‹ Les communes françaises à l'époque des Capétiens directsChapitre 87 sur 121 · Âug. Thierry, Mon. inéd., IV, 24, n" IX · texte numérisé non relu

Âug. Thierry, Mon. inéd., IV, 24, n" IX

gneur avait toujours son côté daiif^oroux. Les personnes ennemies dont on exigeait la réconciliation comparaissaient devant les échevins, mettaient leur main dans celle du maire, et juraient solennellement de garder la paix*. C'était le serment d'assuremeyit, qui, comme tous les serments, courait grand risque d'être violé!

La nécessité de garantir l'ordre public amena les municipalités à se montrer sévères pour les intVaclions aux assurements. En 1304, dans la commune d'Abbeville, deux bourgeois, Colin, fils de Robert le Potier, et Jean, dit Petitaux-Roscs, s'étaient engagés, en présence du maire et des échevins, à oublier leurs inimitiés et à faire trêve de toute violence. Ils s'étaient donné le baiser de paix, ce qui n'cmpccha pas Jean d'attaquer Colin et de le blesser. Le coupable, cité en justice, ne comparut pas. Le plaignant porta appel devant les échevinages de Saint-Quentin, de Corbie et d'Amiens. Le conseil des trois villes décida que Jean Petitaux-Roses serait exécuté, si l'on parvenait à le saisir, que ses biens seraient confisqués et remis entre les mains du seigneur. Les magistrats d'Abbeville acceptèrent cette décision, firent sonner les trois cloches du beffroi, annoncer publiquement l'attentat et le refus de comparaître, et signifier aux habitants d'Abbeville l'ordre d'arrêter le coupable partout où on le trouverait, sauf dans une église ou un monastère, et de le livrer afin qu'il en fût fait pleine justice*.

Des mesures aussi rigoureuses sérieusement exécutées auraient peut-être suffi à calmer l'ardeur belliqueuse des bourgeois, tout au moins à contenir dans de justes limites les haines et les querelles privées, bien difficiles à supprimer tout à fait. Malheureusement il existait, au sein des cités libres, d'autres ferments de discordes. Les rivalités de familles se compliquèrent des haines politiques et sociales, dont l'explosion se fit jour au déclin du xiii* siècle, et qui linirentpar compromettre, pour toujours et sans remède, le régime communal.

Ce fait ne se rencontre pas seulement dans l'histoire des communes françaises. L'antiquité et surtout la Grèce avaient

1. Voir un exemple du fait, à Abbeville, on 1290 (Tliicrry, Mon. im'd., IV, 55V

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