‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 12 sur 121 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

correspond le mieux à la majorité des cas et qui donne le mieux l'image de la réalité.

L'octroi d'une charte accompagne généralement ou suit de près la reconnaissance par le seigneur de l'indépendance communale. M. Luchaire ne s'est pas contenté de si'Tnaler le fait; il a longuement insisté sur le caractère indécis de ces constitutions municipales, qui ne visent jamais à être complètes et ne réussissent même pas toujours à être très cohérentes. Il a signalé aussi la vogue particulière dont certaines d'entre elles ont joui et s'est appliqué à déterminer à la fois leur degré d'influence et les raisons de leur succès. Des travaux récents permettent, sur ce point, de compléter son exposé.

Il en ressort, en premier lieu, que les rapports de filiation entre chartes communales ont été bien souvent moins simples qu'on ne se le figurait autrefois : c'est ainsi que, largement inspirée de la charte de Beauvais, la charte de Soissons a été prise comme modèle par les habitants de Compiègne, qui ne se sont point cependant interdits à leur tour, de puiser directement dans le droit coutumier de Beauvais' ; c'est ainsi encore que la charte de Gvs, dans le comté de Champagne, tout en ne dérivant dans son ensemble, de la charte de Soissons que par l'intermédiaire de celle de Meaux, comporte cependant un article d'origine nettement soissonnaise et qui manque à la charte de Meaux'. Ajoutons qu'une

1 Cf G BouF'^in, La commune de Soissons et le f^mnpe communal soissonnais, p. 247-248, 2. Thid., p. 307.

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