‹ Les Complications Gastriques de la PhrénicectomieChapitre 12 sur 48 · ÉTUDE ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE ANATOMIQUE

Jusqu'en 1925 aucune recherche n’avait été faite sur l'anatomie pathologique du diaphragme après phrénicectomie. C’est alors que MEISEZAHL rapporta l'observation de l’autopsie d’une malade phrénicectomisée cinq mois avant sa mort. [Il décrivit la moitié paralysée du diaphragme comme une membrane mince, blanchâtre, translucide, contrastant avec l’épaisse musculature rouge de l’hémidiaphragme opposé. Au point de vue histologique, il ne trouva que quelques fibres musculaires atrophiées. Il examina les insertions du diaphragme à la douzième côte et trouva que l’atrophie était aussi prononcée qu'ailleurs. On trouve dans la littérature quelques rapports de ce genre, notamment ceux de GLASER, DOERLING, TENNANT, FERGUSSON.

Pendant les cinq dernières années, de nombreuses études expérimentales ont été publiées, décrivant les effets de la phrénicectomie chez le chien. SCHLAEPFER, LEMON et ANDRÉI ont décrit une atrophie uniforme de l’hémidiaphragme paralysé: la ligne de démarcation entre les moitiés du diaphragme normal et paralysé était ingénieusement définie par la ligne médiane chez tous les animaux examinés. Ce qui prouverait que, chez le chien, un phrénique innerve un hémidiaphragme et que l’hémidiaphragme est innervé au point de vue moteur, uniquement par le nerf phréni-

que. ANDRÉ: fit de plus quelques examens chez l’homme.

Mais jusqu'ici, les examens chez l’homme ont été très peu nombreux. Néanmoins nous avons pu nous procurer le rapport du Docteur STANBURY, de Hamilton, qui, au Mountain Sanatorium, en 1032, a fait l’autopsie de onze tuberculeux phrénicectomisés morts de trois semaines à six ans après l’opération. Ce rapport étudie en détail l'anatomie pathologique du diaphragme: nous nous en sommes beaucoup inspiré pour établir ce chapitre de l’anatomie du diaphragme après phrénicectomie.

Anatomie

STANBURY rapporte le cas d’une malade, morte subitement trois semaines après phrénicectomie droite. Il fit à l’autopsie les constatations suivantes: « La moitié droite du diaphragme, paralysée, s'élève en un dôme régulier jusqu’au niveau de la quatrième côte. La moitié gauche s'élève dans le cinquième espace intercostal. L’hémidiaphragme droit a une couleur rose pâle contrastant avec la musculature rouge du côté opposé. Il est nettement aminci et mesure 3 millimètres d'épaisseur, alors que le muscle sain du côté opposé mesure 5 millimètres ».

Divers autres examens du diaphragme, faits de quatre mois à six ans après l'opération révèlent un diaphragme paralysé, atrophié, que nous allons décrire en quelques lignes. Le diaphragme paralysé se présente comme une membrane pâle, translucide, semblable à du parchemin. Sa pâleur contraste d’une manière frappante avec le muscle rouge foncé du côté opposé. La ligne de séparation entre la moitié para-

lysée et la moitié saine correspond rigoureusement à la ligne médiane qui joint le sternum au tronc œsophagien. Dans quelques cas cependant, on trouve quelques fibres musculaires à peine déformées au niveau de cet orifice.

Quand on compare les deux hémidiaphragmes, on trouve que la portion paralysée a le quart ou le tiers de l'épaisseur du muscle sain. À travers cette membrane, on peut voir distinctement les organes sousjacents.

Histologie

Dès la troisième semaine après la phrénicectomie, on à pu constater des changements histologiques: ceux-ci sont caractérisés par une dégénérescence des fibres musculaires: elles sont d’une matière générale plus petites que celles du côté opposé. Les noyaux semblent s'être accrus en nombre, ils varient considérablement en grandeur et en forme: certains, globuleux avec une structure nucléaire bien définie, d’autres allongés et hyperchromatiques. Il n’y a pas de prolifération du tissu périmysial. Les dépôts interstitiels adipeux sont accrus et on note une infiltration graisseuse entre les fibres musculaires elles-mêmes.

Au bout de quelques mois l’aspect histologique est assez différent. Le muscle étant disparu dans sa grande partie, on ne voit plus que quelques fibres irrégulières et rétrécies, séparées par du tissu fibreux conjonctif. Les noyaux varient considérablement en grandeur et en forme: ils sont petits, allongés, hyperchromatiques, formant une chaîne granuleuse le long

du sarcolemne. Dans quelques cas, il n’existe plus aucune fibre musculaire, et une mince couche de tissu conjonctif fibreux, constitue toute l’épaisseur du diaphragme.

Dans tous les cas, il existe un accroissement très marqué des dépôts interstitiels adipeux, et partout l'on voit de la graisse s’infiltrer entre les fibres atrophiées. Jamais, dans ses examens, STANBURY n’a trouvé de prolifération du tissu périmysial conjonctif. Il est d'accord à ce sujet, avec LEMAN, qui fit de nombreux examens semblables chez le chien. MEIsE- ZAHL, par contre, a décrit un accroissement du tissu fibreux conjonctif dans le diaphragme paralysé.

Au point de vue de la vascularisation, LEMAN n’a trouvé aucun changementdans les vaisseaux sanguins des diaphragmes paralysés de ses chiens. STANBURY, ne trouve aucun changement non plus dans les examens pratiqués moins d’un an et demi après la phrénicectomie. Mais les examens faits après dix-huit mois montrent un épaississement intime des vaisseaux : la lumière est rétrécie, la tunique interne est dédoublée et fragmentée.

Page 1