‹ Les complications de la RougeoleChapitre 14 sur 32 · MOYENNE · texte numérisé non relu

MOYENNE

0 à 6 mois

6 à 12 mois

I à 2 ans

2 à 3 ans

3 à 4 ans

4 à 5 ans

5 à 10 ans

10 à 21 ans

nulle

nulle

nulle

nulle

nulle

nulle

Moyenne

de 0 à 2 1 ans

On peut, comparer ces chiffres à ceux fournis par Oyon, et plus tard par la Commission d'hyg-iène hospitalière (la diphtérie est comprise).

Oyon 1867 à 1872 48 72 0/0

Commission d'hj- ^ -, > , oogiène et Relevés ^ l8o2 a lOOO 44 0/0

de GanneloD i

Dipht.

1886 36.69 0/0 plus 9.17 = 45.86

Depuis les

pavillons

d isolement

(d'après Gannelon)

Malgré l'adjonction des cas de diphtérie à issue indéterminée, on voit que la statistique s'améliore k partir

de 1888. En dehors de la diphtérie, on trouve les chiffres

suivants :

Mortalité 0/0

i88î5 liO

Ouverture des pavillons.

En 1897, la mortalité n'est plus que de 12 aux Enfants assistés (Hôpital).

Ce que nous venons de dire renferme, sans que nous ayons besoin d'y insister plus longtemps, les desiderata que Thyg-iène demande pour l'isolement des rougeoleux.

Ce sont :

1° Un isolement par petits pavillons de 4 à 6 lits.

2° L'aération journalière, l'évacuation et la désinfection répétées plusieurs fois par an de ces pavillons.

3*^ Un isolement par sélection comprenant :

a. Un pavillon de rougeoles simples ;

b. Un pavillon de roug-eoles avec bronchopneumonie ;

c. Un pavillon de convalescents pour les premières et un autre pour les secondes ;

lOO COMPLICATIONS DE LA ROUGEOLE

d. A ces services, il convient d'ajouter un pavillon, dont Futilité est peut-être plus grande pour la diphtérie, mais qui n'en a pas moins sa raison pratique, je veux dire un pavillon de douteux, pour les malades à diagnostic pulmonaire encore incertain.

Les personnes qui, par raison de service ou pour tout autre motif, passent de l'un de ces pavillons dans l'autre, doivent naturellement se soumettre aux règles d'antiseptie que nous avons déjà tracées plusieurs fois et sur lesquelles nous ne reviendrons plus.

Traitement

Nous n'avons rien à dire du traitement de la bronchopneumonie morbilleuse, qui ne rentre dans le traitement de la bronchopneumonie en général. Nous n'y insisterons donc pas ici. Le médecin trouvera dans les formes que revêt cliniquement la maladie les médications symptomatiques qui lui serviront de guide dans l'ordonnance du traitement. Les symptômes fonctionnels, les symptômes î^énéraux sont précieux à étudier à ce point de vue.

Le médecin ne devra pas oublier, dans ces circonstances, qu'une médication intempestive de sa part peut aggraver les symptômes ou provoquer des lésions nouvelles. C'est dans cet ordre d'idée qu'il faut envisager l'emploi des vomitifs, même de l'ipéca. L'administration de ce médicament doit être réservée aux malades robustes, peu infectieux, chez qui on est en droit de soupçonner, par l'exa-

COMPLICATIONS DE LA IIOLGEOLE lOI

men clinique, des lésions plus con^estives qu'inflammatoires, et, lorsque ces lésions sont récentes; il peut être éj^alement indicjué d'y avoir recours, à titre de médication purement symptomatique, lorsque les bronches sont obstruées par des sécrétions que les malades, par faiblesse ou pour tout autre motif, ne peuvent rejeter, ou bien lorsqu'elles sont très abondantes comme dans la bronchite capillaire. Dirig^ée contre l'asphyxie mécanique, la médication vomitive, permet dans ce cas de g-ag-ner du temps.

Elle est en tout cas contrindiquée, lorsque les enfants sont trop jeunes — au dessous de deux ans — trop faibles ou trop abattus. Elle est tout au moins inutile lorsque — ainsi qu'on le voit dans la bronchopneumonie précoce — les phénomènes infectieux sont prédominants.

En dehors de ces conditions, elle peut être employée, et on peut même y revenir à plusieurs reprises. Selon les préceptes de M. Cadet de Gassicourt (i) on donne o,io, o,3o, jusqu'à i g-r. de poudre dans 20 ou 3o g-r. de sirop chez l'enfant, et plus chez l'adulte.

Les révulsifs cutanés sur la poitrine ou ailleurs, doivent être mis en œuvre dès le début : bottes de ouate aux jambes, simples ou sinapisées ; cataplasmes sinapisés sur la poitrine, et surtout ventouses sèches dont l'action bienfaisante est indéniable. Le vésicatoire, d'un usag-e restreint chez les enfants, trouve cependant son emploi dans les

(1) Tome I, p. 329.

formes subaiguës ou chroniques. L'emploi des émissions sanguines g-énérales semble définitivement condamné dans ces cas.

