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CHAPITRE XIII

LES PASSIONNISTES

PRÉLUDES de la Révolution. — A quelle date a commencé la grande Révolution? Dire qu'elle s'ouvre au 1 4 juillet 1 789, c'est oublier que depuis longtemps l'idée révolutionnaire était en marche. Les monarchies absolues, tout en conservant leur armature en apparence indes.* tructible, subissaient lentement l'action corrosive des idées nouvelles. Le principe d'autorité était battu en brèche par les théories philosophiques; le libre examen, héritage du Protestantisme, sapait les bases d'une société qui s'acheminait, peut-être sans en avoir conscience, vers la catastrophe.

Toutefois, si elle allait à la ruine, c'était joyeusement : l'épanouissement d'une civilisation raffinée avait séduit ces classes dites « dirigeantes » et en tout cas privilégiées, chez qui la poursuite du bien-être était devenue la préoccupation dominante. Pourtant, il y avait des pauvres, que l'étalage d'un luxe insolent exaspérait,en soulignant les inégalités sociales; mais si les classes inférieures souffraient, elles commençaient à ne plus se résigner aux privations et aux dédains. On dansait sur un volcan dont les sourds grondements ne suffisaient pas à éveiller l'indifférence de ceux qui avaient la responsabilité de la conduite de l'Etat; on s'abandonnait étourdiment à la « douceur de vivre »!

L'Eglise n'avait pas été sans être atteinte : partout, séculiers et réguliers étaient touchés par les influences ambiantes; l'Episcopat, à peu près exclusivement recruté dans la

haute aristocratie, tenait à distance la plèbe sacerdotale, qui se courbait devant les puissants, mais qui, aux élections de 1789, profitera de l'occasion inespérée de satisfaire ses rancunes.

Les monastères enrichis par la foi de vingt générations, avaient beaucoup perdu de leur antique ferveur et le relâchement gagnait de proche en proche. La rude austérité des Capucins était mise en chansons et les Jésuites qui avaient voulu résister à l'esprit du temps avaient été foudroyés.

C'est un fait que la vie religieuse avait évolué : pendant que les anciens couveïits sommeillaient, et que, pour les moines, la pauvreté consistait à ne manquer de rien, les clercs réguliers, plus attachés à l'idéal de la perfection évangélique, présentaient le spectacle paradoxal de religieux qui dissimulaient la réalité de leur état. Pour s'adapter, disaient-ils, aux conditions nouvelles de leur siècle, ils avaient renoncé à tout ce qui naguère caractérisait la vie conventuelle : plus de costume distinctif, plus de clôture, plus de solennité dans l'accomplissement du devoir de la prière publique. Rien de tout cela n'était absolument essentiel, mais c'était un signe de l'évolution des âmes, et, dans des communautés fondées au XVII® siècle, on s'était cru obligé de supprimer les vœux de religion, sauf à les remplacer par de simples engagements qui liaient les consciences, mais étaient une atfaire individuelle.

Sans doute, à l'Oratoire, à Saint-Lazare, à Saint-Sulpice, on pratiquait, et très strictement, toutes les vertus sacerdotales; la vie commune reposait sur l'esprit d'obéissance et de détachement, mais on aurait dit que ces saintes gens rougissaient de leur condition et n'osaient pas s'avouer religieux.

Ordres voués à la réparation. — C'est pour réagir contre cette atténuation de la pratique des conseils évangéliques qu'apparaissent, au XVIII® siècle, deux ordres religieux qui s'appliquent à mener la vie pénitente et humiliée, dont l'habit est à lui seul une profession de foi, et qui, religieux pour tout le monde, n'en font pas mystère.

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Je parlerai bientôt des Rédemptoristes, fils de saint Alphonse de Liguori, mais ils avaient été précédés dans la recherche de la perfection par les Passionnistes.

Les uns et les autres n'étaient pas des moines, mais de simples clercs réguliers; cependant, leur genre de vie et toute leur activité extérieure sont pénétrés d'une austérité qui fait penser aux temps héroïques de Saint Bernard et de saint François d'Assise.

