‹ Les compagnies de colonisation sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 30 sur 52 · LES COMPAGNIES DE COFONISATION · texte numérisé non relu

LES COMPAGNIES DE COFONISATION

Un arrèt du Conseil d'État autorise les négo- \ M ciants français (comprenez les négociants du f 1 royaume) à transporter en nature les sucres de pe: nos iles dans les ports d'Espagne. Les négo- : ciants de nos îles réclament le mème droit : on le leur refuse, sans motif. Le motif, toutefois, pouvait être que les colons étaient, à certains égards, déjà favorisés par des exemplions ou des réductions de droits. Mais voici où l'on ne trouve mème plus d'exeuse et où l'injustice éclate. Le sucre à pris dans ces îles une très grande imporlance. L'agriculture et lindustrie v trouvent

1H également leur profit : on plante la canne et on le i en extrait le sucre, et ce sucre on Île raffine. na Fort bien. Mais, en 1698 (26 février), le roi invite ul . , ; :

4 son lieutenant à détourner les habilants de la 1 cullure du sucre et à les engager à culliver le | F4 labac, le coton, le cacao, l'indigo, ete. Pourquoi? £ C'est que la métropole ne peut déjà consommer tout ce que les îles produisent et que les îles | n'ont pas inlérèl à produire au delà de ce que consomme la métropole, puisqu'elles n'ont pas le droit de vendre à d'autres qu'à la métropole. Mais il y a mieux. Les sucres bruts transportés en France ont donné naissance à des raffineries. 1 | 15 #

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Cela est à merveille. Mais voici que les colons se mettent à raffiner eux-mêmes leur sucre, ce qui leur procure un double profit : profit industriel et économie sur le fret. Malheureusement ce qui enrichit les colons appauvrit les raffineurs français, el en conséquence, défense d'établir aux iles de nouvelles raffineries, parce que déjà les raffineries du royaume n'ont plus d'ouvrage (21 janvier 168%).

La compagnie des Indes, si puissante pourtant, rencontra les mèmes obstacles. Elle importait des étolfes, soieries ou loiles peintes, qui faisaient concurrence aux produits de nos manufaclures. Les villes industrielles s'en plaignaient constamment au roi. En 1701, le député du commerce de Lyon se plaignait publiquement que les étofles des Indes fussent préférées en France à raison de leur bon marché. En 1702, nouvelle réclamalion. Finalement, en 1720, un arrèt du conseil interdisait à la Compagnie de vendre ces éloffes en France, autrement que pour les faire ensuite passer à l'étranger.

Ainsi le voulait — dès ce temps-là — la proteclion de l'industrie nationale".

1. « Les financiers, appuyés par ces vils associés qu'ils ont

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