‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 13 sur 121 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

même charte a souvent revêtu plusieurs formes et que chacune d'elles a pu evcrcer une influence décisive sur la constitution de communes nouvellement fondées : on en a encore la preuve pour Soissons, dont Dijon n'a connu la charte que par une version très remaniée et où l'on a même cru trouver trace de nouveaux emprunts au droit municipal de Beauvais'.

On a clierché aussi à expliquer d'une manière plus précise les causes de ces phénomènes de filiation. M. Luchaire en a signalé quelques-unes : des causes géograpliiques d'abord; et il est certain, en effet, que des localités voisines furent tout naturellement portées à accepter la même constitution. Des causes politiques, ensuite ; et celles-ci furent peut-être même plus actives que M. Luchaire ne l'a dit. Les seigneurs essayèrent, semblet-il, en général, de soumettre toutes les communes de leurs Etats à un régime aussi uniforme que possible : une fois trouvé un type ou quelques types de chartes bien adaptés à leurs exigences, ils avaient tout intérêt à s'y tenir. Il suffit de citer ici comme preuve, à côté des Etablissemenls de Rouen, que les souverains anglais répandirent à profusion dans leurs possessions continentales\ la charte d'Arras, que les comtes de Flandre donnèrent pour loi aux communes de leur comté^, ou la charte de Soissons, que les rois de France propagèrent dans une grande partie de leurs domaines, notamment à Senlis, à la Neuville-le-Roi, à drépy-en-Valois (après la réunion de cette ville à la couronne), à Sens*.

i. G. Bourgin, op. cit., p. 128.

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