Aug. Thierry, Lettre XX, p. 356 et suiv
Tours, avenir h bout des velléités communalislcs de leurs bourgeois. Ils eurent cependant à repousser les allaqucs incessantes du haut baron de la localité, associé au peuple, et se virent fort mal soutenus par les évoques et les abbés de la région bourguignonne. A Reims, les archevêques finirent aussi par remporter l'avantage. Après avoir résisté avec acharnement, pendant la fin du xii« siècle, les bourgeois acceptèrent de Guillaume de Champagne la célèbre cbarle de libertés de 1182, dans laquelle le mot de commune n'était pas une seule fois prononcé. Augustin Thierry pense que cette omission fut l'eilet du hasard'; nous avons quelque peine à le croire. Il est vrai que, si la cité rémoise ne put obtenir le titre de commune, elle en avait l'organisation, la turbulence et la force. Les archevêques expièrent amplement, par une lutte de plusieurs siècles, l'habileté de Guillaume aux Blanches-Mains.
Il y eut des villes importantes et riches où l'hostilité de l'Église ne permit pas l'établissement du régime communal; on peut juger par là de la force de résistance que les seigneuries ecclésiastiques opposèrent aux tentatives des populations rurales. On a vu que la plupart des communes établies par les paysans furent renversées aussitôt que fondées. S'il fallut plus de temps aux évêques de Laon pour venir à bout de celle des serfs du Laonnais, c'est que la cause de ces malheureux fut longtemps soutenue par la royauté.
Partout oLi l'Église fut impuissante à empêcher l'établissement définitif du régime communal, elle travailla avec persévérance à en entraver le fonctionnement, à en arrêter le développement et la propagande. Certaines communes, comme Beauvais, réussirent à traverser tout le moyen âge, en dépit de leurs démêlés quotidiens avec les seigneuries ecclésiastiques. D'autres, comme Corbie et Laon, tombèrent, au commencement du xiv* siècle, victimes de l'hostilité du clergé local. Ailleurs, la malveillance de l'Église ne fut que la cause indirecte de la disparition des institutions communales. Les dilTérends des communes avec l'évêque ou le chapitre aboutissaient à des procès en cour