‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 57 sur 121 · Auy. Tliiony, Mo» inéd., iV, l'i · texte numérisé non relu

Auy. Tliiony, Mo» inéd., iV, l'i

venir, comme modèle, la charte de Saint-Quentin ^ De même on ne possède l'ancienne charte communale de Bayonne que sous la forme d'une traduction en gascon, transcrite dans un Goutumier de Bayonne qui fut rédigé près de cent ans après l'octroi du régime communal.

Une fois mis en possession de leur charte, les bourgeois la représentaient à l'héritier dû seigneur concédant, pourlui en demander la confirmation et l'obliger à son tour envers la commune. Cette formalité était nécessaire, car elle pouvait seule assurer la perpétuité et l'observance continue du contrat. En 1204, la commune de Falaise, qui avait été instituée l'année précédente par le duc de Normandie Jean Sans- Terre, demanda à Philippe Auguste, le conquérant du duché normand, la confirmation de son privilège. Le rouleau qui contenait les établissements de la commune fut lu solennellement devant le roi de France et transcrit ensuite dans les registres de sa chancellerie*.

A la confirmation par les successeurs du concédant se joignait celle du suzerain, du roi, en un mot du supérieur hiérarchique. Endroit féodal strict, cette confirmation aurait dû être considérée aussi comme indispensable : car la concession d'une commune constituait, comme l'affranchissement d'un serf, une diminution, un abrègement de la seigneurie, et l'on sait qu'il était interdit d'abréger son fief sans l'autorisation du suzerain. En pratique, les intéressés ne s'acquittèrent pas toujours de cette obligation, qui était onéreuse. Mais quand le suzerain était un puissant personnage, et surtout le roi, les communes avaient avantage à ce que la concession de leur seigneur direct fût sanctionnée par une autorité supérieure. Elles demandèrent donc pardessus tout la garantie du souverain.

En 1208, le seigneur de Poix en Picardie, Gautier Tirel V, venait de confirmer la charte communale accordée aux habitants de ce bourg par son père Gautier Tirel IV. Non content d'avoir obtenu la confirmation du nouveau seigneur, de sa femme et de son fils, les bourgeois voulurent encore se procurer celle du roi de France. Une délégation

1 . Giry, Études sur les origines de la commune de Saint-Quentin (1887), p. 3.

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