L'habit des Passionnistes est une soutane noire, mais faite d'un tissu grossier, qui les couvre sans les réchauffer; ils vont les pieds nus dans des sandales et, sur leur cœur est brodée une large croix blanche avec l'Inscription : Jesu XPI Passio, qui se répète sur le manteau qui couvre leurs épaules. A leur large ceinture de cuir est attaché un chapelet, et un grand crucifix de cuivre est suspendu à leur cou. Quand on les rencontre dans les rues de Rome, on est frappé de leur allure grave et modeste; leurs yeux sont baissés, comme s'ils étaient perpétuellement absorbés dans la méditation des souffrances de Celui qu'ils ont fait vœu de prendre comme modèle.

Leur fondateur, saint Paul de la Croix, était né en 1 694, à Ovada, au diocèse d'Acqui, dans la région abrupte qui sépare la côte génoise de la plaine de Lombardie. Toute sa vie semblera participer à l'âpreté de sa terre natale.

Son enfance avait été pieuse et pure et il montrait déjà un attrait précoce pour la mortification. A vingt ans, il entendit dire que le Sénat de Venise levait des troupes pour faire la guerre aux Turcs. Il y avait là de quoi enthousiasmer une imagination, juvénile et généreuse : combattre les mécréants, c'était travailler à une œuvre sainte, procurer la libération des lieux saints et courir au secours des chrétiens opprimés par les sectateurs de Mahomet. Mais, à peine enrôlé, le nouveau chevalier du Christ revint de ses illusions. Les armées mercenaires du XVIII® siècle ne s'inspiraient pas de la noble ardeur des Croisés et un jeune homme pieux se sentait dépaysé dans ce ramassis d'aventuriers impudiques et blasphémateurs. Révolté par les propos impies et par l'immoralité scandaleuse

de ses compagnons d'armes, Paul se libéra au plus vite, et s'imposa le devoir de réparer par la plus sévère pénitence les innombrables offenses que les mauvais chrétiens n'épargnaient pas à la Majesté Divine.

S. Paul de la Croix fonde Tordre des Passionnistes (1725). — Il se retira dans un lieu sauvage, où il fut bientôt rejoint par son frère qui fut le premier de ses disciples.

Malgré le soin qu'ils mettaient à se cacher, le secret de leur retraite fut bientôt découvert. Leur existence, qui contrastait si complètement avec les mœurs et les idées du temps, attira les curieux, provoqua les commentaires des malveillants, et le clergé s'émut quand on lui parla de cette austérité effrayante, qui avait l'air d'une censure.

Paul fut dénoncé à l'évêque d'Alexandrie, qui le lit venir, l'interrogea et, convaincu de la droiture de ses sentiments, ne put qu'admirer la vertu des deux ermites. Au lieu de condamner Paul, il lui prescrivit de mettre par écrit un projet de règlement de la vie austère qu'il entendait imposer aux compagnons qui se présentaient déjà pour vivre avec lui en pratiquant la pénitence.

C'est en 1725 que la petite communauté de cénobites s'était formée avec l'autorisation du prélat. Elle s'était établie non loin de la ville d'Orbetello, sur les pentes désertes du Mont Argentaro, qui culmine, en face de l'Ile d'Elbe, au milieu de la Maremme Toscane; le couvent qui y fut bâti devint le siège du noviciat, qui, plus tard, fut transféré à Lucques.

Les Passionnistes ne manquaient pas de se consacrer à l'évangélisation des ignorants et des pauvres. Naturellement éloquent, le Père Paul allait prêcher dans les églises de campagne; sa parole, chaude et vivante, qu'il avait nourrie dans la méditation des souffrances du Sauveur, produisait des fruits extraordinaires au milieu de populations peu instruites, mais à l'esprit droit et au cœur facile à impressionner.

Jusque-là, le fondateur n'avait pas cru devoir aspirer au

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sacerdoce. Ce fut le Pape Benoît XIII, qui, instruit du bien que faisaient ses prédications, lui conseilla de poursuivre le cours des études sacrées et voulut l'ordonner lui-même: il bénit la société naissante sans aller jusqu'à lui accorder immédiatement une autorisation canonique. Elle se contentait d'une existence de fait : contemplative, pénitente et missionnaire, elle avait pris pour nom : la société des Clercs déchaussés de la Sainte Croix et de la Passion de Notre-Seigneur Jésus- Christ.

