G6 LES COMPAGNONS
Et Contran eut horreur de lui-raème et s’écria : — Jamais! jamais! Jeanne ne peut point épouser un assassin!...
Pourtant, il n’eut point la force de partir...
,Les jours s’écoulèrent, et il écrivit ces quelques pages de son journal que nous venons de lire au commencement de ce chapitre. Il aimait Jeanne !
Château de Vibray, octobre 185... '
« Voici près de six semaines que je suis à Vibray, Chaque jour je me jure de ne point prolonger plus longtemps mes souffrances et de prendre une brusque détermination. Je dois partir chaque jour... et cependant je reste. Le courage me manque et je sens mon cœur défail-: lir à la pensée de ne plus la revoir... Car, si je pars, si je parviens enfin à rompre le charme qui me retient ici, il faudra bien que je m'éloigne sans espoir de retour.
» Je ne puis pas faire le malheur de Jeanne. Elle commence à nt’aimer, peut être déjà a-t-elle fait un beau rêve, la pauvre enfant... Ah ! si elle savait?
» Non, décidément, je ne puis rester ici! Chaque heure qui s’écoule est un lien de plus qui se forme entre elle et moi... il faut partir !
» Demain, j’aurai quitté Vibray pour retourner en Bre-