ENCOURAGEMENTS ACCORDÉS AUX COMPAGNIES N
ètre pensé et exécuté pour le bien du commerce des isles. »
20 août 1726. — « L'avantage du commerce el l'intérèt de la colonie demandent qu'il ne soit mis aucun faux ni sur les marchandises ni sur les denrées, tant de France que de la colonie; c'est dans cet esprit que les sieurs de la Rochalard et Duclos doivent agir; el, en cas que Îles conseils supérieurs ou d'autres personnes voulussent leur insinuer des sentiments contraires, ils ne doivent avoir aucun égard à leurs représentations et ils doivent les regarder comme gens suspects... qui voudraient se faire un mérite en insinuant aux peuples qu'ils cherchent à leur procurer les denrées et les marchandises à bon marché : #{s doivent toujours avoir pour principe que le commerce ne se soutient qu'autant qu'il est libre. I n'y a que les profits qu'on ÿ peut faire qui encouragent à l'entreprendre et à le conlinuer, souvent malgré les pertes qu'on y fait : en ôter les risques, c'est en retrancher tout l'appt, ce qui l’antantirait sensiblement. »
On voit l'importance que le roi et ses ministres, dont Colbert (1677 el 1680), atlachaient à la liberté du commerce intérieur el les argu-
ments excellents par lesquels ils défendaient celle liberté.
A loutes ces faveurs, qui s'adressaient plus directement aux colons, s'en joignaient d'autres propres à la Compagnie. Je ne reviens pas sur celles que j'ai citées plus haut en étudiant la période de fondalion des colonies. Je ne m'occupe ici que de la période d'exploitation : j'en indiquerai trois principales.
La première consistait dans des secours en argent, secours importants et fréquemment renouvelés. Le roi ne se contentait pas d'aider de sa bourse les compagnies lors de leur formalion; il les aidait, d'année en année, au cours de leur exploitation. Prenons, par exemple, la compagnie du Levant, de juillet 1670 : il lui avait, lors de sa formation, accordé de nombreuses faveurs : une prime de 10 livres par chaque pièce de drap exportée pendant # ans; l'exemption des droits d'entrée et de sortie pour les vivres et les munitions; un prèt de 200 000 livres sans intérèt, pendant six ans; prèt sur lequel on devait imputer d'abord Îles pertes de la compagnie. Voilà ce que le roi avait fait lors de la création de la compagnie. La com-
ENCOURAGEMENTS ACCORDÉS AUX COMPAGNIES 91 pagnie une fois née et en exercice, il lui donna une gratification (octobre 1671) de 6560 livres pour l'envoi de 656 pièces de drap au Levant: une seconde (octobre 1672) de 6150; une troisième (août 1675) de 9930; une quatrième (octobre 1679) de 2430 livres, ele., etc.
La seconde et la plus considérable était celle qui avait pour but, sinon pour effet, de faire respecter le privilège de la Compagnie. Dans les recueils de lois et d'ordonnances, on rencontre de très nombreuses dispositions tendant à ce but. Elles ordonnent la saisie et la confiscalion, au profit de la Compagnie, des marchandises vendues et transportées contrairement à son privilège. Elles vont mème plus loin : elles frappent ceux qui se livrent à ce trafic d'amendes, et d'amendes énormes pour le temps. Je relève notamment le chiffre de 10 000 livres d'amende ".
Je m'appesantirais davantage sur celle faveur, si j étais sûr que ce fût une faveur. Mais, comme plusieurs que j'ai citées déjà, bien loin d'être une faveur, elle fut, je le prouverai plus loin, une cause de faiblesse et de ruine. Comme nos