INTRODUCTION. IX
des charrons, des maçons, des serruriers, des armuriers, bref tous les métiers qui sont indispensables, à cette époque de stagnation commerciale, à tout grand domaine, mais qui sont ici plus indispensables que partout ailleurs. Ajoutez à cela toutes les personnes employées au service des églises : portiers, fossoyeurs, sonneurs de cloches, etc. On voit donc que la résidence épiscopale présente une vie fort active et fort intéressante. »
Jusqu'alors cependant point de commerce véritable. Mais voici que l'horizon s'élargit. ]^es terres incultes sont mises en valeur, la richesse s'accroît, une relative sécurité vient favoriser les échanges, les expéditions lointaines remettent en contact les pays isolés ; partout le trafic se ranime, amenant une reprise de l'activité industrielle. Sous cette poussée les villes se reforment. Le système d'exploitation domaniale que nous y avons trouvé en vigueur ne laissait aucune place au libre commerce : il faut à celui-ci des entrepôts, il lui faut des artisans qui (c ouvrent » non plus seulement en vue de la consommation locale, mais en grandes quantités et pour Texportation. Aussi voyons-nous, à partir du xf siècle, parfois même un peu plus tôt, des faubourgs commerçants s'accoler aux vieilles cités, des bourgs nouveaux se fonder au croisement des grandes routes, le long des fleuves, au fond des golfes, partout où les marchands pouvaient trouver des débarcadères, des « étapes », des « ports » favorables à leur négoce.
L'attitude des seigneurs envers ces nouveaux venus, souvent étrangers au pays, qui échappaient, en tout cas, aux cadres de l'exploitation domaniale, fut très différente