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« ils étaient tenus d'être confédérés ». Que faut-il entendre par ces expressions?
On a répondu* qu'elles contenaient une équivoque facile à dissiper. Si les privilégiés juraient la commune, ce n'était pas pour promettre d'y entrer, mais de la maintenir, de ne point la combattre, d'en respecter l'organisation. C'était comme conseil, comme garant, comme protecteur, comme allié, non pas comme membre etrectif participant aux avantages et aux obligations de la vie municipale, que le noble ou le clerc prêtait serment avec les bourgeois. Au même titre et dans les mêmes conditions, le roi ou l'évêque, le seigneur direct ou le haut suzerain s'engageaient envers la commune. La noblesse et le clergé local adhéraient, de gré ou de force, à la constitution du régime populaire; ils étaient partie dans le contrat, mais avec une situation spéciale qui leur permettait de ne pas être encadrés dans la bourgeoisie proprement dite. Un passage de la charte de Compiègne, que les érudits ont oublié de citer, justifie pleinement cette explication, en indiquant la différence capitale qui existait entre le serment des privilégiés et celui des bourgeois. Le roi qui donne la commune aux habitants de Compiègne, Louis YII, dit en propres termes : « Sur notre ordre, ont juré la commune, dans le palais de Compiègne, le bouteiller Gui de Sentis «, etc. (suivent les noms de ceux qui représentent les différentes puissances féodales intéressées dans la constitution de la commune ) « et ensuite les hommes de Compiègne l'ont jurée entre eux et jjour eux ». Dans cette expression est le nœud de la question. Les bourgeois jurent la commune inter se et sibi, les nobles et les clercs la jurent aussi, mais ce n'est pas pour eux, et c'est le plus souvent malgré eux.
Il faut donc admettre, en thèse générale, que les nobles et les clercs, tout en jurant la commune, n'y entraient pas efïectivement. Ce qu'on doit repousser, c'est l'allure de règle absolue, inviolable, qui a été donnée à cette opinion. Au moyen âge surtout, il n'y a pas de règle sans exception. La charte accordée en 1126 par l'abbé de Saint-Riquier, Anscher,
1. Bréquigny, Recherches sur les communes (clans Leber, Collection des meilleures dissertations, p. 110, 118). — Lefranc Histoire de NoyoUj p. 48-49.