‹ Les communications de Mercator, sur la conteste entre le comte de Selkirk, et la Compagnie de la Baye d'Hudson, d'une part; et la Compagnie du Nord-Ouest, d'autre part [microforme]Chapitre 6 sur 11 · OR · texte numérisé non relu

OR

POUR LE MONTREAL HERALD

Moxsur Gray,

JE ne m’attendois pas à occuper de place, cettg semaine, dans les colonnes de votre Æerald, lors. que je m’y suis vu forcé par les insignes. et gros. sières faussetés du mercenaire Manlius, concernant le conflit qui eut lieu, le mois de Juin dernier, à la Rivière Rouge ; faussetés qui ayant été insérées dans votre plus récent numéro, éxigent une prompte explication de ma part.

Manlius ayant été retenu comme conseil de Lord Selkirk, se croit par cela même dispensé

d’être vrai, s’il peut servir, en ne l’étant point,

la cause de son Client, et égarer l’opinion publique. Mais il faut que le public se tienne en garde contre les productions d’une plume vénale, qui ne s’éxerce que dans l’ombre.

C'est le principal attribut de la vérité, de pré. valoir contre les suppositions, malgré l’art et le soin qu’on a employés à les fabriquer. Aussi Mankus va-t-il nous démontrer lui même, que ce sont les gens de Lord Selkirk qui ont été les aggresseurs dans le conflit en question. J! admet que Colin Robertson, lors de son retour avec de nouveaux Colons en Septembre 1815, pénétra dans le poste du Nord-Ouest, aux Fourches, mu. pi d’un Warrant, et qu’il y fit des recherches sous prétexte de-vérifier s’il y éxistoit des armes :— mais, ilomet de dire quelle personne avoit délivré

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lo Harrant en vertu duquel furent faites ces per: quisitions ; et il passe, en outre, sous silence cette: autre circonstance ; que Duncan Cameron étoit. alors. en état d’arrestation, et qu’il fut retenu, pri. sonnier pendant quelque tems.

; Manlius admet aussi qu’en Mars 1816, le même poste du Nord-Ouest fut de rechef assaill et ras vagé, et que Cameron fut encore. fait prisonnier. et transféré en Angleterre par la voie de la Baye d'Hudson ; mais, #ne lui convient point d’ujouter qu'une grande quantité de Marchandises, Sc. Jub saisie ; que cinquante ballots de Fourrures et. Pels leteries, .apparlcnans à la Compagnie du Nord Ouest et. pris à la méme époque. soit dans ce poste. suit dans un autre, (Car il y eut deux postes de pris et. de pillés dans le mois de Mars,} que touf cela, dis-je, fut aussi. envoyé en Angleterre par l@ même voie ;' dans la seule vue sans doute de poure. voir à la conservation des effets appartenans.à la Compagnie du Nord-Ouest. Ici, une seconde fois, les gens de sa Seigneurie sont reconnus poue les agresseurs.

Mandius admet, de plus, que Monsieur Pam, brun fut dépêché par Mr. Semple, en Avril 1816, postérieurement à ces agressions, ) avec des ins« tructions pour le poste commercial de la Baye. d'Hudson à: Quiappelle :: mais 47 omet d'ajouter que ces instructions, contenoïent l’ordre d'enlever par surprise le poste d'Alexandre McDonnell, ou

de s'assurer de la personne de ce particulier, : s'il éloit possible. Celui-ci ayant été informé de ce qui s’étoit passé plus bas, et se tenant heureuses ment sur ses gardes ; les gens.de la Baye d’Hud. son firent les hypocrites, et restèrent tranquilles.

. Nous demanderons maintenant s’il y a lieu de .

Sétonner de ce que. Mr. Alexandre MeDoonelk

se soit sérieusement occupé dit soin de renforce? eon poste et ses moyens de défense, en faisant venir du secours des autres postes du Nord-Ouest, lorsqu'il voyoit tant d’avant-coureurs: de l'orage ui alloit fondre sur sa tête ; après la tentative aite par Semple de s’emparer de sa personne ; alors que le projet de celui-ci, dont on ne faisoit. plus un mystère, étoit de le bloquer, en empês chant toute communication de sa part avec les canots du Nord-Ouest passant et repassant le lac Winipeg ; projet qui, s’il eut réussi, contraignoit les gens de McDonnell à se rendre à discrétion, faute des provisions sur lesquelles ils avoient compté. McDonnell savoit aussi que, pour as.

surer l’éxécution de son projet, Semple établis. soit une batterie qui devoit commander le passage : de la Rivière Rouge ; :ik connoissoit, en outre, les préparatifs hostiles du Lieutenant Holt, rené« gat Suédois, (car il semble que sa Seigneurie ait un penchant décidé pour les renégats de toutes nations ; témoins ces forcenés qui sont au Fort William, après avoir servi sous Bonaparte.) Ce- Lieutenant Holt armoit un petit bâtiment pour pirater sur le lac Winipeg, et il se proposoit, che min fesant, de servir -d ces maudits Canadiens (ik les qualifioit ainsi) un plat de sa façon, auquel 1 ne s'attendoient guère.—ÆEnfin. McDonnell avoit connoissance d’une déclaration de Mr. Semple, où il étoit dit que si la Compagnie du Nord-Ouest n’abandonnoit pas la partie, on:frapperoit un coup: si violent, qu’il retentiroit d’Athabasea à Mons tréal. L'on sait trop bien que cette menace à été, accomplie à la lettre. : - . Manlius admet aussi (et Alexandre McDonnelk connoissoit cette circonstance).que, par une trans= gression sans exemple, les lettres et-dupeches dœ

Nord-Ouest, expédices de l'intérieur, comme dé

coutume, étoïent saisies et décachetées, et qu’on ne rougissoit point de motiver la saisie de ces dépêches sur leur propre contenu. C’étoit bien cer. tainement confondre la cause et l’effet en matière de témoignage, Volez d’abord une personne ; puis justifiez cette action, en prétendant que ce vol a donné lieu à des découvertes, qui font présumer que la personne volée avoit l'intention de commettre quelque action semblable ! ! !—Mais Manlius nous laisse à dessein dans l'incertitude sur un fait essentiel, savoir ; que le Poste du Nord- Ouest avoit été pris et pillé avant l’arrivée des porteurs de léttres, qui étoient dans une parfaite ignorance de cet événement, lorsqu'ils y entrè« rent. Manlius s'efforce de faire croire que la prise et le pillage de ce poste furent déterminés par l'avis qu’on avoit reçu, que Duncan Cameron et d’autres individus se mettoient en mesure de se procurer des forces pour attaquer les Colons. Mais ceci est une supposition bien gratuite ; le fait est que McDonnell ne s’occupoit que des moyens de pourvoir à sa défense personnelle, et qu’il voyoit et sentoit la nécessité de s’en occu. per promptement : la preuve en est qu’il n’eut rien à démêéler soit avec le poste de la Baye d’. Hudson soit avec ses gens, qu’Après que les desseins qu’on leur supposoit eurent été confirmés par des actes manifestes.

Les ballots dont il prit possession étoient de beaucoup inférieurs, en nombre et en valeur, à ceux que Colin Robertson avoit saisis et enlevés auparavant ; #/s ne furent jamais cachés ; on eut le soin de Zs marquer distinctement, et de /es mettre à part dans un magasin du Fort William, isolé de celui qui contenoit les ballats du Nord-Ouest j

O8 Où &’0.

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ls ne furent jämais confondus avec ceux-ci, & l’on ne fit nul mystère de leur existence.