Le 15 mai 1741, Benoit XIV, signa un rescrit qui permit aux premiers Passionnistes de prononcer les trois vœux solennels de religion, auxquels ils en ajoutèrent un quatrième, celui de propager la dévotion aux douleurs du Rédempteur. En 1746, un Bref du même Pape accorda l'approbation définitive de la règle, mais après y avoir introduit quelques atténuations que, dans sa prudence, il jugeait nécessaires.

Le Saint fondateur mourut seulement en 1775, à plus de 80 ans. Pour lui témoigner toute sa bienveillance, le Pape Clément XIV lui avait donné le vénérable couvent des saints Jean et Paul, au Mont Cœlius, pour qu'y soit établie la maison mère; il confia aussi aux religieux de la Passion la garde du sanctuaire de la Scala Santa, près de saint Jean de Latran, fameux par les reliques insignes qui y sont conservées.

Le Pape Pie VI, à peine élu, vovJut aller visiter le Saint au cours de sa dernière maladie; il ne cacha pas son admiration pour ce vieillard dont la vie toute entière s'était passée dans les exercices de la plus dure pénitence et il exprima à ses fils son désir de protéger et encourager une communauté qui procurait à tous les chrétiens un sujet de profonde édification.

La cause de béatification de saint Paul de la Croix fut commencée sous le Pontificat de Pie VII et c'est Pie IX, qui, après l'avoir béatifié le 1®^ mai 1853, le canonisa le 29 juin 1867, au cours des fêtes qui rappelaient le 18® centenaire des Apôtres saint Pierre et saint Paul.

Du vivant de leur Père, les Passionnistes n'eurent jamais

plus de 1 4 couvents ^ dispersés en Piémont, en Toscane, dans le royaume de Naples et dans les environs de Rome.

Leur principal ministère extérieur est celui de la parole. Quand ils donnaient des missions, le peuple s'empressait autour de leur chaire pour les entendre prêcher Jésus Crucifié avec une ardeur capable de secouer les consciences les plus endormies. Un des exercices auxquels ils attachaient le plus d'importance était celui de la réconciliation des ennemis, bien approprié au tempérament de populations chez qui se transmettent souvent les haines héréditaires ^.

Les Passionnistes eurent à souffrir, comme tous les autres religieux, pendant la période révolutionnaire. Les esprits étaient égarés par la marée montante de l'impiété; la guerre, l'invasion, les logements militaires, les réquisitions, les confiscations causèrent bien des désordres, mais on ne pouvait pas appauvrir des religieux qui pratiquaient la plus rigide pauvreté. Par la force des choses, il y eut quelque ralentissement dans le recrutement; il y eut à déplorer de rares défections, mais, dans l'ensemble, la ferveur ne fit que redoubler et le ministère ne fut jamais aussi actif qu'à une époque où les ennemis de la Foi s'étaient crus les maîtres.

La communauté ne songeait pas alors à entreprendre des fondations nouvelles, et, si elle y pensait, c'était pour plus tard; pour l'heure, il fallait se contenter de demander à Dieu

1 . Les Passionnistes ont l'habitude de donner à leurs couvents le nom de retraites, en italien ritiro, qui signifie asile ou errtiitage.

2. Celui qui écrit ces lignes a le souvenir d'avoir assisté à une retraite prêcliée dans une petite ville de Sabine. La parole imagée des prédicateurs, leur action oratoire, la mise en scène, dirai-je, avaient conquis cette foule de paysans qui, par moments, répétaient d'une voix vibrante les invocations et acclamations que suggérait le missionnaire. Quand arriva le jour des confessions générales, on vit affluer de toutes les villes voisines des prêtres séculiers et réguliers dont le ministère était réclamé pour suffire au travail qui avait été préparé. C'est ainsi qu'est entretenue chez ces rudes montagnards à figure peu rassurante, une foi plus agissante qu'éclairée. Il fallait voir ces hommes agrestes prier comme des anges et pleurer comme des enfants.

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d'être préservés de la ruine totale, qui avait fait de si grands ravages chez d'autres sociétés religieuses, moins épargnées parce qu'elles étaient moins ferventes.

