‹ Les Complications Gastriques de la PhrénicectomieChapitre 25 sur 48 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Lettre du Docteur TuRINI, de Sierre-en-V'alais (Suisse) à M. le Professeur M. PERRIN

« En 1934-1935, j'ai pratiqué à Montana vingt-cinq alcoolisations du nerf phrénique, dont seize à gauche et trente-deux phrénicectomies, dont dix-huit à gauche.

Sur ce total de trente-quatre interventions à gauche, j'ai eu une seule fois des troubles digestifs: il s’agissait d’une alcoolisation qui a donné une paralysie totale immédiate de l’hémidiaphragme avec une ascension de trois centimètres seulement. Les troubles consistaient en douleurs et pesanteurs après les repas.

La mobilité du diaphragme ayant commencé à se manifester de nouveau deux mois plus tard, mais avec conservation de l'élévation du diaphragme, les troubles digestifs se sont amendés, puis ont totalement disparu. Dix-huit mois après l'intervention, la caverne avait disparu et la guérison de la lésion tuberculeuse était totale.

Sur les vingt-trois interventions du côté droit (quatorze ectomies et neuf alcoolisations), j’ai observé après une ectomie de vives douleurs au niveau de l’hémidiaphragme correspondant où peut-être du foie, à l’occasion de mouvements aussitôt après les repas.

Pencher le buste en avant ou à droite produisait une douleur comparée à un coup de poignard. Le diaphragme complètement immobile, était remonté de deux centimètres seulement. Trois semaines après l'intervention, tout était rentré dans l’ordre sans aucun traitement.

Je pense qu’il faut préférer l’alcoolisation à l’ectomie, non seulement quond on veut conserver une base pulmonaire, mais aussi parce qu'en cas de troubles digestifs, ces derniers ont des chances sérieuses de disparaitre avec la reprise de la fonction et de la tonicité du diaphragme. Quoique peu fréquents et pas toujours de signification grave, il vaut mieux ne pas exposer le patient à des douleurs et à des troubles qui peuvent être définitifs après l’ectomie, si on a la possibilité d’arriver au but avec une alcoolisation.

Depuis que j'injecte le nerf sur une longueur de quatre à cinq centimètres, j'ai des paralysies qui durent de douze à vingt-quatre mois et plus. Je ne sais pas si celles qui durent depuis plus de deux ans feront place à une reprise de la fonction. Je le crois probable, mais je ne puis encore l’affirmer, tandis que des reprises de mouvements après douze, quinze ou Gis-huit mois ont été constatées ».

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