Manlius prétend que l’on offrit une récompense à un chef sauvage, s’il vouloit intercepter les dépêches de Lord Selkirk ; il se récrie là dessus, comme si Mr. Semple n’en avoit pas donné l’ex. emple. Peut-on pousser plus loin l’effronterie ? Mais ce qu’il y a de pis, c’est cette assertion fausse et basse ; qu’on exigea du chef qu’il massacre. roit les gens porteurs des dépêches, et de plus qu’on lui offrit une grande quantité de Maschan. dises s’il déterminoit sa nation à faire une guerre à mort aux Colons de la Rivière Rouge. . Pour repousser de pareilles horreurs, il suffira de dé. clarer que le chef dont ii s’agit, est devenu telle. ment imbécile que, selon l’expréssion vulgaire des sauvages, ce n’est plus aujourd’hui qu’une vieille femme. Quelle influence peut il donc avoir. sur sa nation ? Et quand bien même il en auroit,. à quoi bon employer des sauvages placés à une, aussi grande distance, quand on en trouveroit sous sa main? Toute fois la malignité artificieuse de cette lâche et calomnieuse accusation, consiste. à dire que le chef sauvage avoit été sollicité par quelques personnes de la Compagnie du Nord-Ouest, Or, je le somme de me nommer ces personnes, et de ne pas insinuer bassement, selon la coutume de sa ‘Seigneurie, que quelques eut dire tous.— Citer des noms n’eut pas rempli son objet ; car il se fut exposé à voir relever ses faussetés d’une manière beaucoup plus prompte et plus décisive.

On remarque le même défaut d’exactitude dans l’emphatique récit que fait Manlius, du funeste, conflit qui eut lieu à la Rivière Rouge, en Juin. dernier. |

. Alexandre McDonnell savoit que X projet de.

Semple, étoit de.faire mourir de faim les gens dt Nord-Ouest, en leur interdisant les provisions amassées à Quiappelle ; les seules sur lesquelles pussent compter environ 500 Canotiers, qui dee voient se trouver au Lac Winipeg dans le mois de Juin ; il résolut de traverser ce projet homicide en tentant de communiquer avec le lac Winipeg autrement que par le fort Douglas et la Colonie ; et il chargea de cette entreprise une cinquantaine d'hommes, sauvages ou Brués, auxquels il fut exe pressément enjoint de respecter le territoire suss dit. Ils le respectèrent en effet, tout en accoma plissant l’objet principal qui leur étoit confié ; et voici comment : ils firent-un détour de quatrè miles derrière le territoire dont on leur avoit in terdit l’approche, longeant la pointe d’un marais, qui ne leur permettoit pas de se tenir à une plus grande distance ; puis ils vinrent au sentier ordinaire, à une distance à peu près semblable, et au dessous de la ligne qu’il leur étoit enjoint de res. pecter. Tandis qu’ils s’avançoient paisiblement, ds rencontrèrent un Colon ou deux, qu’ils arré. tèrent et emmenèrent avec eux, de peur que les gens du Fort ne fussent informés de leurs mou. vemens. À l’endroit où ils se disposoient à cam: per, au dessous de la dite ligne, ils appercurent d’autres colons qui péchoient : le même motif dé. termina leur arrestation ; mais aussitôt que le conflit eut été décidé par les armes, tous ces individus furent relâchés, sans avoir reçu la moine dre injure personnelle. :

Mr. Semple appercevant, d’un point qui dominoit l’horizon, le détour que l’on venoit de faire, et jugeant. dès-lors que s’il ne s’opposoit à la mare cheultérieure du détachement, il ne pourroit ré

aliser son projet de réduire par la farine les. gens

18 dû sions elles i dee is de icide ipeg mie ÿ taine it EXe > sUSS COM ss; et uatrè it ins arais, > plus ordi et au e rese

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‘4 « ‘de la Compagnie du Nord-Ouest ; Mr. Semple; dis-je, dans un de ces instans décisifs marqués RE le destin pour la perte des mortels, sortit du

ort Douglas à la tête de 28 hommes bien équippés et rangés en bataille ; donnant le pue grand appareil à la petite Campagne qu’il alloit ouvrir et terminer si malheureusement pour lui, en moins de 24 heures. Le voilà à la poursuite des Sauvages et des Brulés qui s’étoient répandus çà et là, ignorant que leur marche fût connue des gens du fort, et n’appréhendant ainsi aucune malencon. tre ; car telle étoit leur sécurité que, de 50, hommes dont se composoit le détachement, vingt-qua« tre s’étoient portés à 2 lieues plus bas et se mettoient en devoir d'ÿ camper, tandis que les 28: autres, se voyant poursuivis par une force armée, faisoient un mouvement circulaire pour se replier sur leurs camarades. Envain Manlius, à l’aide. d’exposés infidèles et captieux, cherche à établir. que Mr. Semple se fit suivre par vingt hommes

+ pour aller reconnoître ces gens : le fait est que ces

hommes furent commandés pour aller à la pour. suite des Sauvages et des Brulés qui étoient bien. au dessous de son fort et de sa Colonie lorsqu'il les découvrit ; et que /a rencontre qui s’ensuivit consista de la part des Sauvages ou Brulés, à faire volte-face, se voyant ainsi poursuivis par un dée tachersent qui les pressoit.

Manlivs épuise toutes les ressources du sophis.. me pour faire croire que ces gens étoient au des.. sus, et non au dessous. du Fort et de la Colonie. Cependant l’action eut lieu.quatre miles plus bas: er, que l’on pèse bien cette circonstance de situae tion locale ; qu’on veuille bien se rappeller qu’aueün individu, Colon ou autre, ne reçut personel. lement auçune’injare, (sauf ceux qui prirent une,

LA

part active à l'action, ou qui $’armèrent pour sé réunir aux assaillans) ; alors il ne restera plus de doute que Mr. Semple n’ait été l’agresseur ; nub parjure de la part des gens de sa Seigneurie ne pourra ballancer cette conviction : car si les Sauvages et.les Brulés avoient projetté une attaque, pourquoi prirent-ils tant de peine à léviter ?— Quant à cette autre assertion que, pour les exc'- ‘ ter à attaquer la Colonie, ôn leur avoit promis de: les laisser jouir du sexe en toute liberté ; il suffira de faire observer qu’aucune abomination semblable n’a été commise, alors même que toutes les femmes étoient à léur discrétion.

Indépendamment de toutes. les circonstances:

que nous venons de relater, il y a encore ce fait matériel, déposé sous la foi du serinent par des: personnes qui étoient présentes à l’action, savoir : que l’action fut provoquée par la violence dont usa Mr. Semple envers de sieur Bouché ; et voici les détails qu’elles en donnent.—Le Sieur Bouché avoit été expédié pour constater les besoins que uvoit éprouver le parti du Nord-Ouest. Mé.

Semple l’apperçoit, court à lui, se saisit de s& personne et veut l'arrêter. Bouché parvient à se: dégager. Semple, furieux, donne l’ordre de faire feu sur lui. On refuse d’obéir, attendu les con Séquences qui peuvent en résulter. Semple in. siste, réittre son ordre et traite sès gens de lâ- Chers, parcequ’ils hésitent à l’éxécuter. Ils cé dent enfin; une balle va raser l’oreille de Bouché, tandis qu’une autre perce la couverte d’un Sa.’ -vage. qui s’avançoit dans une attitude gmieale eb proférant des paroles de paix. Ce Sauvage, aussi traitreusement acceuilli, met bas-sa couverte, sai Sit son fusil, et c’e t seulement alors que le coïm«

“bas est engagé de la part des Brués, dont ut eét

@ué et un autre blessé. On peut se rapneller des virulentes sorties de Manlius contre Cuthbert Grant, qui se trouve à une si grande distance de son généreux adversaire. Eh bien, ce même Mr. Grant, sur lequel Mr. Semple avoit tiré, fit tous ses efforts pour sauver celui-ci quand 1 eut été blessé ; et il s’occupoit même encore de lui don ner des secours, lorsque le Sauvage dont on vient de parler, accourut, et en depit de Grant, dé. chargea malheureusement son arme à feu dans la tête de Semple, en s’écriant: “tu as été, toi “ chien, la cause de tout ceci, et tù ne vivras * plus.’ —Le nombre des‘combattans étoit de 54, dont 28 du parti de Mr. Semple, et 26 Sauvages ou Brulés Ces derniers ne furent joints par les 24 autres qu'après que l’action eut été terminée,

Une telle catastrophe doit sans doute ‘exciter de vifs regrets, et personne n’en péut éprouver de plus sincéres que les miens. ‘ Je regrétte surtout tien que la victoire se fut décidée en faveur

es personnes assaillies, elles n’en ayent pas fait un usage plus modéré : mais elles agissoient d’après les impulsions du moment, alors que leur ressentiment étoit éxalté par une attaque à laquelle elles n’avoient point donné lieu. Toutefois, la principale cause d’un événement si déplorable, c'est in. contestablement sa Seigneurie : elle aura à répon. dre de cet acte de violence, et de plusieurs autrés, devant un tribunal dont personne ne sauroit sure prendre la religion, et contre lequel viendront échouer l’artifice et les faux exposés de Manlius.

