‹ Les Complications des Névrectomies chez le ChevalChapitre 24 sur 26 · PR DU · texte numérisé non relu

PR DU

nerfs périphériques sans que l’on puisse noter pourtant aucune lésion médullaire. L'atrophie serait donc d’origine réflexe, dépendrait d’un retentissement d’une lésion locale sur la moelle et ce, qu’il s'agisse d’atrozhi2 musculaire ou osseuse. Ainsi S’expliquerait l’atrophie musc'laire des fessiers, l’asymétrie de la coupe et de lilium que l’on observe dans l’ostéoarthrite du jarret chez le cheval.

Pour les autres troubles trophiques, l’on s2 contente de rendre responsables les altérations anatomiques soit du cerveau, soit de la moelle, soit des nerfs périphér:ques que l’on surprend sans ériger aucune règle.

Mais, ne faut-il pas reconnaître aussi que les troubles trophiques peuvent anparaître sans suppression de l'influx nerveux, comme d’ailleurs, les névrotomies ne suffisent pas à les produire ?

Dercche, expérimentant chez le chien et le lapin, observe, « après une arthrite double provoquée, une atro- « phie du côté non opéré ».

Les microorganismes enfin entrent souvent en scène, IIS viennent là, travailler sur un terrain qui, nous l'avons vu, leur à été préparé. Ce rôle parait évident dans la production des arthrites aiguës dans l’hémiplégi®. L? mal perforant lui-même ne relève-t-il pas d’une théorie trophcinfectieuse ? Nous avons, au paragraphe intitulé : « chut? du sabot », montré avec quelle facilité l'infection pouvait S'installer après la névrotomie, et le professeur Cadéac rapporte plusieures observations Ge décollement de la paroi après névrectomie par un processus infectieux, Sans que on puisse meriminer des traumas ou blessures‘ptr négl'gence, l'animal opéré ayant toujours été laiss$ au

repos absolu,

Tr

Actuellement, si l’on ne nie pas encore l'existence de centres trophiques, se basant sur le rôle des cellules des cornes antérieures de la moelle dans 1£s atrophies musculaires, l’on tend cependant de plus en plus à considérer les troubles trophiques, comme étant sous la dépendance du système sympathique.

D'ailleurs y a-t-il des conducteurs trophiques Spéciaux ? Samuel l’a prétendu saus pouvoir le démontrer. Nous l'avons déjà laissé entrevoir Gès le début de ce travail, la névrotomie chez le cheval, bien que portant exclusivement sur les faisceaux sensitivomoteurs, bien que respectant les vaisseaux puisqu'elle constitue une intervention chirurgicale voulue, n’est pas sans léser des fibres sympathiques. L’on ne croit plus que les nerfs sympathiques fournis aux vaisseaux dans la partie proximale des membres, y sont l’origine des plexus périartériels allant jusqu'à la périphérie. Il y a au contraire tout le long des troncs nerveux et à des niveaux plus ou moins régulière ment espacés, et qui descendent très bas, des filets sympathiques qui s’échappent pour aboutir aux artères. Kramer l’a montré. Tinel d'autre part, et nous l'avons déjà signalé, à attiré l'attention sur ce fait que plus l’on se rapproche de l’extrémité des membres, plus « les fibres « sympathiques ont tendance à se condenser dans les « troncs nerveux, à abandonner les gaines périvascu- « aires ». :

Voyons maintenant ce qu'est la causalgie. C'est une affection connue depuis longtemps. Le professeur Ltriche, de Strasbourg, dit qu'il y a toujours à la base une irritation dela gaine sympathique qui accompagne les vais- . Seaux. Il traite avec succès la causalgie par la dénudation

NU die

et l’ablation des plexus nerveux périartériels « les phéno- « mènes de douleur, de cuisson qui apparaissent, dit-il, « ne sont que l’expression d’une névrite smpathique ».

