‹ Les complications médullaires des leucémiesChapitre 20 sur 33 · SAT UES · texte numérisé non relu

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mique sont absolument normales. La sensibilité profonde est par contre altérée. Le sens des attitudes segmentaires est troublé au niveau du gros orteil des deux pieds.

Il n’y a pas d’ataxie notable, pas de signes cérébelleux, mais il existe des troubles sphinctériens (miction difficile).

La ponction lombaire montre l’absence de blocage : la tension du liquide céphalo-rachidien passe de 35 à 50 après compression des veines jugulaires. L’examen du liquide céphalo-rachidien donne le résultat suivant : 0,2 élément blanc par mm#; albumine: 1 gr. 20/1.000. Réaction de Bordet-Wassermann : négative.

La radiographie du rachis ne montre rien d’anormal

Une ponction de la rate montre la transformation aiguë de cette leucémie avec présence de cellules souches.

Le 10 juin le malade subit une séance de radiothérapie sur là moelle dorso-lombaire, puis, une deuxième séance, on constate une amélioration immédiate du syndrome neurologique : les troubles moteurs ont régressés, les phénomènes douloureux et les troubles sphinctériens se sont nettement atténués. L'amélioration s’accentue les jours suivants.

Cependant la température, qui était restée normale, s'élève au 15 juin, à 40° .Le 22 on constate une éruption généralisée de papules et le malade meurt le 23.

L’autopsie des viscères confirme le diagnostic de leucémie .L’étude de la moelle et de ses enveloppes fournit des renseignements importants.

Toute la face postérieure du fourreau dure-mérien spinal présente un épaissisement considérable, atteignant par endroits 6 à 8 mm., formé d’un tissu de consistance ferme. On n’y observe à la coupe aucun point ramolli, aucun infiltrat hémorragique. Cet épaississement qui double la dure-mère spinale laisse indemne sa face profonde, il n’existe pas de fusion entre la moelle et la duremère épaissie. En certains points, en particulier dans la

région dorsale l’épaississement est presque circonférentiel. Les racines sont incluses dans les lésions de pachyméningite mais ne paraissent pas présenter d’altérations notables. Au point de vue histologique l’aspect de la méninge épaissie consiste en un feutrage anormalement épais de fibres collagènes, les fibroblastes sont peu nombreux. En certains points, en particulier au niveau de la région cervicale basse on peut déceler des infiltrats cellulaires formés surtout de myéloblastes, accessoirement de lymphocytes. Sur des préparations colorées à la méthode de Weïiggert on découvre des lésions médullaires myéliniques encore peu intenses mais indiscutables et siégeant presque exclusivement sur la région dorsale haute. Les régions dorsales moyennes et lombo-sacrées sont indemnes. La dégénérescence médullaire rappelle d’une manière frappante ce qu’on observe dans les scléroses anémiques médullaires. Grossièrement il s’agit d’une sclérose combinée frappant presque exclusivement les cordons postérieurs et latéraux. Les faisceaux de Burdach et de Goll, la voie pyramidale croisée, les faisceaux spino-cérébelleux sont irrégulièrement atteints. La dégénérescence se manifeste sur un mode brutal avec éclatement des tubes myéliniques.

Il n'existe aucune infiltration myéloïde ou lymphocytaire dans les cordons médullaires, pas de parallélisme entre les lésions de pachyméningite et de sclérose médullaire. Ces deux processus paraissent évoluer d’une manière relativement indépendante.

OBSERVATION V (H. ROGER et J. OLMER, 1935.)

Homme de 41 ans, entré à l’hôpital pour anémie grave le 22 mai 1935. Il fait remonter ses troubles au mois de novembre 1934. En bonne santé jusque-là, il a commen-

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