‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 111 sur 121 · Aug. Thierry, Mon. inéd., t. III, p · texte numérisé non relu

Aug. Thierry, Mon. inéd., t. III, p

l'abliayo était pcrmanont. Lo maire el los jurés avaient été, deux fois déjà, exconuiuiniés par l'abbé, en raison des voies de fait dont ils s'étaient rendus coupables à l'égard des moines et des personnes placées sous la sauvegarde de l'abbaye. Au lieu de donner salisfaclion à l'autorité ecclésiastique, les magislrals municipaux en vinrent à la révolte ouverte. Ils jetèrent en prison les sergents de l'abbaye cl soumirent cette abbaye elle-même à un blocus rigoureux. Les moines, afin de faire lever ce blocus, sortirent processionnellement, avec l'eucbaristie et le saint chrême, pour se rendre à l'église Saint-Martin, oli ils pensaient être plus en sûreté. Sans se laisser intimider par cet appareil religieux, les magistrats tirent sonner la cloche communale, se jetèrent sur la procession, l'attaquèrent à coups d'épée et de bâton et obligèrent les moines à se réfugier dans le presbytère de l'église Saint-Martin. Ils en barricadèrent extérieurement les portes et les fenêtres, et tinrent les moines prisonniers durant trois jours, sans leur donner à manger ni à boire. Pendant ce temps, ils organisaient, autour de l'église, une procession dérisoire, déguisés en dignitaires du clergé, vociférant et aspergeant, comme avec de l'eau bénite, tout ce qui se trouvait sur leur passage. Non contents de ce sacrilège, ils brûlèrent les portes de l'église et jetèrent dans le feu l'image de la Vierge et celle de saint Jean-Baptiste. Peu de temps ai)rès, un enfant de la commune étant mort, deux jurés excommuniés, après avoir pris ironiquement le titre de prieur et de prévôt, s'affublèrent d'étoles de paille et donnèrent la séi)ullure au corps, en jjarodiant les cérémonies de l'Église*.

Des manifestations encore plus singulières se produisirent, trente ans plus tard, dans la commune de Saint- Riquier : « Chaque année, pendant la fête dite du Lendit, les moines de l'abbaye parcouraient processionnellement la ville, avec les reli(iues de leur fondateur et celles de saint Vigor. Le jour de l'ouverture du Lendit de l'année 1264, des bourgeois de Saint-Riquier prirent un chat et le mirent, après l'avoir tué, dans une chdsse semblable à celle qui renfermait le corps de saint Riquier. Un os de cheval, qui

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