Flaninionuoiit, IJisloirc de Senlis, p. f
l'abord? Queslioiis aussi intéressantes que difficiles à résoudre. Au total, si le peuple des cités ne réussit pas, autant qu'ill'eût voulu, à faire coïncider les limites de la fédération avec les bornes même de la ville et de sa banlieue, il n'en était pas moins maître et souverain dans l'enceinte de la commune. Ses ordonnances et ses règlements étaient obligatoires pour tous. Il n'avait point à s'inquiéter et s'inquiéta rarement de la minorité d'étrangers qui vivait à ses côtés.
En dehors de l'élément populaire, il se trouvait encore, dans les villes libres, comme habitants et connue propriétaires, des membres de la classe privilégiée, des nobles et des gens d'Église. Il importerait de déterminer leur situation au milieu de la vaste association communale, et le caractère précis de leurs relations avec les bourgeois. Il faudrait savoir s'ils pouvaient faire partie de la commune, à quel titre il leur était donné d'y entrer, ou bien si, au contraire, ils s'en trouvaient, par leur condition même, absolument exclus.
Il y a longtemps que cette question a été agitée par les érudits. En 1769, dans ses Recherches sur les communes^ Bréquigny essaya de la résoudre en invoquant trois textes précis empruntés à des chartes communales. Nous avons déjà cité la clause de la charte de Brai qui excepte de la commune les prêtres et les religieux. Suivant l'article 53 de la charte de Roye, « si les habitants qui ne sont pas nobles, mais qui se prétendent libres et relevant féodalement d'un seigneur, ne veulent pas faire partie de la commune, il leur faudra quitter la ville ». Cette réserve « qui ne sont pas nobles » indique que les nobles avaient le droit d'y résider sans appartenir à l'association. Enfin, on lit dans cette même charte : « Les ecclésiastiques qui ne se comportent pas suivant leur état (ceux qui sont mariés, font le commerce ou prêtent à usure) ne seront pas considérés comme ecclésiastiques ; par suite ils seront de la commune et supporteront les mêmescharges que les bourgeois». Donc les clercs véritablement clercs ne faisaient pas partie du corps de bourgeoisie.
M. Lefranc est arrivé récemment* aux mêmes conclusions