Il y a cette différence essentielle entre la conduite de sa Seigneurie et celle de ses agens, que la sienne est le résultat d’une délibération prise de sang-froid, dans le silence du cabinet. Qui ue seroit tenté, en lisant les écrits de Manlius,

de supposer qu’il regarde ce Pair comme un être doué du privilège de commettre à son gré toutes sortes d'atrocités, et ceux qui en sont l’objet, comme n'ayant point le droit de la résistance ou de la plainte ; comme devant même se résigner, sans murmure, ainsi que les moutons que l'on mène à la boucherie. Admirez le nouveau système de philosophie morale, imaginé par Manlius dit Philo / Il prétend qu’on peut travestir en une simple détention temporaire, le vol en gros com. mis au Fort William-=si cela devoit passer en loi, nul doute que ces Messieurs qui pratiquent les grands chemins, et qu'une démangeaison d’emprunter forcément la bourse d’autrui conduiroit éventuellement devant une cour criminelle, ne se crussent obligés en conscience de procurer, par ne sécemt à Philo-Manlius, un beau service de table,

Le public pourra voir quelque jour la corres. pondance d'Alexandre MeDonnell avec Mr. Sem.

ple; elle lui fera connoître un homme bien diffé. rent de celui que représente Manlius. Mr. Ale. xandre McDonnell est le frère du brave Colonel aide-de-camp du Général Brock, qui mourut glorieusement à la bataille de Queenston, en même tems que ce célèbre officier.

J'interpelle Manlius de dire à qui étoit adressée la lettre d’Alexandre McDonnell, dont il prétend donner un extrait, et comment lui (Manlius) est parvenu à se la procurer, S'il garde le silence là . dessus, il demeurera constant qu'elle a été tron. quée et altérée pour servir quelque projet. Mais même, telle qu’elle est, own voit facilement que son principal -but étoit de combattre l’intention bien évidente de sa Seigneurie de détruire le com: : merce de la Compagnie du Nord-Ouest, Es

»Manlius s'attache dahs ses écrits à produire des effets de Théâtre ; c'est par suite de cette manié qu’il introduit sur la scène un Simon McGillivray;, avec l’intention aussi malhonnête que pitoyable de faire allusion à l'honorable William MeGilli. vray qui a souffert de la vengeance de sa Seigneu. rie, d’une maniere dont je rendrai compte dans la suite. Cependant le fait est (et Manlius et ceux qui l’informent, le savent bien) qu’il n’y avoit point de Simon McGillivray, ni aucun au. tre. Brulé du nom de McGillivray, en quelque tems de la présente année que ce fut, à 3000 miles de la Rivière Rouge.

Après tout cela, Manlius s’avise de nous parler de sa conscience. S'il est celui que je suppose être, j'ai cru, il est vrai, qu’il en possédoit une à l’abri de tout reproche, et qu'aucune considération n’eut pu le porter à s’écarter de la vérité : mais à moins qu’il ne soit induit à croire ce qu’il écrit par les faux exposés d’un tiers (supposition que je voudrois bien voir réalisée,) je devrai penser que cette conscience, d’abord si pure, a été paralysée par l’or de sa Seigneurie, et par le charme décevant dont on ne sauroit se défendre, à la vue de l’aimable compagne et solliciteuse qu’elle a laissée ici ; femme recommandable sous tant de rapports, mais que l’on peut à peine excuser lorsqu'elle joue un rôle étranger à son sexe, quelque respect que commande d’ailleurs cette tendresse conjugale où elle puise sa partialité.. Aussi n'est-il pas éton.

nant que Manlius ait pais, dans cette circonstance

solemnelle, le ton d’un inspiré, au lieu de se borper à parler et à agir en Avocat ; et qu’ainsi qu’on le remarque chez les enthousiastes de toutes. dénominations, il ait mis la raison de côté ge envisager chaque chose sous un faux point :

e vue,

vRevehons #Cuthbert Grant. Il existe, relas tivement à 6 particulier, une anecdote qui décès Je la pureté et le grand désintéressement de sa Seigneurie comme Magistrat. . Elle envoya de Montréal à Mr. Semple des décrets de prise de corps en blanc, contre le dit Cuthbert et d’autres Brulés, avec l’ordre de les arrêter et de les faire descendre comme prisonniers, à moins qu'ils

* ne fussent devenus les bons amis des colons ;

d’où il paroitroit résulter que ce n’est point dans la nature de l’action commise que consiste le cri. he, mais bien dans le parti que l’on a embrassé.

Avant que de finir cette communication, je citerai un trait d'humanité de la Compagnie du Nord-Ouest, qui fait un contraste frappant avec les accusations calomnieuses formées contre elle par sa Seigneurie. Colin Robertson et John Clark engagerent, dans le printems de 1815, conformément à son ordre, une centaine d’indi. vidus (commis et autres) pour la Compagnie de la Baye d'Hudson. Ces hommes partirent pour les pays d’en haut, pendant l’été de la même année, dans quatorze canots chargés de marchandi. ses, tirées d’un entrepôt qui se trouvoit sur leur route. - Arrivés sur le territoire d’Athabasca, .ils s’apperçurent qu’on s’étoit fort peu occupé de pourvoir à leur subsistance ; et dès le commence. ment de lhyver dernier, les quatre différens pos. tes où ils s’étoient répandus, se virent dans la né. cessité, après la perte d’un commis et de 17 de ces gens, morts d'inanition, de se confier en l’hu. manité des commerçans du Nord-Ouest pour leur nourriture. Ces Messieurs, moins mémoratifs de la conduite précédente de Clark et de ses gens, que sensibles à la triste situation des infortunés qui réclamoient deur assistance, s’empresserent de

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ie de | pour ne annandi.

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ka aceeuillir avec bonté etlibéralité ; 1s eurent lé bonheur de conserver la vie à 80 persotnes qué (ra ER Res par suite des instructions de sæ

cigneurié, s'apprêtent à entrer une seconde fois en campagne pour détruire le commerce de la Compagnie du Nord-Ouest. | * Le trait de générosité que l’on vient de citer est

d'autant plus inappréciable, que dans ce tems là

même, les agens de sa Seigneurie à la Rivière Rouge, concertoient des plans pour réduire par là famine tous les gens du Nord-Ouest, comme je l'ai mentionné dans ma précédente communica:

tion, et ainsi que çela sera plus amplement expli. qué dans la suite. | |

Je ne serois point surpris que cet acte d’hu manité de la Compagnie du Nord-Ouest, ne ser: vit de prétexte à sa Seigneurie pour en injurier les membres; un tel acte leur assurant un triom. phe complet sur leur accusateur, et rendant in‘

. vraisemblahles toutes les çalomnies dont ils ont

eté l’objet.

Concluons par administrer une autre preuve décisive de la fausseté de l’exposé de Manlius, en ce qui concerne l’engagement qui eut lieu. à la Rivière Rouge. Sa Seigneurie, comme je l’a déja fait observer dans ma précédente communi: cation, proposa, longtems aprè engagement en question, la voie de l’arbitrage”pour terminer tou. fes contestations. Or elle n’auroit certainement fien proposé de semblable, si elle n’eut pas été €onvainçue que ses gens avoient été les agresseurs, et que, dans cette fâcheuse occurrence, ils avoient

rovoqué eux mêmes leur malheureux sort,

Toutefois, je n’ai pas encore fini avec sa Sei neurie, et il me reste beaucoup de choses à dire

eur son coppte : en attendant, je nourris la: flat

tense-espérance de pouvoir enfin arracher le mas. que dont s’est couvert un loup affublé de la peau.

‘une brebis.

dé MERCATOR.

Montréal, 17 Octobre, 1816.

POUR LE MONTREAL HERALD

Moxsur Gray,

M'sranT un peu écarté dans l’article que vous avez publié, à mon invitation, le 19 du présent mois, de la ligne que je m'étois d’abord tracée moi-même ; je vais y rentrer en reprenant le fil de mes premieres idées.

