‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 38 sur 121 · I^S COMMUNES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

I^S COMMUNES FRANÇAISES

aux bourgeois formant la commune de Sainl-Riquier contient un arlielc signiticatif et péremptoiro : « II a été convenu, en la présence du seigneur roi, (pie Guillaume, comte de Ponihieu, sera éleruellement hors de la commune, et que nul prince ayant château n'entrera dans la commune sans le consentement du roi et le nôtre, ni ne sera établi maire sur les bourgeois sans le consentement du roi et le nôtre; et s'il l'est, il ne restera dans la mairie tpi'autant que cela nous conviendra ".Cette charte n'est, à proprement parler, qu'un traité de paix, survenant à la suite d'une véritable guerre civile, soutenue parles gens de la commune de Saint-Riquier contre leur abbé. Si l'abbé stipule que le comte de Ponthieu ne pourra pas faire partie de la comnmne et qu'aucun châtelain ne pourra en être maire sans son consentement, c'est que, selon toute apparence, la mairie avait été conférée au comte et que l'abbé ne voulait pas voir se renouveler un fait aussi contraire à ses intérêts. On pourrait équivoquer, à la rigueur, sur les expressions « sera hors de la tommune, n'entrera jamais dans la commune », et dire avec Bréquigny : « Peut-être cela signitle-t-il seulement que ces seigneurs ne pouvaient entrer sur le territoire de la commune ». Cette interprétation, forcée et un peu puérile, ne résiste pas à l'examen. Le sens est nettement indiqué par la phrase suivante : « Aucun prince possédant château ne pourra être maire sans le consentement de l'abbé ». Si un châtelain peut être maire, à plus forte raison peut-il être bourgeois. Donc la qualité de noble, et même de haut seigneur, n'était pas absolument incompatible avec celle de membre effectif d'une commune et même d'un corps municipal. A Saint-Riquier on ne semble pas s'être contenté du serment ordinaire prêté à la conmiune par la noblesse du lieu : il y eut afliliation directe de certains nobles à la bourgeoisie.

L'exception constatée par l'acte de 1126 n'a pas été isolée et unique. En 1205 un noble du Ponthieu, Alaume, seigneur deFontaine-sur-Somme et de Long, remplit les fonctions de maire à Abbeville*. Vers la même époque un haut baron, Enguerran de Couci, se faisait admettre comme

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