II. — Autres localisations de la gangrène
En dehors des çang-rènes de propag-ation qui peuvent se développer consécutivement au noma, on peut observer des foyers primitifs de même nature : à la vuhe, sur lu peau, dans le poumon. Ils peuvent exister seuls, mais plus souvent se montrent associés entre eux, et en particulier avec le noma.
Le début, la marche des accidents ont la plus complète analogie avec ce dernier.
A la vulve, la g-angrène se montre d'abord à la face interne des lèvres sous forme d'une phlyctène noirâtre, laissant bientôt à sa place une ulcération qui peut également être primitive. De là, le sphacèle s'étend vers la racine des cuisses, ou vers le périnée, la rég-ion de l'anus et des fesses.
Sur le tégument externe, où, d'après Henoch, elle serait plus fréquente que partout ailleurs, elle se montre sous forme de plaques intéressant l'épiderme, le derme, le tissu cellulaire sous-cutané. On le rencontre sur la peau du ventre, des bras, des fesses, sur le pavillon de l'oreille, sur les narines, sur la verg-e. A l'oreille, elle s'observe quelquefois à la suite d'une otite ou de la carie du rocher.
La gangrène pulmonaire est le plus souvent consécutive au noma : elle est exceptionnelle à l'état primitif ou isolé. Il est parfois difficile de la soupçonner cliniquement en raison des phénomènes
iGo COMPLICATIONS DE LA ROUGEOLE
putrides dont la bouche est le sièg"e et qui peuvent en masquer les symptômes, surtout s'il s'ag^it de très jeunes enfants. Dans le cas contraire, les caractères objectifs et microscopiques de l'expectoration, l'existence de signes pulmonaires fonctionnels et physiques, etc., pourront la faire soupçonner. Son apparition est en ç^énéral d'un très fâcheux aug"ure.
Elle est le plus souvent la conséquence d'une bronchopneumonie soit primitive, soit consécutive à l'introduction dans les voies aériennes des liquides putrides provenant de la bouche. En l'absence du noma, on la voit se montrer dans les cas de foyers gang-réneux multiples, et alors elle apparaît, soit comme la conséquence d'une embolie septique, partie des foyers gang-réneux, soit comme une localisation d'emblée et contemporaine du même processus sur le poumon et sur la peau.
Dans certains cas, elle s'est développée en même temps que l'éruption, et a paru alors directement sous l'influence de celle-ci. (Tarrius.) (i).
Exceptionnellement (2) elle s'est montrée comme accident terminal dans une tuberculose pulmonaire^ antérieure à la rougeole, et dont l'évolution avait été hâtée du fait de la fièvre éruptive.
(!) Th. de Paris, 18H(J.
<2) Barié. — Article Gangrène dti poumon. Dict. Encycl., t. XXVII, 2* série, p. 228.