Voici quels sont, en substance, les sujets dont la discussion m’a occupé jusqu'ici :

lo. Les droits Commerciaux et territoriaux de la Compagnie de la Baye d'Hudson, réclamés en vertu de la Chartre de 1670, et à la faveur des. quels la dite Compagnie a cru pouvoir faire le transport à Lord Selkirk de 117,000 miles quar rés de pays, comprenant la Rivière Rouge.

20. Le droit prétendu acquis à sa Seigneurie par suite de ce transport.

80. Et enfin les actes que sa Seigneurie, et les agens qu’il lui a plu d’appeller Gouverneurs, ont commis en conséquence d’un tel transport.

La question relative au monopole commercial doit cesser, et cesse en effet, d’en être une, lorsque l’on considère que l’acte du Parlement qui confirmoit la Chartre de la Compagnie pour sept années seulement, n’ayant point été renouvellé après ce laps de temps, le monopole a été éteint par le fait, de la manière la plus légale.

Quant à la seconde question, de savoir si ia

Compagnie de la Baye d'Hudson ou sa Seigneurie G

ont un droit territorial sur la Rivière Rouge, elle: est résolue négativement soit par les diverses autorités que j'ai citées, soit par celles qui ont été rapportées dans deux écrits on né peut plus concluans, dont l’un est souscrit a Commoner and a Briton et l’autre Vinder. Les auteurs ne m'en sont pas plus connus que je ne les connois moimême, mais on se rencontre tout naturellement, sans s'être communiqué ses idces, lorsque, de bonne foi, l’on recherche la vérité.

Or il résulte évidemment de leurs écrits et des miens, que le Roi de la Grande Bretagne n’a jamais eu ni prétendu avoir aucun droit sur la -Ri. vière Rouge, antérieurement au traité de paix de 1763 : que, par conséquent, la Compagnie de là Baye d'Hudson n’a jamais eu ni pû avoir des prétentions légitimes sur cette Rivière, en vertu de sa Chartre obtenue en 1670 ; qu’il étoit de toute impossibilité qu’elle en fit une cession légale à Lord Selkirk, la Chartre exceptant formellement et expressément du territoire concédé à la Com: pagnie tous les pays en la possession actuelle de tout Prince ou Etat Chrétien ; qu’ainsi la Compagnie et sa Seigneurie avoient commis un acte contraire aux lois, en instituant des Gouverneurs dans l’etendue du pays de la Rivière Rouge ; que, quand bien même de pareils Gouverneurs auroient eu Padministration d’un territoire légitimement acquis, il n’est pas moins vrai qu’ils ne réunirent jamais les qualités éxigées par la loi pour étre apte à remplir de telles fonctions ; et enfin, qu’en supposant qu’ils eussent réuni ces qualites, jamais ils n’avoient pu éxercer leur emploi, faute d’avoir prêté les sermens préalablement requis. 1

Ayant etabli d’une manière incontestable l’incompétence du Gouverneur de Théâtre Miles

et des n’a jala -Riaix de de là s prértu de toute gale à ement Com:

lle de ompa- € Ccons dans quand nt eu nt acnirent e apte n SUD ais 1ls avoir

e l’in-

Miles

McDonnell, je dois ajouter que cet autre phantôme de Gouverneur en Chef (Robert Semple) étoit également frappé d’incompétence, en ce

ue son gouvernement s’étendoit aussi sur un territoire non légitimement possédé ; en ce qu'il n’avoit jamais été avoué de sa Majesté ou approuvé par Elle, et parcequ’il n’avoit jamais prèté le

serment d'office ; acte auquel sa religion. n’étoit

pourtant pas un obstacle, ce particulier étant, je crois, Protestant,

J'ajouterai encore que le prétendu droit dérivé de la mention faite dans les actes du Parlement et dans des Proclamations ou des Traités, ne paroit plus être qu’un droit dérisoire, si lou fait attention qu'aucun de ces actes ne confirme ou ne détruit la Chartre de la Compagnie, et qu’il n’y éxiste pas un seul mot qui jette le moindre jour sur les limites de son territoire ; en sorte que tai choses restent au même et semblable état qu’elles étoient primitivement, comme si les actes, proclamations ou traités que. l’on invoque, n’a. voient jamais éxisté.

Ainsi s’évanouissent, comme um songe léger devant l’aube matinale, et les droits territoriaux de Lord Selkirk, et ses étranges prétentions sur la souveraineté de la Rivière Rouge ; et toutes ces accusations graves, celles même de Haute-Trahison, uniquement bâsées sur le titre qu’il avoit proclamé d’une maniere si solemnelle et si imposante. Ne voyons donc plus en lui, que ce qu'il est réellement ; un usurpateur du territoire appartenant aux sauvages, territoire dont il jouit, non seulement sans aucun titre qui en constate l’ac-

uisition, mais encore au mépris de la prohibition Leslie contenue dans la Proclamation Royale de 1763. Voyons de plus en lui un tyran farqu«

sa

che, se prévalant du rang éminent qu'il occupé:

dâns l’ordre social, pour véxer impitoyablement ses inférieurs ; assuré qu’il croit être de l'impunité de ses attentats !— Ainsi les faits et gestes de sa Seigneurie et de ses prétendus gouverneurs, ne sont plus de simples peccadilles, comme vou:

droient nous le Hire croire leurs avocats, maig bien des actes de pillerie et de brigandage qu’aueune considération ne sauroit atténuer aux yeux de la loi.

Je vous défie à présent, Manlius, et je défie vos consorts, de renverser ce que j’ai établi: je vous somme en même tems de preciser l’époque à la quelle fut confirmee par sa Majesté: la promotion de MM. Semple et Miles au grade de gouverneur. Je désirerois aussi que vous vouluss siez bien prendre la peine de me faire savoir où et par qui furent reçus les sermens que les gouverneurs de Colonies et de Plantations-sont assujettis à prêter, et par le droit coutumier et par les

actes du Parlemient :- car e’est une explication que:

le public sera en droit d’éxiger de vous, aussi longtems que, contre toute vraisemblance, vous persisterez à lui faire voir des gouverneurs dans ces deux personnages. Et faites attention, je vous prie, que ce sont là des questions péremptoires, que l’on ne sauroit éluder, et auxquelles on tenteroit vainement de répondre par des périodes bien arrondies, et par tous ces lieux coms muns où puisent les gens de Palais pour appuyer leurs assertions ou leurs dénégations,

Je demande bien pardon à mes lecteurs de re« venir sur le même sujet ; mais si je me le permets, c’est que le principal point de la difficulté entre Lord Selkirk et la Compagnie du Nord-Ouest, git dans la validité ou invalidité de la cession ter

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ritoriale faite à sa Seigneurie, ét de’ l'institution + des gouverneurs en question ; comme aussi dans la légalité ou la non légalité de leur conduite à: la Rivière Rouge, alors qu’ils saisissoient forcé: : ment et qu’ils pilloient les effets de la Compagnie du Nord-Ouest. nr - |

Je vais maintenant donner un apperçu du prœ jet que Lord Selkirk avoit formé d'établir des Colonies et d’entreprendre en grand des opéra. tions de négoce ; projets qui, après avoir causé la ruine de tant de monde, sont devenus le dé« plorable sujet d’une discussion publique. Mais Je ferai remarquer auparavant l’avarice sordide de cet homme n’hésitant point à descendre du haut rang de Pair, dans la seule vue d’enlever le pain à des milliers d’infortunés, qui n’avoient, pour garant de leur éxistence, que le pénible éxercice: d’une modeste industrie. Je ferai remarquer en-. core avec quel cruel sang froid, pour parvenir à : ses fins, il jette au milieu d’eux le brandon de la discorde, excite le ressentiment, fomente l’ani. mosité, et déchaîne toutes ces autres passions haineuses dont la durée se prolongera peut-être au delà de son éxistence.

