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CHAPITRE II

Les complications suppurées de l'orbite

Historique

D'après les recherches de HorscugerG, il faudrait faire remonter à GALIEN les premières notions des rapports pathologiques entre l'œil et les cavités accessoires du nez.

Sans aller aussi loin, on peut dire qu'il faut arriver au début du xix° siècle pour qu'on établisse une différence entre les suppurations de l'œil et celles de l'orbite avec LAWRENCE (1830). Puis il faut attendre jusqu'en 1886 pour que Z1EM (Zentralbl. für prackt. Aug.) attire l’attention sur l’origine nasale d’un certain nombre d'’affections oculo-orbitaires. BERGER et TYRMaANN furent les premiers à décrire les complications orbitaires pouvant survenir au cours des sphénoïdites.

En 1882, ZUckERKANDL avait défini le problème pathologique des relations de cause à effet entre les suppurations du sinus sphénoïdal et les altérations de l'orbite ou des organes qui s’y rendent. En 1885, WEICHSELBAUM

confirmait les idées de ZUCKERKANDL par ses constatations anatomo-pathologiques. De son côté, ScHwenpr, en 188», avait publié un travail contenant {4 observations de suppurationsorbitaires, qu’il divise en trois groupes : 1° les phlegmons érysipélateux ; 2° les phlegmons propagés ou consécutifs à des maladies dentaires et nasales, mais sans jamais faire mention de l’état des sinus ; 3° les phlegmons idiopathiques dont il réunit 17 observations, où il est difficile de retrouver une étiologie certaine. Toutefois, la lecture de ces observations permet parfois de songer à la sinusite maxillaire et à la sinusite frontale.

Puis parurent l’intéressant travail de GRADDE : Ocular symplomes due to nasal affections et, en 1890, le travail de Paxas sur « les abcès orbitaires des sinus frontaux pouvant simuler des lésions indépendantes de l'orbite » (Archives d'Ohptalmologie, t. 1H, p. 231). Il ne consacre qu'un court chapitre aux complications oculo-orbitaires des sinusites sphénoïdales ; les seules lésions qu'il cite sont la névrite optique et la thrombo-phlébite du sinus caverneux.

Dreyruss (thèse 1906) apporte quelques documents cliniques au sujet de l'infection des méninges et des gaines du nerf optique consécutives aux sinusites.

Vers la même époque, M. le Professeur Ronmer présenta une étude documentée avec les manifestations orbitaires des ethmoïdites.

En Allemagne et en Autriche, Kuanr (Uber die entzündlichen Erkrankungen, 1895), Oxopr, LIEWEN (Deutsche, médic. Wocle) reviennent à plusieurs reprises sur la question des suppurations orbitaires consécutives aux sinusites.

En 1897, au Congrès de Moscou, GERMANN présente un

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relevé statistique des cas connus de complications oculo-

orbitaires, établissant le rapport de fréquence avec les autres sinusites. Sur les 68 cas rapportés, 13 sont consécutifs à des infections sinusiennes, dont 6 sont des sinusites du groupe supérieur.

Hyorr, de Christiania, apporte 7 cas de sinusites compliquées de phlegmons orbitaire ou de névrite optique, mais sans spécifier à combien de.sinusiens examinés ces cas se rapportent. Cependant, un empyême sinusien même volumineux n'implique pas nécessairement une altération du système oculo-orbitaire. BERGER et TYRMANN ont observé de nombreux cas de sinusites, de sinusites sphénoïdales en particulier, sans aucun retentissement oculaire. Bararoux et Moure ont cité chacun un cas d'expulsion de séquestre sinusien sans phénomènes du côté de l'orbite.

En France, ce sont : Vizcarp, « Contribution à l'étude des suppurations de l'œil et de l'orbite consécutives aux affections des cavités voisines » (Archives d'Ophtalmologie, 1895,-t. XV, p. 477), Laurens, CouEroux, « L'Origine nasale des affections oculo-orbitaires » (Annales d'Oculistique, 1896, t. 117, p. 270), de LAPERSONNE « Communication au Congrès de Copenhague (Les Névrites optiques d’origine nasale), puis les travaux du professeur RoLLer, en particulier son travail paru en 1909 (Encyclopédie Française d'Ohplalmologie), « Affections traumatiques et inflammatoires de l'orbite. Sinusites périorbitaires », où il rapporte de nombreux cas de multiplications orbitaires suppurées consécutives à des sinusites périorbitaires.

En 1902, DE LaPERSONNE publie son Etude des complications oculaires des sinusiles en général où, tout en

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