‹ Les complications nerveuses de la rougeoleChapitre 12 sur 36 · III. — LES FORMES MENTALES · texte numérisé non relu

III. — LES FORMES MENTALES

Si dans la forme aiguë généralisée les séquelles psychiques sont assez fréquentes, il existe une forme mentale d'emblée. Ces psychoses, d'ailleurs plus

rares, se traduisent par un état de confusion men-

tale survenant vers le début de la convalescence, avec hallucinations, terreurs, agitation, insomnie, délire. Ces psychoses, à type de confusion mentale, ont en général un pronostic favorable; elles évoluent en quelques jours et guérissent sans séquelles.

On note assez souvent des signes pseudo-méningés.

OBSERVATION VII (M'e Riom) ,

G.., enfant de 8 ans, sans antécédents pathologiques, au douzième jour d’une rougeole de gravité moyenne et sans complications, manifeste brusquement des troubles psychiques. De son lit, il aperçoit une branche d'arbre chargée d’une grosse feuille, qui touche le toit de la verrière sous laquelle il est couché, et le regard fixé sur cette branche que le vent agite, il l'interprète comme un être étrange, qui veut le tuer. Durant 48 heures, il s’agite, pleure et dit qu'il va mourir. Il crie, tente de fuir et on est obligé de le surveiller constamment. Durant la nuit, il ne cesse de délirer et de se plaindre. Si on l’interroge, il ne répond pas aux questions posées, raconte des histoires fantasques, où la crainte de la mort revient à chaque instant.

L'apparition des troubles s'accompagne d’une légère élévation de température à 38°, 38°8. L'examen ne montre aucun signe neurologique en dehors d’une légère raideur de la nuque et de l’ébauche d’un signe de Kernig. On hésite à faire une

P.L., quand, durant la deuxième nuit, l'enfant cesse de crier et s'endort profondément. Le lendemain, la température est revenue à la normale; il est calme et souriant; il ne garde aucun souvenir de son délire et quitte le service.

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