Il y a plusieurs années que Lord Selkirk vint en Canada, par la voie des Etats-Unis ; il visitoit probablement ce dernier pays, comme le dit 4n< glicanus, dans l'intention de découvrir un asyle où il pût se retirer au besoin, si les circonstances devenoient critiques ; car à cette époque, les De mocrates soutenoient que c’en ‘étoit fait de la Grande Bretagne. Il est cependant plus vraisemblable que le motif qui le détermina à venir par les Etats:Unis, fût de s’y faire initier aux brocantages de terre ( Land Jobbing ) et à la formation de ces petits établissemens d’une durée éphèmere

(Land Pitches) dont on ne laisse pas que de retia rer un grand avantage en se hâtant de les vendre. . Dès son arrivée à Montréal, il fut acceuilli et fêté par toutes les personnes qui font la traite ; et comme il cherchoit à s’instruire des procédés employés à ce genre de commerce, on se fit un vrai plaisir de le satisfaire ; la Compagnie du Nord-Ouest, surtout, se prêta sans réserve à ses désirs. On devoit tout naturellement ces égards à un Pair du Royaume, à un Législateur, en qui Pon présumoit, sous ce double rapport, dés. dis. positions favorables au Commerce. Eh ! le mo. yen d’imaginer qu’un tel personnage ne receuïlloit tous ces renseignemens, qu’avec l'intention perfide d’en faire quelque jour son profit personnel, au grand détriment de ceux-là même qui les lui procuroient ? Qui eut pensé qu’il méditoit alors les moyens de tarir la source deleur bien-être ? . Ce fut ainsi que Lord Selkirk parvint à connoî. tre le fort et le foible du commerce du Nord- Ouest, comparativement avec celui de la Baye d'Hudson, fait en concurrence. De retour en Angleterre, ils s’occupa sérieusement du soin d’exploiter ses découvertes pour son propre comp: te ; car l'intérêt est le premier mubile de ce lon ; c’est l'étoile polaire vers laquelle tendent tous ses projets.—[En conséquence il acheta, de concert avec ses amis, une quantité d’actions de la Compagnie de la Baye d'Hudson, tellement considé. rable qu’il pût acquerir sinon la direction réelle et ostensible, du moins la direction virtuelle de toutes les affaires de cette Compagnie ; d’autant qu’il lui avoit fait espérer, pour ne pas dire croire, qu’il étoit en son pouvoir de terrasser ses compés« üteurs du Nord-Ouest.

Sa Seigneurie avoit découvert que le pays. da

: retia nure.

Ii et e ; et cédés fit un e du à ses gards n qui S. dis.

> MOe ulloit pernnel, es lui alors re ?

nnoîe Nord- Baye ir en soin

omp:

Or ; 18 ses ncert Com-

M Rivière Rouge produit les animaux sauvages dont se nourrissent principalement les Canotiers du Nord-Ouest qui vont dans l’intérieur ou qui en reviennent : Elle pensa qu’en imaginant un prétexte spécieux pour s’emparer de ce pays, il lui seroit facile, en tems opportun, d’en exclure la Compagnie de Nord-Ouest, et d’anéantir ainsi tout son commerce.

Lord Selkirk avoit acquis, dans sa jeunesse, quélque teinture des lois, ce qui l’avoit rendu fécond en expédiens ou en subterfuges de chicane ; il trouva bientôt le moyen de se faire concéder gratuitement par la Compagnie de la Baye dHudson 117,000 miles quarrés de Pays, ce qui n’étoit pas d’ailleurs un grard effort de générosité de la part des concédan: : .: cuels ce pays n’avoit jamais appartenu. Se cu. 1:isant en l'espoir d’attirer vers Elle tout le commerce du Nord-Ouest, la Compagnie de la Baye d'Hudson ne se donna guère la peine d’examiner si elle avoit le droit de faire une pareille concession ; peut-être aussi qu’. elle avoit entendu proférer à sa Seigneurie ces mots tranchans et décisifs qu’elle emploie ordinaire. ment lorsqu’on lui reproche quelques mesures arbitraires : “ J’en prends sur moi touie la responsabilité.” ‘ Les Ministres de sa Majesté avoient alors bien autre chose à faire qu’à discuter le mérite de ce vrai tour de passe-passe. Mais telle est adresse de sa Seigneurie à circonvenir les personnes, qu’elle parvint, pendant la dernière guerre, à obtenir au gouvernement, des canons, des armes et des münitions, sous prétexte de défendre les gehs de la Baye d’Hudson contre les Américains, mais en effet pour procurer des serviteurs à cette Compagnie, comme il entroit principalement dans ses vues de le faire ; car Lord Selkirk

avoit bien que, généralement parlants; on ne vit »

jamais, en tems de guerre, un seul Américain en armes à. 2000 Miles de la Rivière Rouge ov dans : un-rayon quelcc que plus rapproché de:cette Ri. vière ;. à l’exce, on cependant de ceux qui, pos= térieurement à cette époque, enlevcrent les mous tons de sa Seigneurie, à Baldoon : laniferes qu’» Elle recouvra en grande partie par l’entremise de ]a Compagnie du Nord-Ouest ; ét à l’éxception . aussi de cés Américains qui détruisirent, à Ste ; Marie, tout ce qui appartenoit à. cette Compagnie, ; pour la punir de l’ase' ance active qu’Elle n’avoit cessé de-donncr au gouvernement pendant tout . le tems de la guerre. TT ON

Miles McDonnell fut commis par sa Seigneurie pour gouverner les premiers Colons qui arrivèrent à la Rivière Rouge dans l'été de 1812, : Ces. aventuriers étoient si mal pourvus, qu'ils seroient morts.de faim l’hyver suivant, sans les secours en provisions.et de tous genres que les gens de la . Compagnie du Nord-Ouest s’empressèrent géné reusement de leur fournir. Ce fait essentiel, no. tre gouverneur de Théâtre en avoit tellement con. noissance, qu’il écrivit une belle lettre de remerci. ment, ou il disoit que ses gens avoient reçu plus de temoignages de bonté de la part des personnes attachées aû service du Nord-Ouest que de celie de la Compagnie de la Baye d'Hudson. Il mani, festoit ouvertement, dans cette lettre, l’intention de rester parfaitement neutre dans les discussions des deux Compagnies, et de ne jamais s’eritremete , tre pour le commerce de l’une ou de l’autre.

Ces protestations pacifiques inspirèrent aux gens du Nord-Ouest une funeste sécurité... Ils ne se doutaient pas de l'espèce d’honine auquel

. üs devoient avoir. à faire, ni des. vastes dessins :

au’ rouloit dans sa pensée. Bientôt ce digne dise ciple d’un Lord, se conformant sans doute aux instructions de son maître, joua d’une. manière supérieure le rôle du serpent que la Fable met en scène avec un laboureur: car, après avoir re. trouvé sa chaleur vitale dans l’impréveyante humanité des associés, commis et gens du Nord.

Ouest, il commença à se développer au printems, par dégré ; puis ayant senti que l’assistance hose pitaliere lui devenoit chaque jour moins nécessaire, au lieu du Style suppliant et amical dans lequel il s’étoit d’abord énoncé, il prit le ton d’un maître smperieur, s’arrogea le titre de gouverneur, et voulut même que personne ne disposât de quoique ee fût, avant qu’on le lui eut présenté et qu'il eut fait connoitre s’il entendoit ou non le retenir’ pour son propre usage. Eh! pouvoit-il moins éxiger, le Réprésentant de Lord Selkirk, ayant entendu son maître dire à tout venant qu’en sa qualité de Seigneur foncier, il avoit des droits incontestables sur toutes les productions de la terre? Un pareil début commença à dessiller les yeux de tout ce qu’il y avoit sur les licux de négocians, de sauvages et de Brulés; encore ne laissèrent-ils pas que de temporiser, quand le plus léger éveil donné à cette époque eut suffi pour disperser les perfides intrus.

