CHAPITRE II
Complications urinaires au cours de l'opération
Si l'envahissement des voies urinaires par le cancer du rectum se traduit chniquement par des signes physiques et fonctionnels qui permettent de les diagnostiquer, il
ne faut pas oublier qu'en matière de cancer on voit souvent moins qu'il ny a en réalité. De telle sorte qu'une opération entreprise avec l'idée de faire une amputation pure el simple du rectum peut se terminer par une réséclon plus où moins étendue de la prostate ou de la vessie.
En effet, si l'on veut faire une opération radicale, il faut dépasser les limites du mal et, pour cela, le chirurgien sera conduit parfois à créer de véritables complications urinaires.
À côté de ces complicalions volontaires, il existe des lésions accidentelles et il suffit d'assister à l’exérèse d’un néoplasme du rectum pour se rendre compte des difficultés qui peuvent présider à cette opération.
Les rapports du rectum avec la vessie, les uretères, l'urètre déjà intimes normalement, le sont plus encore du fait des adhérences ou de l'extension de la tumeur.
Le chirurgien est obligé de travailler au fond d’une sorte de puits plus ou moins profond, gêné par les hémorragies qu'explique la riche vascularisation du rectum, parfois entravé par un défaut d'abaissement de l'organe, toujours ignorant des modifications de rapports possibles en pareil cas. Î est facile de concevoir que, dans ces conditions, la blessure des organes urinaires soit un accident possible sans qu'il soit besoin pour cela de prononcer le mot de maladresse.
. a) Ablation de la prostale. — Nous empruntons à la thèse de M. Chalier le passage suivant : « La technique de l'amputation prostato-rectale est des plus simples. Le seul écueil à éviter, c'est l'ouverture de l’urètre, qui peut être l'occasion de fistules urinaires rebelles. C'est pourquoi, lors de la libération antérieure du rectum, on inci-
ns sera à pelits coups prudents le muscle recto-urétral. se répérant alors exactement sur la direction de l'urètre dans lequel on aura préalablement placé un cathéter résistant et de gros calibre, on sectionnera petit à petit et de bas en haut la prostate en se tenant parallèlement à l'urètre, à quelques millimètres en arrière de sa face postérieure. IL est préférable de pratiquer une ablation prostatique très incomplète, quitte à faire après une recoupe, que de tailler trop vite et trop large sans se soucier de l’urètre ni de la vessie. Dans quelques cas, on arrive à extimper la totalité de la glande et à peler véritablement l’urètre, qui ne conslitue plus qu'un canal grisâtre et mince, distendu par le cathéter et presque transparent. »
Ces résections prostatiques sont indiquées lorsqu'on trouve, au cours de l'opération, une union intime du néoplasme et de la prostate. Parfois, nous l'avons vu, cette union résulte d'adhérences inflammatoires: mais, dans l'ignorance où l'on se trouve de ce fait et vu l'impossibilité de vérifier sur-le-champ la nature de ces adhérences, il vaut mieux être plus prudent et dépasser autant que possible les limites apparentes du cancer.
OBsERvATION XXV
(BÉRARD. — In thèse A. Chalier.)
Cancer ampullaire adhérant fortement à la prostate. Opération en deux temps. Cæcosiomie, puis large amputation .proslalo-rectale, Fistule urinaire consécutive. Guérison fnaintenue un an après.
Pierre D..., 54 ans, 4isseur.
Deuxième temps. —— Anesthésie au kélène-éther, position très inclinée, suture en bourse de l'anus, incision circulaire