Les Passionnistes en Angleterre. — Dans le premier quart du XIX® siècle, la paix rétablie en Italie rendit une nouvelle jeunesse à la communauté qui commença dès lors à tourner les yeux vers les autres contrées de l'Europe. Il faut dire que Paul de la Croix avait souvent prié pour la conversion de l'Angleterre, à laquelle il voulait que sa famille religieuse fût associée. On se souvenait que parfois, au sortir d'un de ses ravissements extatiques, on l'entendait dire « J'ai vu mes religieux en Angleterre ! » mais cette vision prophétique ne devait se réaliser que cinquante ans plus tard.

Un grand seigneur anglais fixé à Rome, lord George Spencer, fréquentait le couvent de saint Jean et Paul; il avait appris à estimer les Passionnistes et, de lui-même, leur proposa d'aider à la fondation d'une maison dans son pays. Cette offre fut reçue avec reconnaissance; déjà quelques Pères reçurent l'ordre de se préparer au départ et se mirent à apprendre l'anglais.

Par prudence, les Supérieurs avaient pensé ne marcher que par étapes et à établir tout d'abord leur communauté en France. Ils y étaient encouragés par le saint évêque de Marseille, Mgr de Mazenod, le fondateur des Oblats de Marie. Mais ce projet était-il exécutable?

On était en 1 838. Les ministres de Louis-Philippe autoriseraient-ils la fondation? On consulta Mgr Afïre, qui n'était pas encore archevêque de Paris, mais dont l'expérience des affaires politico-religieuses faisait autorité. A la vérité, il était imbu de certains préjugés gallicans et ne passait pas pour être très favorable aux religieux, même français; sa prudence, peut-être un peu humaine, s'effraya à la pensée de l'introduction d'un ordre nouveau, en majeure partie composé d'Italiens et sa conclusion fut défavorable.

Il fut donc décidé que les futurs apôtres de l'Angleterre s'installeraient d'abord en Belgique. Les évêques du jeune royaume n'avaient pas les mêmes raisons de s'y opposer et il y avait a Bruxelles un Nonce qui se chargea avec joie d'obtenir l'approbation d'un roi protestant qui s'appuyait alors sur le parti libéral plutôt, hostile au catholicisme. Mais ce Nonce était Mgr Joachim Pecci, c'était le futur Léon XIIL II eut facilement raison des objections qui lui furent opposées.

En Angleterre, les Passionnistes étaient désirés :Mgr Wiseman, alors coadjuteur de l'évêque de Birmingham, les pressait d'arriver : une église et un couvent les attendaient.

Le religieux qu'avait désigné le Père Général se nommait le Père Dominique de la Mère de Dieu. Né en 1 792, il avait, jusqu'à vingt ans, travaillé la terre. Il était entré comme domestique au couvent du Mont Argentaro, espérant que sa conduite lui vaudrait d'être accepté comme Frère convers. Les supérieurs furent satisfaits de cet humble coadjuteur dont la vocation leur paraissait solide, mais bientôt, ils découvrirent chez lui des dons intellectuels remarquables; et, le faisant passer au rang des clercs, ils l'appliquèrent aux études. Ils l'avaient bien jugé, car le Père Dominique devint non seulement un savant théologien, mais un érudit, versé dans toutes les sciences humaines. Tel était l'homme qui fut chargé d'introduire l'Ordre des Passionnistes en Angleterre.

Toutes les fondations ont pour destinée de débuter au milieu des épreuves et celle de religieux voués à l'imitation de Jésus souffrant et méprisé devait avoir sa large part de contradictions. Pour débuter, les concours dont on se croyait assuré se dérobèrent les uns après les autres; les promesses furent oubliées; ceux qu'on regardait comme des amis devenaient des détracteurs; par la voie de la Croix, au milieu d'incessantes tribulations, le Père Dominique suivait les ordres de ses supérieurs, et enfin, en 1842, il pouvait ouvrir une modeste résidence, à Aston-Hall.

Mais ce n'était que le commencement de son Calvaire. Bien qu'il eût étudié la langue anglaise, il n'avait pas appris à

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la bien prononcer et ses premières allocutions furent interrompues par des éclats de rire !

Un prédicateur moins habitué à souhaiter les dérisions du Prétoire eût cédé au découragement. Le pieux religieux, malgré la confusion dont il était couvert, bien qu'il fut l'objet des moqueries et même des insultes des protestants qui l'appelaient « le Papiste balbutiant » (the stammering popisl), il remerciait Dieu qui permettait qu'il fût devenu un être méprisé et ridicule; il portait joyeusement sa lourde croix, car il avait la conviction que cette croix serait rédemptrice et elle le fut.