Je dis .qu’après cela, la tolérance devint foi. blesse, et qu’elle enhardit à commettre les insultes et les injustiçes dont on eut à se plaindre dans la suite,

Il me semble qu’en pareille occurrence, j'eusse tenu publiquement ce langage, que ni Dieu ni ma patrie n’eussent, je crois, improuvé :

‘ Natifs et propriétaires de ce pays, vous avez & vy grriver içi que bande d’intrus qui, sans vo

set nous, seroient morts de faime…dloutez-vour “ du motif qui les y a conduits? Je vais vous le ‘“ revèler. Ce n’est point pour trafiquer ni pour “ subvenir à vos besoins par des echanges de « bonne foi; m= c’est pour vous déposséder de ‘ ce même puÿs 4i Vous a vus naitre, et ou re ‘ pose la cendre de vos pères! Ils ne se mettent ‘“ pas même en peine de colorer d’un prétexte “ quelconque un tel exces d’audace I— Ah! gar- ‘ dez vous de recevoir dans votre sein un bro- “ canteur de terres (Land Jobber,) un exploitateur “ de sol :—

« C’en seroit fait de vous comme nation indé- “ pendante. Voyez ce qui.est arrivé à d’autres ‘ nations sauvages, pour avoir accueilli des A- “ méricains, venus dans la même intention. De. € pouillées des terres qu’elles possédoient par droit de succession ; forcées comme des bêtes ‘ fauves de gîte en gîte, dispersées, errantes, n°’a- “ yant pas un pouce de terre sur iequel elles puis« “ sent chasser ; elles s’estiment ençore trop heu- “ reuses de trouver une derniere ressource dans « la pitié de quelques autres Sauvages, dont elles “ obtiennent des portions de terre pour faire la “ chasse ; portions destinées elles mêmes à subir ‘ bientôt le même sort. Mes Amis! Cette ma.

“ niere d’agir n’est-elle pas bien differente de « celle du Roi, votre Grand Pere ? L’avez-vous “ vu jamais approuver une injustice commise con- “tre ses enfans rouges ? Non, sans doute, vous “ savez au contraire qu’il a expressément défen. “ du que l’on empiétât sur votre territoire pour ‘ établir des colonies, et vous savez aussi qu’il ne ‘ vous a Jamais demandé de le lui céder, et qu’- “ aucun autre n’a le droit de l’acheter.—L’hom- ‘“ me qui envoye ces gens pour essayer son systé=

ez-vous vous le ni pour iges de ‘der de ou re»

nettent rétexta | gar-.

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8, N’4= 8 PUIS« pp heue dans it elles faire la à subir te ma.

te de z-vous je con y VOUS défen.

} pour il ne t qu’- ’hom- Systé=

“ me de spoliation, est un imposteur, qui agit em “ opposition directe aux injonctionsÿde votre ‘ Grand Pere, exprimées dans sa proclamation de 6 1763. Hâtez-vous donc de faire sortir de vos ‘“ contrées tout ce qui n’est pas commerçant ; “ mais en agissant ainsi, songez que les intrus que ‘“ je vous signale sont les dupes du grand criminel ‘ qui n’est pas ici, et usez d’humanite envers eux : “ qu’ils n’ayent à se plaindre d’aucun excès de ‘ votre part. Toute fois he leur laissez point i. ‘ gnorer que s'ils rentroient dans votre pays, vous ‘ ne les considéreriez plus que comme les fauteurs ‘ d’un attentat : car c’en est un que de se jouer # de votre Grand Pere et de vous ravir vos tèrres ‘ de chasse et votre patrie.”

Cependant au lieu de tenir ce langage, on centinua de souffrir, jusqu’à ce que la mésure des outrages les plus révoltans ayant été com 'ée, comme on le verra ci-après, Miles et son protens du Sheriff furent pris et envoyés, en 1815, devant le tribunal compétent pour connoître de leurs crimes. Dans le même tems, la plüpart des Colons, mécontens et désespérès de la cyrannie de Miles, des déceptions et des extrémités auxquelles ils avoient été réduits, prirent le parti de secouer le joug qu’on leur avoit imposé à la Rivière Rouge, et il en vint plusieurs dans le Canada, aux quels. la Compagnie du Nord-Ouest procura un passage,

comme de raison. | MERCATOR.

Montréal, 30 Octohr'e, 1816.

POUR LE MONTREAL ERALD

Serocdess

Moxsteur Grat,

J'ai fait mention, dans mon dernier article, dt angage que j'aurois tenu awr natifs de la Rivière Rouge, si j'eusse été témoin des actes Hlégaux des agens et intrus Coloniaux de Lord Selkirk ; lngngc bien justifiable sans doute, à moins que le prétendu Souverain de cette Rivière, qui em €st plutôt le tyran, comme l'indique assez sa conduite, n’ait l’imconcevable droit de passer par des: sus la loi naturelle et Les loix sociales : car en ver. tu de celle 1}, j’eusse revendiqué, pour le natifs du pays, leurs droits comme aborigènes ; et err conséquence de celles ci, j’eusse invoqué /a loë du pays qui donna le jour aux agens et intrus dont il s’agit, La loi naturelle assure à ces natifs le droit de défendre leurs personnes et leurs propriétés con. tre toute agression.——La loi et la coutume de la Grande Bretagne leur garantissent aussi le droit de dire à ce Pair qui se dégrade : produisez . nous donc un titre émané de votre Souverain et üe-notre Pere, à l'appui de vos prétentions sur nos terres ; préten:ions que nous n’avons jamais admises ou reconnues. Apprenez que nous n’a« tons rien à déméler avec vous en ce qu? concerne n0= tre territoire ; allez-vous en d'ici, ou résignez vous aux conséquences qui résulteront de votre plus long séjour parmi nous, Par cela méme que

ticte, dt Rivière Hlégaux selkirk ; oins que , qui en L SA CONpar dess r en verte le natifs ; et err 1é la loi rus dont

droit de tés con outume aussi le rodtiisez ‘erain ct ions sur JS Jamais LOUS N°Œe CTNE NO= résignez le votre.

tme que

Nos Rivières sont navigables, elles sont pour noug ce que sont les grands chemins dans votre pays : ici, comme chez vous, personne n’a le droit d’en obstruer l'entrée, de son autorité privée, et pour son intérêt particulier. Vous n’êtes pas mieux fondés, vous et vos suppôts, à prescrire d une nation libre et indépendante comme la nôtre, de com. mercer de préférence avec tels ou tels individus, et de chasser de telle ou telle maniere. IL est vrai que, nous appércevant que vous nous aviez interdit toute communication avec nos vieux amis par la route directe, en plaçant de grands canons sur notre rivière, un excès de tolérance, ou plutôt le désir de prévenir de fâcheuses extrémités, à porté quelques uns des nôtres à faire quelquefois un long circuit pour Joindre ces vieux amis. Mais gardez vous bien d’imputer cet expédient à aucun motif de lâcheté de notre part, ni de croire qu’il soit le résultat d’un doute quelconque sur l’exis. tence de nos droits : car soyez assurés que si vos gens tentent de nous asservir à vos ordres arbitrai. res, nous resistérons, et alors ce ne sera pas sur nous, mais Sur vous, Comme agresseurs, QUE retombera tout le sang qui pourra avoir été versé. Les sauvages agirent conséquemment à ces principes dans le conflit dont nous avons déjà rendu compte, et que provoquérent l’arrogance et la violence de Mr. Semple, attaquant un certain nombre d'individus qui faisoient un long circuit autour du fort de ce prétendu gouverneur, pour éviter toute rencontre avec lui et lui enlever tout prétexte d’agression.

J’ai avancé que les Colons de sa Seigneurie en avoient été les dupes, ct certes je n’eusse pas été fort embarrassé de Je prouver : mais après le savant exposé du Docteur Sérachan, relatif aux dé-

ceptions dont sa Seigneurié a éiréonvenu ces malheureux, il seroit superflu d’en retracer ici les détails. Je ne saurois néanmoins passer sous sis Jence l’habileté de Lord Selkirk à enfler ou à cé ler des faits, selon ses vues ; double expédient dont l'efficacité est admirable : il ÿ a eu tellement recours dans son prospectus d'établissement à là Riviere Rouge, (établissement dont on pourroit aussi bien présumer l’éxistence dans la Lune, à en juger d’après la contexture dé cé prospectus, )} que l’on ne se rappelle pas d’avoir jamais rien vû d’aussi piquant dans les pofs-pourris des deux fa. meux Charlatans les Docteurs Brodum èt Solomon. Par exemple, sa Seigneurie dit: ‘ On va dispos & ser d’une étendue de pays de quelques millions # d’acres qui, sous le rapport du sol et du climat, “ n’est inférieuré à aucun autre d’une même étens i due dans l’ Amérique Britarinique. Le prix ent s sera extrémement modéré, à cause de sa grandé # distance des présens établissements.” (Telle est la distance dé la Lune.) ‘“ Si l’on exposoit en ‘ vente, dans le Bas-Canada et la Nouvelle E:- “ cosse, un pays de la même éténdue ét de la ‘ même fertilité, les acheteurs’? (S'ils étoient luna: tiques )—s’empresseroient de se le procurer pout “ cent ou deux cents mille güuinées, et ils feroient, # à ce prix, un bénéfice considérable sous pet ‘ d'années, en le vendant par parcelles.” (Au moins, selon son calcul.) Et encore : “ Commé “ les terres en question” (pas eñcore un seul mot sur leur situation actuelle !) ‘ ont uñé grande sus « périorité naturelle sur n’importé quelles autres is terres, non occupées, de la Nouvelle Ecosse et “ des Colonies adjacentes ;” (De quelles Colo: hies entend-il parler ? De celles adjacentes à lâ Rivière Rouge, ou à la Nouvelle Ecosse? Cette

