‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 46 sur 121 · Lefranc, Histoire de Noyon, p · texte numérisé non relu

Lefranc, Histoire de Noyon, p

sentes, dans cette circonstance, par le maire et les magistrats municipaux, qui se rendaient au château du suzerain et prononçaient le serment dans la même attitude que les chevaliers faisant hommage lige. De même que les vassaux remettaient au seigneur un objet matériel, des gants, un anneau, une lance, symbole de l'investiture demandée et obtenue, il est question parfois d'une formalité analogue accomplie par ceux qui personnifiaient les communes. Un statut du xiv" siècle prescrivait au maire de Cognac de donner au seigneur de la ville, à chaque prestalion de serment, un anneau d'or pesant deux florins de Florence*.

En vertu du droit féodal, le contrat qui unit le vassal au suzerain est synallagmatique. Si le premier promet fidélité au second, celui-ci, à son tour, doit aide et protection à son fidèle. Ici encore, la similitude se poursuit. Quand la commune a prêté serment, le seigneur s'engage solennellement à respecter ses droits et ses privilèges.

L'histoire de Saint-Omer fournit, à cet égard, plusieurs exemples intéressants. Dans la charte que le comte de Flandre, Guillaume Cliton, accorda, en 1127, aux bourgeois de cette ville et qui fut le véritable fondement de leurs libertés, on lisait une clause ainsi conçue : « Je leur procurerai la paix envers tonte personne, je les maintiendrai et défendrai comme mes hommes^ ». C'est le serment de protection du suzerain. Un siècle plus tard, alors que les villes sont arrivées à jouer un rôle imjjortant sur la scène du monde, la promesse du seigneur ne consiste plus en deux lignes perdues au milieu d'une charte. Il faut qu'il prononce personnellement son serment, dans la séance même où il reçoit celui du maire et des jurés, tout au moins lors de sa première entrée dans la commune. En 1269, Robert d'Artois, un prince du sang, dut prêter aux habitants de Saint-Omer le serment dont voici le passage le plus important : « Nous jurons d'être bon et fidèle seigneur, pour la ville de Saint- Omer et ses bourgeois; nous jurons de les sauver, maintenir et défendre conformément aux chartes accordées par nos prédécesseurs et que nous avons nous-même confir-

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