Aug. ThieiTN, Mon. incd., I
Au service des fortifications et des portes s'ajoutait celui du guet et du contre-guet. A Bayonne, en 1315, tout liomme marié était tenu de faire en personne, une fois par semaine, le service du guet, sous peine de la prison et d'une amende de vingt livres tournois. En cas d'infirmité, de maladie ou d'autre excuse valalile, on était obligé de faire agréer son remplaçant par le maire. Les gens du guet devaient être armés comme en guerre : tant que durait la nuit, ils ne devaient pas sortir de l'enceinte de la ville. Le guet et lo contre-guet devaient circuler, nuit et jour, dans les rues et sur les remparts, sans faire aucun bruit, pour ne pas donner l'éveil aux ennemis ou aux malfaiteurs. Si le contre-guet trouvait le guet endormi, il pouvait, pour la première fois, lui enlever ses armes et les distribuer entre ses membres; si la chose arrivait une seconde fois, il devait jeter les gens du guet du haut en bas des murailles; une troisième fois, il devait les traduire devant le tribunal de l'échevinage*.
La besogne militaire des communiers n'est pas uniquement défensive. Si le seigneur a ses guerres, auxquelles les bourgeois doivent participer, la commune aussi a les siennes. Les miliciens doivent, à la première réquisition du maire, se jeter sur les ennemis extérieurs de la ville; de plus ils sont tenus de prêter main-forte à la municipalité, toutes les fois qu'une exécution judiciaire est commandée contre des citoyens récalcitrants.
Écoutons la charte communale de Noyon : « Si la commune est violée, tous ceux qui l'auront jurée devront marcher pour sa défense; nul ne pourra rester dans sa maison, à moins qu'il ne soit infirme, malade, ou tellement pauvre qu'il ait besoin de garder lui-même sa femme et ses enfants malades. » D'après la charte de Beauvais, « les gens de la commune jurent d'obéir et de prêter main-forte aux décisions du maire et des pairs ». D'après celle de Saint- Quentin, a les gens de la commune devront aider le maire à abattre la maison de quiconque refusera de subir la jusiice communale ». Quand on songe à la vie agitée des villes libres, aux appels incessants que le seigneur et la municipalité adressaient aux habitants, on se demande comment