équivoque n'est point accidentelle, car notre grand calculateur Selkirk n’agit jamais qu’à bon escient) ‘ on ne sauroit trouver déraisonnable #“ que ceux qui viendront pour s’y établir, les pa- “ vent, généralement, au plus bas prix qu’ils les Le prenons dans ces Provinces là.” Il ajoute : « Le plus bas pris d’une terre, dans les Colonies “ maritimes, lorsqu'elle est vendue à des gens ‘ déja établis, est de dix chelins par acre, ou d’un “ chelin par acre, par année, si elle est baillée * à ferme à perpétuité.”

Or, cela est de toute fausseté ; car dans le Bas-Canada, qui est assurément une Colonie maütime, on pourroit avoir de la terre pour un che. lin 3 pence l’acre, quand la vente en est faite par le ministère d’un Sheriff ; ou pour deux chelins 6 pence, dans une vente de gré à gré, si la terre. dont s’agit n’est pas en culture. Que si l’on veut. l’affermer à perpétuité, on peut l’avoir pour le. quart ou peut-être même le dixième du prix qu’en exige sa Seigneurie à la Rivière Rouge, où son tarif de rentes énonce les valeurs en bled. Et

“admirez l’indulgente bonté de sa Seigneurie ! Elle veut bien que les arrérages qui peuvent lui étre dus, aillent toujours grossissant l’intérêt du capital; car sa maxime favorite est de tenir endettés ses tenanciers, afin de les rendre industrieux ; puis, pour les maintenir tels, et comme l’indépendance pourroit les rendre inconstans ou insolens, une autre maxime de sa Seigneurie, c’est de se constituer dépositaire du produit de leurs épargnes, dont (pour mieux assurer leur avantage dans un futur contingent) ses agens n’ont jamais eu le tems de rendre aucun compte jusqu’à ce jour.

Mais ce qui doit, dans tout cela, paroître de plus plaisant à notre noble faiseur de projets, c’est

que la valeur de 100 mille ou de 200 mille guinées qu’il prétend, selon son prospectus, être celle des terres en question, n’a pas été pour lui l’occasion de la mise-dehors d’un seul denier. Si donc il croit sérieusement, ou s’il entend faire croire à d’autres, que ces terres vaillent l’une ou l’autre somme, (car une différence de 100 mille guinées est, selon sa manière de voir, une goute d’eau dans un baquet,) il a dû nécessairement en imposer à la Compagnie de la Baye d‘Hudson qui lui en à fait la concession, et lui avoir caché le grand secret qu'il révèle aujourd‘hui à ses dupes, savoir : que le montant des bénéfices qui peuvent en résulter, semble confondre l‘imagination. Ou bieml‘on peut présumer que sa Seigneurie, arrivée ici par la voie des Etats-Unis, n‘aura pas vraisemblablement né gligé d‘apprendre ce qu'on y entend par un franc droit de X’ankee (a Yankee quit claim :) c'est-à. dire, une manœuvre concertée entre deux brocanteurs de terre ou deux fourbes (Land-Jobbers or Jugglers) pour donner l'apparence d'un titre d ce qui n‘en est pas un, dans l‘objet de duper une tierce personne ignorante ou crédule,

Le nouvel Eden de sa Seigneurie devant être vendu & un prir extrémement modéré, à cause de sa grande distance des Etablissemens actuels, pour. quoi n‘a-t-elle pas dit, une bonne fois pour toutes, comme le lui prescrivoient la candeur et l‘honné. teté, que cet Eden est situé sur la Rivière Rouge, et éloigné d'environ 600 miles de la Baye d‘'Hud. son, par laquelle seulement on peut y aborder ou trouver une issue à la mer à travers le territoire Britannique ; que ces 600 miles sont traverses de rivières, dont le lit peu profond est parsemé de dangereux écueils, qui nécessitent des halages et des portages; que cette Baye n'est ouverte à

M Pod té nf, PU D D A Di M One Dé pur 7 ES

la navigation extérieure que pendant six semaines de l’année ; que l’Æden en question est placé à 1500 miles de distance de toute province Britannique ; que l’espace intermédiaire en est occupé par des sauvages ; que le sol de la Rivière Rouge est la propriété de ceux-ci, et non pas celle de Lord Selkirk ; que le Roi, loin d’avoir jamais reconnu, a, au contraire, prohibé tout établissement sur des terres qui ne lui avoient pas été concédées par les naturels du pays ; que Îles frais de transport depuis cette terre promise jusqu’en Angleterre ou en Canada, absorberoient plus que la valeur des produits de l’agriculture ; et finalement que la souveraineté de sa Seigneurie sur la Rivière Rouge se trouvoit réellement dépourvue de tout débouché pour l’agriculture, sauf celui de la rivière Missisippi, à travers les Etats-Unis ; débouché qui n’est même pas bien assuré, le gouvèernement des Etats-Unis reclamant une grande partie, pour ne pas dire la totalité, du nouveau Canaan de sa Seigneurie : or il n’est pas impossible que cette reclamation n'ait point de suite, et dans cette supposition, les Colons seroient perdus de manière ou d’autre pour leur pays ; tout cela pour avoir mis ce noble Cosmopolite à portée de. se mérager éventuellement, ‘en tems critique,” un lieu de refuge ou un asyle.

Si toutes ces explications eussent été données, sa Seigneurie fût demeurée exempte de reproches à l'égard de ses Colons, quoiqu’on eût toujours pu l’accuser d’injustice envers les naturels du pays : mais sa conduite présente, elle qu’elle est, est dipride blâme sous tous les rapports. Par quelle

atalité tous ces philantropes de profession, tels que Mr. Wilberforce, n’ont ils jamais ouvert les yeux di élevé Ja voix, lorsqu'il s’est agi de l'oppression

RS ER TE EST rue

sous laquelle gémissent les sauvages natifs de 1° As mérique et ceux qui en sont provenus ? Pourquoi courir en Afrique après les aventures, quand ils trouvoient dans la personne d’un Lord un oppres. seur plus rapproché d’eux ? Sa Seigneurie est probablement un membre contemplatif de cette

société qui a pour objet l'émancipation des noirs,

en méme tems qu’Elle se plait à tourmenter et à réduire en esclavage les blancs et les rouges. De semblables disparates ne sont que trop ordinaires.

Manlius dit que l’un des desseins de sa Seigneu.

rie, en fondant des colonies, étoit d’introduire les lois Anglaises dans le Nord-Ouest. La preuve de sa sincerité, c’est que sa Seigneurie débuta à la Rivière Rouge, sur le territoire des sauvages, par violer cette premiere Loi de la nature qui nous ordonne de veiller à la conservation de notre être. Effectivement, d'apres le code de ce Roi Tom, il paroitroit qu'aucun homme, attaqué dans sa personne ou dans sa propriété, ne doit défendre ni l’une ni l’autre, et que ses Colons, bien qu’arrachés de leurs foyers par ses trompeuses promesses ou par celles de ses agens, n’ont, pas plus que les nègres esclaves, la faculté de changer de maîtres ; d’ou l’on peut inférer que le roi Tom a emprunté la plus grande partie de son code de la Russie, où ie vilain, attaché à la glèbe,. suit le sort de la tesre, Et qu’on ne me taxe point ici d’éxagération ; les faits parlent d’eux mêmes : en voici un assez ca. ractéristique, je pense Miles et Archibald Mec Lonnell causant un jour avec des colons, se pri. rent à rire et leur dirent par moquerie : ‘Il vous “ est aussi facile d’atteindre à la lune que de vous ‘ échapper d'ici.” Ce qui, traduit en bon Français,, signifie: nul voyageur, pour peu qu'il pes roisse propre à défricher da terre, ne reviendra ja

rquoi d ils press e est cette oirs, "et à

De aires.

