X • INTRODUCTION
suivant les lieux : quelques-uns, — dans les villes de Provence, entre autres, — firent preuve d'un prudent libéralisme en prenant eux-mêmes les devants et en octroyant spontanément un minimum de franchises sans lesquelles le commerce eût été impossible ; mais lo phis souvent il n'en fut rien : les seigneurs ne comprirent rien aux besoins particuliers de leurs nouveaux sujets et voulurent exiger d'eux les mêmes services, les mêmes redevances qu'ils exigeaient des autres. Dans ces conditions, comme l'a encore remarqué M. Pirenne', les bourgeois ne devaient compter que sur eux-mêmes pour créer « les installations, les ressources et les institutions qui leur étaient indispensables ». Groupés en gildes, en hanses, en sociétés de secours mutuels, ils s'y employèrent de leur mieux. Certains seigneurs, comme les comtes de Flandre, eurent encore l'habileté d'intervenir à temps et d'éviter les pires catastrophes en leur accordant quelques privilèges, exemptions detonlieu, allégement des charges militaires, concessions judiciaires; partout ailleurs un jour vint où brusquement la bourgeoisie, à bout de patience, finit par se dresser en face de l'exploiteur et par conquérir de haute lutte l'existence légale. — Telle apparaît aujourd'hui dans ses grands traits la genèse du mouvement communal.
Bien entendu, les choses ne se passèrent point toujours exactement de la même façon : c'est ainsi que de simples phénomènes de contagion expliquent, à n'en pas douter, la naissance de plus d'une commune. Mais le tableau que nous venons de tracer, en empruntant à M. Pirenne quelques-unes de ses idées, est sans doute celui qui
1. H. Pirenne, Les anciennes démocraties des Pay^^-Bus, p. 28.