‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 14 sur 121 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

Il est évident, en outre, que des raisons d'ordre économique ont dû souvent déterminer ou tout au moins guider le choix des intéressés : une charte capable de convenir à une ville industrielle ne pouvait, sans modifications profondes, être transportée dans un pays essentiellement agricole, et, par contre, des villes placées dans les mêmes conditions économiques étaient amenées facilement à adopter la même constitution municipale. Des motifs de ce genre, joints aux motifs d'ordre politique que nous venons d'indiquer, ne furent sans doute pas étrangers à la fortune de la charte d'Arras en pays flamand, car peu de contrées offrent, au moyen âge, le spectacle d'une vie industrielle aussi généralisée et aussi intense; au lieu que la charte deSoissons, très en faveur tant en Champagne et en Bourgogne que dans le domaine royal, ne fut suivie [que par de petites communes adonnées au commerce des vins et des céréales.

Enfin il semble que les rapports commerciaux établis entre les villes de diverses contrées n'aient pas été sans influence sur la propagation des chartes communales : on l'a dit de la charte de Bsauvais*; on l'établirait probablement pour beaucoup d'autres.

Nous pourrions nous dispenser de revenir ici sur l'organisation administrative des communes s'il n'importait

1. L.-H. Labande, Histoire de Beauvais et de ses instilutions communales, p. 101. Observons toutefois que M. Labande a beaucoup exagéré l'influence directement exercée par la charte de iJeauvais, puisque c'est par l'intermédiaire de celle de Soissons qu'elle a été le plus souvent connue. Cf. le livre cité de G. Bourein.

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