Niéthodes mon chirurgicales
Beaucoup plus intéressantes sont les méthodes prophylactiques mon chirurgicales. Nous dirons même qu'elles sont toujours d'actualité et qu’elles représentent peut-être l'avenir thérapeutique des complications méningées.
«) DÉSINFECMON DES CAVITÉS DU NEZ ET DES OREILLES. — Cette methode qui fut une des premières en date
ns
est toujours employée avec succès. A chaque fracturé de la base il est nécessaire d’enlever les caillots sanguins du nez et des oreilles, de faire des instillations d'huile goménolée à 2/10 dans le nez et de mettre des tampons imbibés de désinfectant dans les oreil- Is On peut, du reste, compléter cette prophylaxie par des gargarismes avec de l’eau oxygénée diluée.
Que dire de cette méthode ? Elle est essentiellement logique, étant donnée létiologie des complications méningées, et on lui doit certainement beaucoup
pour les avoir évitées dans bien des cas.
b) LA SÉROTHÉRAPIE PRÉVENTIVE. — (C’est une thérapeutique que de nombreux chirurgiens pratiquent d’une façon courante et grâce à laquelle ïls ont obtenu des résultats remarquables.
Vuillet injecte préventivement 10 cc. de sérum antistreptococcique et 10 cc. de sérum antiméningococcique : sur 200 cas de fractures de la base non traitées préventivement il constate 15 cas de méningite, au contraire sur 188 cas auxquels il fait de la sérothérapie prophylactique il ne voit pas une seule complication méningée.
A Lyon, notre maître Desjacques, chirurgien du service de Porte de l'Hôtel-Dieu, a, plus que quiconque, l’occasion de voir des fractures du crâne. A toutes, préventivement, il fait 10 cc. de sérum antistreptococcique, 10 cc. de sérum antipneumococique et il n’a pas constaté de complications méningées ; sauf cependant une fois, et le cas en est d’autant plus troublant, que cette fracture était entrée dans son
service pendant son absence et qu'on ne lui avait pas fait de sérothérapie préventive.
Lecercle signalait dej en 1955 que sur 17 fractures de la base qu'il avait vaccinées au Propidon (4 cc. à trois reprises à deux jours d'intervalle) aucune n'avait présenté de complications méningées.
Que faut-il en penser ? Il est certain que la prophylaxie par la sérothérapie à modifié énormément la fréquence des meéningîtes post-traumatiques, cependant leur proportion étant très faible on ne peut juger de l'efficacité que sur un très grand nombre de malades ; d'un autre côté, dans l'observation II que nous rapportons, Pierre Lombard a fait préventivement du Propidon, le malade a cependant fait une méningite aseplique ; dans l'observation IX, P. Wertheimer avait vacciné son malade au Delbet, il fit toutefois une méningite grave, mais dans ces deux cas les malades ont guéri. Et le problème se pose toujours de savoir S& cette méthode prophylactique n'a pas modifié l'évolution de complications meningces de telle sorte que l’affection a été curable par la suite.
€) La PROPHYLAXIE PAR LES SULFAMIDES, — L'évolution favorable que l'on à pu provoquer par la sérothérapie nous amène à nous demander si celle-ci ne pourrait être encore renforcée par les sulfamides dont l'action dans toutes les infections s’est montrée Si efficace. Comme nous le verrons plus loin, ils ont permis de guerir des meningîites déclarées en dehors de toute thérapeutique interventionniste, il est logi-
Ses
que de penser que faits préventivement ils diminueront encore la proportion de complications méningées si redoutables ; malheureusement l’expérience qu'on peut en avoir est encore trop récente pour pouvoir l’affirmer, cependant avec notre maître P. Wertheimer nous préconiserons cette méthode que l’avenir jugera.