L'ascendant qu'il devait à son admirable patience et à son inébranlable humilité eut raison de toutes les répugnances des catholiques et de l'animosité des protestants qui, après s'être amusés à ses dépens, furent obligés d'avouer que la parole de Dieu, même annoncée en mauvais anglais, avait une puissance souveraine. Les conversions se multipliaient; de riches hérétiques encourageaient et subventionnaient généreusement les efforts du missionnaire et dix-huit mois après sa pénible déconvenue, le Père Dominique put poser la première pierre d'une vaste église qui bientôt allait se remplir d'auditeurs; de catholiques s'acheminant, sous un guide vénéré, vers la perfection; de protestants attirés par la curiosité d'entendre ce merveilleux convertisseur, dont la sainteté allait ensuite faire évanouir leurs • préventions contre le Catholicisme. Il fallut ouvrir de nouvelles maisons et bâtir de nouvelles chapelles.

L'heure était propice à une action surnaturelle de la Grâce : c'était le temps où, dans le sein du protestantisme cultivé, des hommes de sens droit s'étaient imposé l'obligation de procéder à une révision de leurs croyances. Du « Mouvement d'Oxford » allait sortir un bien immense, et si le principal initiateur de cette révolution religieuse, D' Pusey, ne tira pas toutes les conclusions contenues dans les prémisses qu'il avait posées, l'Eglise catholique put accueillir d'illustres convertis dont l'un est devenu le Cardinal Newmann.

En 1849, quand mourut le Père Dominique, son œuvre

était solidement assise; il avait été établi une « Province d'Angleterre » qui sera le centre de diffusion d'où partiront des religieux de langue anglaise, qui fonderont des couvents dans presque toutes les parties du monde.

Statistique. — Les Passionnistes ont aujourd'hui 124 résidences réparties en vingt provinces, dont quatre en Italie (Rome, Naples, Turin et Bologne) avec 42 couvents. Il faut y ajouter six maisons en Belgique, trois en Hollande, une en Bavière, une en Pologne, et treize en Angleterre.

C'est en 1880 qu'ils prirent pied en Espagne par la fondation de Bilbao, et ils ont maintenant 32 établissements dans les pays de langue espagnole. Leur province du Mexique n'a pas été épargnée par la cruelle persécution qui désole ce pays où la Foi se défend contre la rage des impies.

En Amérique de langue anglaise, la première fondation remonte à 1852, date où s'ouvrit la « retraite » de Pittsbourg (N. Y.); celle de Chicago est de 1906. Aux Etats-Unis et au Canada, il y a 18 maisons et 3 en Australie.

Le Saint Siège a confié aux Passionnistes le soin des quelques milliers de catholiques habitant la Bulgarie. Le supérieur de la mission a le titre d'évêque de Nicopolis et réside à Roustchouk. Le titulaire actuel a eu pour prédécesseur un parisien, le Père Henry de Notre-Dame des Victoires, (mort en 1916) dont le frère est M. Doulcet, ambassadeur de France auprès du Vatican.

C'est aussi un Passionniste qui est préposé à la Préfecture apostolique de Tcheng-Tcheou, en Chine. Ses collaborateurs sont envoyés par la province passionniste des Etats-Unis.

Les couvents de France, dont le premier fut fondé en 1853, dans le diocèse d'Arras, ont été victimes des lois intolérantes. Trois seulement ont pu rester timidement ouverts. Ce sont des Passionnistes de la Province de France, qui, en 1903, se sont établis à Béthanie près de Jérusalem.

L'ordre de la Passion compte aujourd'hui environ

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2.000 membres, tant prêtres que clercs, étudiants et Frères coadjuteurs.

Saint Paul de la Croix a fondé un ordre de femmes qui suivent une règle qui est une adaptation de celle des religieux et qui n'est guère moins sévère. Elles sont 300 et s'adonnent surtout aux pratiques de la vie contemplative et pénitente.

Outre les Sœurs cloîtrées, il existe, depuis 1851, une sorte de Tiers-Ordre de religieuses vouées à l'enseignement et aux œuvres de zèle.

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