UNeU+ duire euve uta à ages, nous être.

il pa- TSOTe l’une és de u par ègres d’ou té la où ie EsTe, ; les Z Cas Mec:

> prie vous vou Fran il pes U ja

mais du Bourn* colonial de sa Seigneurie. “Vo. . ‘“ vez (ajoutèrent-ils) le canon que nous avons “ disposé pour vous empêcher de sortir.” Voulant dire, soyez donc sages et souffrez avec rési. guation.

Qui seroit surpris, après cela, que des hommes nés avec des sentimens vraiment Anglois, se ré. voltassent et prissent la généreuse résolution de s'affranchir, en jettant dans une rivière ou dans un lac les instrumens d’une pareille tyrannie ?

Pourroit on blâmer un negre libre que, par sur. prie. on auroit conduit à l’esclavage, s’il se dé.

arrassoit ainsi des fers avec lesquels on lui auroit lié les pouces, et des fourches avec lesquelles on lui auroit étreint le cou ? C’est là pourtant ce qui constitue l’acte intentionnel (fhe overt-act) sur lequel on se propose de bâser tous ces crimes de laute-Trahison et de Félonie, que le roi Tom accuse tant de monde d’avoir commis dans son Etat souverain : car je ne crois pas qu’on ait même sérieusement avancé qu’aucun des accusés se soit attaqué à autre chose qu’aux armes mêmes destinées à les maintenir dans l’esclavage, à les reduire à des privations révoltantes et même aux dernières extrémités.

On ne peut soutenir l’accusation du crime de meurtre qu’abstraction faite de cette circonstanceci; que Jes gens de sa Seigneurie avoient fait feu sur un certain nombre d'individus (qu’ils fussent blancs, rouges ou brulés, peu importe ‘à la question de droit) qui mettoient tous leurs soins à évi. ter leur rencontre, mais qui poursuivis, harassés et attaqués, se. virent enfin dans la nécessité de repousser la force par la force.

ue

* Bounn est un nom commun aux petites rivières qui donnent souvent leur nom aux villes qu’elles arrosent,

+ Veut on une autre preuve du désir de sa Se gneurie d'introduire les lois Angloises dans le:

Nord-Ouest ?—La voici. À l’époque où l’on en.

voyoit des Irlandois à la Baye d'Hudson, sa Sei..

gneurie donna, ou fit donner des instructions à

ses gouverneurs de parade, leur recommandant

expressément d’exiger que l‘on fit usage du Si

lulah * pendant tout le tems qu’on seroit en rap. port avec les gens de là Compagnie du Nord-

Ouest, On tenta de mettre ces instrurtions en pratique à la Rivière des Anglois, en cherchant un sujet de querelle, pour voir ce que produiroit l'essai de sa Seigneurie : mais le résultat fut fatal à ceux qui le provoquerent. Déconcertés par la vigueur Æerculéenne d’un commis du Nord-Ouest à la tête d’une poignée d’honnêtes Canadiens, qui n’ctoient point d’humeur à laisser commettre le vol projetté ; ils s’ébranlerent, se disperserent et se replierent sur Mr. House, commis de la Baye d'Hudson, (mille pardons! ce Mr. étoit peut-étre aussi gouverneur) pour demander de nouveiles instructions dans ces fâcheuses circonstances,. On les leur donna sans doute, car ils ne tarderent pas à revenir à la charge après avoir puisé de nouvelles forces dans une copieuse dose de Iiskey + et s'être muni chacun d'un fusil de Sauvages. Il s’ensuivit une autre tentative, non moins funeste pour eux que la premiere. Un Monsicur Johnson, qui guidoit. la bande de la Baye d'Hudson, et deux ou trois autres particu Lers, dont l’un Canadien, et attaché au service du Nord-Ouest, y perdirent la vie ; désastre que

les gens de la Baye d'Hudson attribuerent au:

pen cer # 1e Shillalah est un bèton court avec lequel se battent les Irtandois, Ÿ Le Wiskey est ue liqueur spiritueuse dot les Irlandois sont friandg

xiroit fatal ar la Duest liens, ettre erent de la étoit Tr cle rcon-

trouble, au désordre et au mélange confus des deux partis: car Mr. Black, commis du Nord:

Ouest, se comporta dans cette occasion avec un sang froid plus qu’ordinaire : il garantit ses jours en tournant avec agilité sur soi-même, présentant ses pistolets aux agresseurs, mais se gardant bien de les tirer, tant qu’il vit un fusil dirigé sur lui ; pendant ce tems-là ses gens assénoient des coups de crosses et de canons de fusils sur les assaillans, se gardant bien aussi de décharger leurs armes. Mr. House, ne pouvant point ‘paroître ignorer que ses gens avoient été les agresseurs, écrivit, le lendemain à Mr. Black une “lettre conçue en des termes bien dolens, pour excuser, s’il le pouvoit, leur conduite de la veille ; et comme c’en étoit fait du pauvre Johnson, Mr. House préten. dit que l’on avoit agi contre les ordres donnés.— C’est une chose remarquable que sa Seigneurie ait gardé le silence le plus absolu sur cet essai de la vertu du Shillulah.

Que si l’on désiroit une autre preuve du pro-

fond respect de sa Seigneurie pour les loix An-

gloises, l’on pourroit encore en administrer celle. ci: il est notoire qu’elle commence d’abord par s'emparer d’une propriété qui n’est pas la sienne, et qu’elle cherche ensuite un prétexte pour s'y maintenir. Elle a fait sans doute la découverte de cet heureux procédé à Jedbourg ou Jeddart, non loin du lieu de sa naissance, où, dit-on, l’on. étoit dans l’usage, il y a quelques siècles, de pendre d’abord son homme pour ne point perdre de terms, sauf à faire ensuite son procès à tête reposée. C’est ainsi qu’on en agissoit dans ces jours d'absence de toute loi, que l’on appelloit Jeddart Justice.*—Je m’etonne que Manlius, au lieu de

Pr ? La justice de Jeddart ou de Jedburg dont nous venons de citer un trait,

chercher à justifier le vol commmis au Fort Wil liam, en nous le présentant sous la forme d’une détention purement temporaire de propriété, ne se soit pas avisé de l’assimiler a:r emprunts forcés de Bonaparte ; ressource à laquelle sa Seigneurie auroit été obligée de recourir, vü le mauvais état de ses finances. |

Il est donc vrai que les dispositions du Code de la Rivière Rouge ont pris leur origine et existent partout ailleurs qu’en Angleterre. Assuré. ment {e respect de sa Seigneurie pour les lois Angloises, comme le prouve assez sa-conduite, a une parfaite analogie avec ke ci-devant amour exclusif de Bonaparte pour les Américains. Mais je m’'apperçois qu’il est tems de revenir à la Rivière Kouge pour voir les manœuvres des Satellites dasa Sei gneurie,

Miles et ses colons, dans l’hyver de 1812 à 1813 (le premier qu’ils passérent dans ces contrées,) avoient été redevables, comme on l’a dé. jà dit, de la conservation de leur vie, à l’humanité de la Compagnie du Nord-Ouest, Miles étoit alors aussi doux qu’un Agneau (voire de la race de Kirke * sous le règne de Jacques IT.) ; mais dés le printems suivant, il commença à montrer le bout de l'oreille, en s’atiribuant le titre de Gouverneur, et en exigeant le droit de préemption sur tous les produits des Domaines de son Haut et puissant Seigneur, soit qu’ils provinssent de l’industrie des naturels du Pays, ou des travaux champêtres des pauvres intrus.

* KirkE, Colonel d’un régiment du tems de Jacques IT, traitoit aveé une extrême dureté ceux des sujets de ce Monarque qui lui paroissoient op posés à la cause de son maître et que quelques avantages passagers rempore tés par les troupes du Roi avoient mis à sa discrétion, Entr’antres particu larités relatives à cet individu, que nous à conservées l’Histoire, on remarque celle ei qui peint ses dispositions naturelles : il appelloit ses ptits 'agredux les soldats qu'il fescit servir d’instramens à ses cruautés, {Voir lé Seme volume de l'Histoire d’Augleterre pat Hume.)

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