‹ Les complications orbitaires suppurées des sinusites fronto-ethmoïdo-sphénoïdalesChapitre 15 sur 22 · ND · texte numérisé non relu

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diminuer et même disparatre, pour reparaître brusquement après une, deux, voire même trois ou quatre semaines avec formation d’un abcès orbitaire sous-périosté dans la moïîtié des cas environ. Cet abcès siège presque toujours au niveau des cellules ou du sinus malade. KiLLIAN rapporte en avoir vu D cas sur 11 au niveau de la lame papyracée, et 3 cas sur la paroi orbitaire d'un petit sinus frontal.

I est rare de voir dans les sinusites scarlatineuses la thrombose des sinus caverneux venir s'ajouter aux suppurations orbitaires ; en effet, elle est très peu fréquente chez l'enfant malgré la forte exophtalmie et la tuméfaction palpébrale qui pourrait la faire craindre, en raison du peu de développement du sinus sphénoïdal et de la grande épaisseur de ses parois.

Quelles sont les sinusites qui engendrent le plus fréquemment des complications orbitaires ?

Toutes, en principe, quel que soit leur siège et leur forme, peuvent se compliquer de suppurations orbitaires. Cependant, il faut bien reconnaître qu'on observe plus rarement ces complications au cours des sphénoïdites qu'au Cours des autres empyèmes sinusiens. Il nous semble que ce sont de préférence les sinusites frontales et ethmoïdales qui s'accompagnent le plus souvent de de complications oculo-orbitaires suppurées, et cela d'ailleurs avec une fréquence à peu près égale. On peut dire en résumé que, d'une façon générale, les sinusites frontoethmoïdales présentent plus fréquemment des compli-

cations suppurées orbitaires que les ethmoïdo-sphénoï-

dites ; mais ce sont les poy-sinusites uni ou bilatérales, et plus encore les pansinusites qu'il faut incriminer le plus souvent.

D'autre part, les sinusites aiguës se compliquent plus facilement que les sinusites chroniques, que celles au moins qui restent chroniques. Les sinusites réchauffées provenant pourtant de formes particulièrement torpides provoquent souvent les complications les plus graves : complications orbitaires suppurées et complications encéphaliques en particulier,

Dès 1902, Vacuer écrivait : « Il est rare qu’une sinusite reconnue et traitée donne lieu à de graves complications. C'est presque toujours prendant la période où elles sont ignorées que les accidents se produisent. Souvent même, elles ne manifestent leur présence que par des complications soudaines de haute gravité. »

La grippe, ou même un simple coryza sont capables de réchauffer brusquement ces sinusites et de provoquer ainsi l’éclosion de complications graves.

Agents pathogènes

La bactériologie des sinusites et de leurs complications est malheureusement peu complète. La plupart des observations sont muettes quant à l'agent de la complication, ou portent seulement sur l'agent du pus sinusien. Certains auteurs cependant ont donné quelques précisions. STRANGULEANU et Baup ont trouvé le plus souvent, mais rarement à l'état isolé : le streptocoque, le staphyÿlocoque, le pneumocoque, le bacterium coli, le bacille

Te

muqueux encapsulé, et d’autres fois certains anaérobies. Les premiers proviendraient des sinusites d’origine nasale, les seconds des sinusites d'origine dentaire.

PomMEerew a de plus signalé à plusieurs reprises le bacille de Lürrzer. Celui-ci, associé au streptocoque, aurait alors une virulence toute particulière ; or, comme l’a fait remarquer M. le Professeur Lanwois, le degré de virulence est un des agents principaux de l'éclosion de toutes les complications. LomBARp a signalé le polymicrobisme fréquent au cours des sinusites frontales, fait qu'on peut généraliser en disant que, dans les cas de sinusites et surtout de sinusites compliquées, le polymicrobisme st habituel, sinon la règle.

Formes cliniques des complications orbitaires

suppurées

Les complications suppurées orbitaires sont les plus fréquentes des complications des sinusites. Elles comprennent, suivant le docteur LEMAITKE, trois groupes de lésions : les abcès palpébraux, les phlegmons orbilaires, les ostéo-périoliles suppurées, et constituent au moins les trois quarts des complications oculo-orbitaires. À côté de ces trois formes de complications suppurées, il nous faut mentionner les ostéo-périostites aiguës non suppurées, constituant la forme fluxionnaïre dont le diagnostic différentiel est bien souvent difficile, sinon impossible. Les complications de la forme flusionnaire guérissent en

général spontanément lors d'une première atteinte, mais

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