Ibid., t. XVI, p
vitude : car les seigneurs ont toujours le droit de ressaisir leurs serfs, même s'ils sont devenus clercs. « Guibert de Nogent ajoute « que ce sermon contre les communes n'a pas été prononcé dans cette seule circonstance : que l'archevêque de Reims a prêché maintes fois, sur ce thème, dans les assemblées royales et dans beaucoup d'autres réunions ».
Sermons et anathèmes n'empêchèrent pas les bourgeois de réaliser leur idéal. Les « conspirations factieuses » du début aboutirent à l'organisation d'un régime qui prit régulièrement sa place dans la société. Forcée de subir les communes et même d'entrer en rapports quotidiens avec leurs gouvernements, l'Église n'en resta pas moins hostile aux villes libres, qu'elle continua à traiter avec mépris, dans lesquelles elle affecta de ne voir qu'une réunion d'agités, dangereux pour leurs voisins, et d'usuriers malhonnêtes qui trafiquaient de tout avec impudence.
Un chanoine de Cambrai, Lambert de Waterlos, qui écrivait à la fin du xii® siècle, a fait, dans sa chronique, le procès de la commune de Cambrai*. « Au début, dit-il, elle fut accueillie avec faveur, parce qu'elle avait été instituée par les hommes les plus considérés, des hommes dont la vie était juste, simple, intègre, et qui n'étaient point cupides. Chacun se contentait de ce qu'il avait : la justice et la concorde régnaient chez eux ; l'avarice y était chose rare. Le citoyen respectait le citoyen, le riche ne méprisait pas le pauvre; ils avaient la plus grande répugnance pour les rixes, les discordes et les procès : ils ne rivalisaient que pour l'honneur et la justice. Quel changement a subi la commune, comment est-elle devenue tout à coup malhonnête, comment d'aussi beaux commencements ont-ils abouti à un tel état de perversité et de honte on ne le voit que trop clairement. Les citoyens se sont engourdis peu à peu dans la prospérité ; ils se sont insurgés les uns contre les autres ; ils ont laissé impunis les crimes des scélérats ; chacun n'a plus songé qu'à s'enrichir par les moyens les moins hçnnêtes.... Peu à peu les grands se sont mis à op-; primer les petits par le mensonge, le parjure et la fore©