Tinel constate des cas de causalgie provoquée par plaies des nerfs périphériques, du médian, du sciatique, du tibial postérieur, du cubital ; il la distingue nettement des névrites des troncs nerveux, il en fait « un syndrôme « essentiellement sympathique, la dit constituée par un « véritable arc réflexe sympathique, une excitation dou- « loureuse réflexe centripète et réaction centrifuge à for- «me : vasomotrice, trophique… ete. » « Le point de « départ de l’excitation douloureuse, écrit-il encore, peut « Se trouver dans la lésion nerveuse elle-même, lorsque «le nerf contient des fibres sympathiques. »

N'est-ce pas là précisément le cas qui nous occupe ? La névrotomie chez le cheval ne réalise-t-elle pas en tout point la lésion du nerf contenant des fibres sympathiques ? L’analogie envisagée par Moussaron entre la causalgie humaine d’une part, et les zones très prurigineuses observées sur les boulets et paturons des animaux névrotomisés, semble parfaite tant au point de vue de la cause déterminante qu'au point de vue de la symptomatologie : des deux côtés, .en effet, il y a douleur intense vasodilatation du côté lésé, crises de paroxysme avec alternances de périodes de calme, apparition enfin de troubles trophiques. Re 4

Il n’est pas nécessaire d'admettre, comme le veut Moussaron, « que la sclérose cicatricielle entourant la plaie « nerveuse irrite les ramifications sympathiques du porte « nerf qui est l'artère nourricière médiane, et que ce « sympathique réponde par un déséquilibre vasomoteur

LME

« influençant la périphérie du membre ». Vu la distribution actuellement connue du système sympathique la section pure et simple du gros faisceaux nerveux sensitivomoteur suffit à l'explication de ces phénomènes.

La névrotomie done, en médecine humaine comme en médecine vétérinaire, nous a permis d'étudier et des troubles vasomoteurs et une affection décrite sous le nom de causalgie que nous rencontrons en somme identique à elle-même chez le ch£val. Il reste les troubles trophiques proprement dits.

Dans les troubles vasomoteurs et la causalgie, nous avons vu que l’on peut dégager un facteur sympathique. Faut-il continuer à considérer le mécanisme des troubles -trophiques comme une question en suspens ? Charcot a écrit qu'ils n'étaient pas en général conditionnés par l’absence d'action des différentes parties du névraxe, mais qu'il fallait les considérer plutôt comme la conséquence « de l'irritation que subissent dans certaines conditions « soit les nerfs périphériques, soit les centres nerveux. »

Mais puisque ces troubles trophiques, particulièrement en médecine vétérinaire, où l’on pratique fréquemment les névrotomies, se manifestent après des lésions identiques à celles qui provoquent les troubles vasomoteurs et la causalgie, puisque ces troubles trophiques apparaissent simultanément aux troubles vasomoteurs et à la causalgie pourquoi ne leurs accorderait-on pas à eux aussi une origine sympathique ? Le Dentu et Delbet, dans leur traité de chirurgie, disent d’ailleurs : que les troubles vasomoteurs, trophiques, sécrétoires résultent de la section des fibres sympathiques.

Dès lors les troubles trophiques ne sont plus que des |

OP

phénomènes surajoutés de névrites sympathiques venant compliquer une lésion traumatique.

Avant de passer aux troubles trophiques des annexes de la peau il ne nous reste plus qu’à signaler certaines modifications observées en médecine humaine et que l’on. a pu noter également chez le cheval : pour le tissu Sous-cutané ce seront des œdèmes, pour la peau elle-même de la sclérodermie, de la dermatie exfoliatrice, l’épiderme s’exfoliant en larges plaques ou sous forme de productions cornées.

Modification des annexes

Chez le cheval comme chez l’homme encore on observe des dépilations, où au contraire une pousse exagérée des poils, parfois nettement localisée au niveau du nerf sec-

tionné. Chez l'homme on signale des pelades, on a vu

même une pelade s'installer à la suite d’une émotion violente. La section du sciatique chez le lapin provoque presque toujours la chute des poils dans un territoire plus ou moins limité, mais ils repoussent avant même que le nerf ait eu le temps de se régénérer. La section des premières paires cervicales détermine l'apparition de plaques alopéciques chez le chat et le lapin dans le territoire des nerfs o6Cipitaux. Les poils enfin peuvent simplement changer de couleur, devenir minces et Cassants.

Les ongles chez l’homme subissent aussi des altérations après la section des nerfs, ils s'épaississent, il apparait des Stries longitudinales, souvent ils se recourbent en

Page 1