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résistance très amoindrie à l'instrument tranchant : toutes les parties mortifiées ayant été soigneusement enlevées, il n’y avait aucune trace de suppuration. Il est bien évident que dans ce cas, ni ia perte de sensibilité, ni l’infection ne pouvaient être incriminées,
Lésion de la peau et modifications de ses annexes «
Elles consistent parfois en des ulcérations cutanées, dont rien ne faisait soupconner la brusque apparition. Le pied exploré se révèle indemne, les tendons sont nets,
la cicatrice opératoire ne présente rien d’anormal, la pal-
pation ne dépiste aucun névrome, et cependant !» cheval boîte. Au bourrelet, à la couronne, l’on note up suintement cutané et la formation d’ulcères profonds, à bords nets. Il n’y à pas de prurité. Dans d’autres circonstences le suintement cutané a pu faire place à une véritabl® mortification. cutanée qui pousse des bourgeons grisâtres, ternes, d’où s'écoule un pus séreux, mal lié.
En médetine humaine, l’on rencontre au niveau de la peau des lésions d’origine trophiques, analogues à elles que, nous venons de signaler. Achard écrit « que même « si lon isole les troubles vasomoteurs et sécrétoires, « lon voit fréquemment au cours des affections nerveuses. «des lésions trophiques des téguments. Il apparait des « érythèmes s’accompagnont d'un certain degré d’inflam- « mation des tissus, revêtant une allure tenace?, aboutis-
« sant à lépaississement et à l’altération profonde ds
« parties attemtes. » Mais on note également des érun-
tions, des ulcérations arrondies à fond pâle et atone, à
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bords amineis ; « parfois ces u'cérations donnent t'illu- « sion d’une guérison prématurée parce qu'un? mince « pellicule cicatricielle les recouvre, mais elles p'uvent « aussi prendre l’aspect typique du mal perforant. Eîles « succèdent souvent à des eschares, celles-ci $s? mor- « trent de préférence à la pulpe des doigts, des orteils. »
Mais cts différentes manifestations, signalés chez homme comme tenaces, semblent chez le chevi! rétrograder facilement devant une médication simple, t:Te que l’antisepsie et la cautérisation. L’analogie devi-rt encore plus frappante si l’on envisage Its plaies de décubitus chez l’homme et l’animal, eschares à évolution très rapide qui peuvent être considérées comme 1: type des troubles trophiques de la peau. Il exist: encor? chez l'homme des eschares dites chroniques par oppcsitior aux précédentes dites aiguës. Elles s: produisent au. niveeu des régions exposées soit aux frottements, soit à 11 pression. La section expérimentale du sciatique ch?z le lapin et le ehien'est aussi suivie d'accidents se manifestart là où s’exercent plus particulièrement d°s frottements, on enregistre des ulcérations profondes.
Enfin, soit chez l'homme, soit chez le cheval, l’on relate des eczémas : l’eezéma constitue l'accident le plus « impré- .« vu de la névrotomie ». M. le professeur Cadéac en à donné une excellente description dans un article publié dans le journal de l’école de Lyon. Nous la résumerons succintement : Il se développe toujours au niveau des parties énervées, au niveau de la couronne, du paturon et du canon, sur les faces latérales. Il n’a jamais été observé dans les 25 premiers jours suivant l’opération, il peut persister plusieurs mois ou disparaître après quinze jours
de traitement. Sa ténacité serait du£g à un prurit intense, qui incite le malade à se frotter où à se mordre. IT est limité, affecte une plage circulaire de la grandeur maxima d’une pièce de cinq francs ou légèrement allongée. Son siège est immuable, que l’on ait pratiqué la névrotomie plantaire où la résection du médian. |
Au point de vue macroscopique, il se montre comme une Simple plaque eczémateuse, dépilée, suintante, ou prend au contraire l'aspect résiculeux où pustuleux et donnant l'impression très nette que l’on a affaire à toute une série de petites plaques eczémateuses distribuées sur le trajet des trois nerfs sectionnés. L'on Songe tout naturellement à rapprocher ces lésions de celles observées chez l’homme dans le zona : « Le zona, disent Le Dentu «et Delbet », se présente parfois dans sa forme typique à Ja suite de plaies des nerfs. « Les éruptions peuvent « revêtir le type d’éruptions bulbeuses, pustules d’ecthy- « ma... ete. Weir-Mitchell a même signalé des lésions : « rappelant plus où moins fidèlement l’aspect de l£e- «€ zéma »). |
