‹ Les complications nerveuses de la rougeoleChapitre 28 sur 36 · LE LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN · texte numérisé non relu

LE LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN

Le liquide céphalo-rachidien a en général un aspect clair, eau de roche; il peut cependant être puriforme dans les formes méningées à réaction lymphocytaire très intense. La tension est souvent un peu augmentée.

A) Cytologie. — On note en général une mononucléose peu marquée: les chiffres oscillent entre 3 et 50 cellules par millimètre cube. Dans quelques cas cependant les mononucléaires sont au nombre de plusieurs centaines (650 dans l’observation de Guy-La- ROCHE). Leur nombre ne donne d’ailleurs aucune signification pronostique ou évolutive.

Quelques rares observateurs (DE LAVERGNE, Lucien GABIL) signalaient la présence de polynucléaires (80 % de poly pour 20 % de lymphocytes environ). D’après MusEr et HAUSER les polynucléaires pourraient s’observer seulement à un stade très précoce de l'affection et seraient très vite remplacés par les mononucléaires.

B) Germes. — Dans les cas typiques, l'examen bactériologique du L.C.R. est absolument négatif. Bien entendu, il en est tout autrement, lorsque, par exemple, il s'agit d’une méningite otogène ou tuberculeuse apparue à la faveur de l’anergie morbilleuse.

C) Albumine. — L'augmentation quantitative de l’albumine totale est un phénomène à peu près constant, mais cette hyperalbuminose reste habituellement

modérée ; elle oscille en général entre 0,40 et o gr. 90. Plus rarement le chiffre de l’albumine dépasse 1 gr. DurFouRrT en a rapporté quelques observations.

La présence des globulines est également très fréquente, la réaction de PANDY est souvent positive. f

D) Glucose. — La glycorachie est normale, ou bien il y a une certaine tendance à l’augmentation (0,60 à 1 gr.). Nous nous bornerons à faire remarquer l’analogie de ce résultat avec les constatations faites dans l’encéphalite épidémique. Nous n'avons pas trouvé d'observation avec dimintion nette de sucre rachidien.

E) Chlorures. — Le taux des chlorures oscille en général autour de la normale. Dans les cas de méningite lymphocytaire, ce caractère pourra servir parfois à faire le diagnostic avec la méningite tuberculeuse.

F) Réactions sérologiques. — Inutile de dire que la réaction de WASSERMANN est toujours négative, s’il ne s’agit pas d’une syphilis déjà préexistante.

Plus récemment MM. de LAVERGNE, ACCOYER, ont attiré l'attention sur les modifications de la réaction du benjoin colloïdal. Ils écrivent : « nous insistons sur les caractères de la réaction du benjoin colloïdal, que nous n'avons pas trouvée étudiée : au début, floculation dans les zones syphilitique et méningitique, puis rétrécissement progressif de la zone de floculation au fur et à mesure de l’amélioration ».

En nous appuyant sur des travaux réalisés depuis, (BrUCH), nous pouvons tenter aujourd’hui une inter-

prétation de ces modifications de la réaction du benjoin colloïidal.

Nous savons maintenant que la précipitation à gauche (zone syphilitique), est due à des globulines à point isoélectrique élevé. Ces globulines proviennent d’ailleurs de la désintégration du parenchyme nerveux. De la sorte, la précipitation à gauche dans les complications nerveuses de la rougeole, traduit tout simplement l'atteinte du tissu nerveux par le processus inflammatoire; cette atteinte parenchymateuse est d’ailleurs pleinement confirmée par les constatations anatomo-pathologiques exposées plus haut.

D'autre part, la précipitation à droite (zone méningée) est due à l’augmentation de l’albumine totale. Si cette hyperalbuminose provient pour une part de la libération des globulines par le parenchyme nerveux, elle est pourtant due surtout à un déversement des albumines sériques dans le liquide céphalo-rachidien, grâce à une augmentation de la perméabilité méningée, cette hyperperméabilité étant d’ailleurs symptômatique de l’atteinte inflammatoire des méninges.

Notons d’ailleurs à ce propos que les observations de MM. DE LAVERGNE et ACCOYER sont basées précisément sur un cas de méningo-encéphalo-myélite, où l’axe nerveux est intéressé au même titre que ses enveloppes.

Le rétrécissement de la zone de floculation du benjoin au fur et à mesure de l’évolution de la maladie traduit la rétrocession du proccesus inflammatoire : la

floculation à droite en même temps que l'atteinte méningée.

CHAPTIRE V

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