PRONOSTIC
Le pronostic ne nous retiendra pas longtemps. En effet, jusqu'ici, dans tous les cas connus, le pronostic s’est toujours révélé fatal à bref délai.
Le pronostic devrait être évidemment considéré comme toujours fatal si l’on admettait la conception de P.-E. Weil, suivant laquelle les complications médullaires ne peuvent apparaître qu’au cours d’une leucémie aiguë ou d’une complication aiguë d’une leucémie chronique.
Mais, même si l’on n’admet pas cette théorie, le fait demeure que l’apparition d’une complication médullaire au cours d’une leucémie a toujours précédé de peu la mort. On pourrait objecter que le petit nombre de cas connus ne permet pas de tirer de conclusions certaines, mais on ne peut cependant manquer d’être frappé du fait qu'aucune rémission de quelque durée ne peut être signalée, alors que la plupart des autres localisations pathologiques des leucémies chroniques sont cependant sensibles, au moins temporairement à la thérapeutique radiothérapique. Le pronostic sera particulièrement mauvais devant une paraplégie flasque apparue brusquement, accompagnée précocement d’escarres étendues. Dans ces conditions, il est à prévoir que la mort surviendra dans un délai de quelques jours à une ou deux semaï-
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nes. Le pronostic sera également très mauvais, à bref délai lorsque les symptômes témoigneront d’une évolution ascendante vers un syndrome de Landry. Toutes ces remarques s’appliquent aux complications médullaires survenant au cours des leucémies chroniques, car, bien entendu, au cours d’une leucémie aiguë, c’est le pronostic de la leucémie elle-même qui l’'emportera en gravité sur le pronostic de l’atteinte médullaire.
Mais même lorsqu'on verra survenir des phénomènes douloureux au cours d’une leucémie chronique, on devra malheureusement prévoir que l’évolution se fera vers la mort avec un délai qui peut être raccourci brusquement par l’apparition d’une paraplégie flasque d’allure aiguë, mais, qui même avec une marche plus lente, ne dépassera pas deux ou trois mois. C’est du moins la conclusion que l’on peut tirer des observations que nous connaissons. Ceci n’empêchera pas toutefois d’essayer une thérapeutique radiothérapique, et, il est à souhaiter que de nouveaux cas d’évolution moins grave permettent d’envisager le pronostic sous un jour moins sombre.