Un caractère important de cet eczéma sur lequel nous insisterons, c’est sa nature bien souvent prurigineuse, mais le prurit peut se manifester après des névrotomies, sans qu'il y ait nullement apparition d’eczéma, sans que l’on puisse invoquer les névromes, ces derniers étant très très rares et plus spécialement réservés à la névrotomie du sciatique, ni des névrites infectieuses. S'il en était ainsi, lon aurait pu Suivre dune part le progrès des “lésions le long du cordon nerveux, et: d'autre pert le prurit ne se serait pas localisé aux régions du pied, en dessous du point de névrectomie, Or il ne se manifeste Jamais qu'à l'extrémité du membre,
FANS CRE
Moussaron {1} signale au cours de ses observations personnelles le cas d’un cheval, âgé de 16 ans, atteint d’ostéite phalangienne au membre antérieur droit. Il pratique la névrotomie ; l'opération est faite suivant les règles d’asepsie voulues, il y à cicatrisation parfaite de la plaie opératoire, la boiterie disparait pour reparaitre brusquement avec congestion de l’extrémité du membre et forte chaleur du pied, puis apparition au niveau du boulet et du paturon d’un prurit particulièrement intense. L’animal réagit violemment à la douleur, se frotte contre les murs, se mord, arrache les pansements protecteurs appliqués, l’on doit l’attacher solidement à son ratelier, afin d'éviter l’automutilation. Ces symptômes durent cimquante jours, s’atténuent progressivement, et enfin disparaissent.
Dans une autre observation clinique analogue, le prurit, toujours très violent, s’est manifesté par crises alternant avec des périodes de calme ‘transitoire.
Sur un troisième sujet enfin, il observe, en outre du pruril, un trouble prononcé dans la sécrétion kératogène, il se forme de nombreux cercles sur le sabot et les symptômes persistent au-delà de quatre mois.
Moussaron rapproche ces phénomènes de ceux décrits dans la « Causalgie humaine ». Weir-Mitchell, décrit cette affection dans le traité des lésions des nerfs. Il la croit due à une névrite ascendante. On l’observe à la suite de plaie nerveuse, elle provoque des douleurs comparables « à la sensation d’onglée ou d’engelures ».
({i Thèse doctorat vétérinaire 1925, Considéralions sur l'origine de quelques troubles pathologiques consécutifs à la mésoneurestomie,
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De nombreux cas ont pu être relatés au cours de la guerre, qui offrit à l'observation les sections nerveus?s les plus diverses. De facon générale on notait les symptômes suivants . « à la suite d’une paie pénétrante d’un « membre, le supérieur ordinairement, le blessé a ressenti une douleur caractéristique dans l'extrémité du « membre atteint : picotements, fourmillements. Il y a augmentation rapide de la douleur, sensation de brüû-
« lure intolérab'e dans la pulpe des doigts et la peau de
« Ja main, avec crises paroxystiques. Le malade, sous « l'influence de cette douleur atroce. devient craintif,
« anxieux, fuyant tout bruit et tout contact. » Enfin l’on voit apparaître des atrophies des doigts, des troubles de croissance des pcils et des ongles, la Peau peut devenir sèche et luisante : en un mot l’on observe des troubles trophiques.
La ressemblance entre l'affection prurigineuse signalée chez le cheval par Moussaron et la causalgie humaine semb'e on ne peut plus parfaite. Son troisième sujet n’at-il pas présenté lui aussi, après un prurit intense, des troubles trophiques au niveau du sabot ?
Doit-on envisager causalgie et troubles trophiques comme des manifestations de pathogénie différente ? Il est bien tentant de les rapport:r aux mêmes causes originelles, l'étude succinte des troubles trophiques, tels qu’on les considérait il n’y à pas encore bien longtemps, et celle de la causalgie vont le montrer.
Arloimg et.Tripier, ont beaucoup expérimenté, sans toutefois reproduire les troubles (rophiques qu'ils auraient désiré constater. Tous les troubles trophiques observés chez l'homme <e rencontrent chez le cheval, mais ils n’ap-