souverain à cause de leur pauvreté, et que même ledil village est brûlé, n'y restant que fort peu de maisons (1655). n

u Ne fait recette des gardes anciennes el héréditaires.... ledil village étant brûlé el abandonné par le restant des habitants (1657 et 1640). »

« Le comptable ne rapporte, pour l'an de ce compte, aucune chose..., le village se trouvant présentement inhabitable et brûlé pour la plus grande partie (1607). »

En 1700, la communauté de Bouzanville était composée de 17 habitauls, y compris les veuves cl les réfugiés. La seigneurie en toute haute justice, moyenne et basse, appartenait par tiers au commandeur de Xuguey el Libdeau, aux seigneurs d'IIaroué el à 31. de Bacconval, qui prenait la qualité de seigneur de Bouzanville. Chacun d'eux avait ses sujets séparés, que l'on reconnaissait par les habitations. Le prieur de Belaoges y possédait une maison donl il avait la seigneurie sous le

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toil scnlcmcul. Les trois seigneurs pouvaient avoir chacun leur maire ; mais u la guerre ayant apporté de l'altération dans les lieux, *• H n'y eu avait qu'un qui gérait pour tous. Le patronage de la cure appartenait aux trois seitçneurs. (E. T.;

Bouzanville a élé érigé en succursale eo 18'J'J.

Patron, saint Martin.

BOUZt'LE (la). La ferme de laBouzulc, qu'on croit avoir élé uuc dépendance de la maison des Templiers de Cercueil, appartenait aux Hospitaliers dès la première moitié du XIIIe siècle : par une charte daléc de Tau 1231, Aubry ou Atberic (.4 Iboricus), seigneur de Rosières, donna aux frères de l'hôpital de Jérusalem un pré nommé Conlrauoé, situé près de leur maison de la Bouztilc (ad domum ipsorum de la Bozule). Lu même aouée, le duc Mathieu confirme la donation qui avait été faite à la maison de la Bouzule et aux frères de l'hôpital de Jérusalem, par Wfoîanus d'Amance, de la moilié d'une vigne sous Ainancc.

On voit, parles comptes du domaine d'Araance. qu'en 1328, u la maison de la Bouzeullc n devait chacun an, au duc de Lorraine, u à cause de garde, six solz payant au terme Sainct Martin d'iver. »i

Eu 15i8, on assigna, en vertu d'une ordonnance du comte de Vaudémont, u au maire Meogin de Mayzcrulle, pour faire encore ung pont auprès de la Bouzieullc et pour achever celloy qu'il avoil faict l'année passée, deux cbesnes au Fay d'Amance et quatre pennes on bois de la Bouzieulle. n (Domaine d'Amance.)

Le 28 avril 1568, messirc Jean de Trestodam. commandeur de Nancy, passa bail du gagoage | u de la Bouseulle proche Champegnou, n h Nicolas Thibaut, métayer dudil gagnage, moyennant 60 paires de grains, moilié froment el avoine, un porc gras de 8 livres, 12 chapons, 12 fromages et 12 barils de beurre annuellement. (Or. de Malle.)

A celle ferme aliénait une chapelle où, par une clause de son bail, lo fermier devait faire célébrer l'office divin une fois par semaine el fournir tout ce qui était nécessaire à cet effet. L'une et l'autre furent ruinées au XVIIe siècle, au.à qu'on le voit par le passage suivant d'un pied~ttr- 1 1er de 1715 : u II y avait autrefois, dans la feniii' de Bouzeullcs, une chapelle érigée sous l'iuvo^-] lion de Sainl- Jean-Baptiste, laquelle est enlierv-i ment ruinée. Quelques anciens vestiges el plu-

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