‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 80 sur 121 · Giry, È tahlissements de Rouen · texte numérisé non relu

Giry, È tahlissements de Rouen

du suzerain. La commune est une place de guerre, continuel lenn^nt menacée, au dehors comme an dedans, par les ennemis nombreux et irréconciliables du ré^Mme communal. La force des choses voulait que l'organisation militaire y fût permanente, parce que les dangers aussi étaient permanents.

Il faut d'abord que les bourgeois travaillent sans cesse à l'entretien des fortifications, et veillent à ce que la ville soit toujours en élat de défense. Dans la période des origines, ce travail est personnel ; plus lard seulement, cette espèce de corvée communale put être remplacée par une contribution pécuniaire. Un curieux document du xiv« siècle, relatif à Amiens, montre quel soin minutieux les gens des communes apportaient à l'entretien et à la protection de leurs remparts. On y trouve insérées les dispositions suivantes : 1° « Tout homme qui sera commandé, soit de jour, soit de nuit, pour la garde des portes ou des créneaux, devra se rendre bien armé à son poste et y rester sans s'absenter, tout le temps qui lui sera prescrit, sous peine d'être déclaré ennemi du roi et de la commune.

« 2" Défense sous peine de prison, à toutes personnes, d'aller sur les remparts et autres ouvrages défensifs, au dedans ou au dehors de la ville, à quelque heure du jour que ce soit, exception faite seulement pour les ouvriers employés par la municipalité.

« 3" Sous peine d'amende et de prison, défense de traverser, de jour ou de nuit, les fossés de la place, d'escalader les palissades, de briser les portes, les fenêtres ou les serruies des tours et des guérites.

« 4° Tout batelier qui passera de nuit, sur la Somme, quelque personne que ce soit, pour amener dans la ville ou pour en faire sortir, sans l'autorisation du maire, sera puni comme ennemi de la ville.

« 5" Il est ordonné à toutes personnes qui possèdent des barques sur la Somme de les rentrer, chaque nuit, avant le coucher du soleil, dans l'intérieur des fortifications, sous peine d'être punies comme ennemies de la ville et de perdre leurs barques'. »

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