Dans la période aig-uë, la médication pharmaceutique dépend naturellement des formes symptomatiques qu'on observe. En dehors des règles d'antisepsie communes à tous les cas et que nous avons énumérées plus haut, elle varie selon chaque malade qu'on observe, et nous renvoyons aux ouvratres consacrés exclusivement à la bronchopneumonie.

Nous relèverons seulement cette particularité, c'est qu'en raison du sièg^e des lésions et de leur nature, on a affaire à deux ordres de symptômes:

i*^ Des symptômes asphyxiques pulmonaires;

2^ Des symptômes toxiques ou infectieux.

Ceux-ci sont peut-être les plus importants, et si nous ne pouvons, dans l'état actuel de nos moyens thérapeutiques, lutter directement contre l'agent infectieux lui-même, du moins pouvons-nous permettre à l'organisme de lutter efficacement, en augmentant ses résistances, ou en diminuant la gravité de certains symptômes nerveux en particulier.

C'est pourquoi, malgré les préjugés qu'une pareille pratique rencontre, il ne faut pas hésiter à plonger les rougeoleux bronchopneumoniques dans un bain froid ou dans un bain tiède, selon les âges. Les indications, dans ce cas, en sont aussi formelles et aussi précises que dans toute autre maladie. Nous ne pouvons y insister plus longtemps.

L'affaiblissement des contractions cardiaques, peut également constituer un danger menaçant à

COMPLICATIONS DK LA ROUGEOLK Io3

un moment donné. On peut espérer a^ir directement et vite par des injections de caféine, d'éther, et même par Femploi de la la dig-itale, lorsque le cœur bat très vite et très régulièrement.

La médication tonique doit s'associer à la précédente, aussi bien dans les formes aiguës que dans la forme subaiguë, qui nécessitera en plus la révulsion plus suivie, fournie par le vésicatoire volant et par les badig-eonnages de teinture d'iode.

Nous n'ajouterons qu'un mot à ce qui précède, c'est ce qui concerne la convalescence des malades guéris. On n'oul)liera pas] que la bronchopneumonie est sujette à des réveils, même après plusieurs jours, et l'on devra soumettre les enfants surtout, à une hygiène sévère tant que les symptômes pulmonaires ne seront pas absolument éteints. Le danger de la bronchopneumonie chronique, celui de la tuberculose devra toujours être présent à l'esprit du médecin. Nous ne pouvons que renvoyer nos lecteurs aux articles consacrés à la bronchopneumonie en g-énéral pour plus amples détails sur ce point.

Autres complications septiques

On a signalé ég-alement quelques exemples de pleurésie morbilleuse, indépendants de toute bronchopneumonie. La plupart du temps ce^ pleurésies sont sérofibrineuses^ et leur épanchement modéré, elles se terminent par résolution. Il est difficile de savoir quelle est leur nature, aucun examen bactériologique n'ayant été fait. Sont-ce des pleurésies tuberculeuses, ou des pleurésies septiques, on ne

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sait. Le doute à ce sujet est d'autant plus permis qu'un certain nombre d'observations ne mentionnent que des épanchements séreux, observés sur le cadavre, sans qu'il soit fait mention de l'état inflammatoire ou non de la séreuse.

Ces pleurésies ont été observées chez l'adulte et chez l'enfant, elles ont paru plus fréquentes dans certaines épidémies et se sont montrées dans le cours de l'éruption ou dans les quinze jours qui la suivent. Elles ont accompaj^né, de préférence, des rougeoles graves ou à rechute.

Leur svmptomatolog-ie est obscure, et la plupart du temps c'est par hasard qu'on découvre, par l'examen méthodique, l'existence d'un léger épanchement chez les malades. (Ces faits ont été signalés par Barthez).

A la suite de la pneumonie et de la bronchopneumonie, on peut naturellement observer des pleurésies qui ont les caractères des pleurésies métapneiimoniqiies : séreuses ou purulentes. L'influence de la rougeole est ici bien effacée (i), et l'évolution de ces pleurésies est liée à la virulence des microbes septiques qui leur ont donné naissance.

\jÇis> pleurésies purulentes sont consécutives à la rupture de vacuoles dans la plèvre, ou au voisina^-e de foyer de gangrène pulmonaire.' Elles n'ont rien de particulier dans leur marche, étant donnée leur nature.

(1) Voir B\ui>iN. Thèse de Paris, 18^35. Coniplicntion de la rougeole, 5 cas de pleurésies purulentes — et DiiCHA.NT, 1842 : Rougeole rompUqiiée.

COMPLICATIONS DE LA ROUGEOLE lOO

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