‹ Les complications orbitaires suppurées des sinusites fronto-ethmoïdo-sphénoïdalesChapitre 9 sur 22 · TS · texte numérisé non relu

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reconnaissant la valeur très relative d’un pourcentage, il écrit : « Je serais tenté d'admettre que, sur 100 sinusiens, une vingtaine au moins présenteront, à un moment donné, une des complications que nous allons décrire. » Ce chiffre de 20 % paraît toutefois exagéré. MoREAU, dans sa thèse très documentée parue en 1905 : Les Complicalions oculo-orbilaires des Sinusiles sphénoïdales, inspirée par M. le Professeur RorLLET, signale qu'il n’a observé qu'un seul cas de sinusite sphénoïdale compliquée sur 2.750 malades venus à la consultation gratuite dans le service du professeur ROLLET.

Nous ferons cependant remarquer que la fréquence des complications est bien différente pour l'ophtalmologiste et pour le rhinologiste ; le premier constate en effet uné fréquence bien plus considérable des complications que le deuxième.

En 1904, SonmieceLow (Arch. für Laryngol.) et PAUNZ (Arch. f, Aug.) insistent tous les deux sur les rapports entre les maladies des yeux et celles du nez. Comme le fait remarquer Brückwer, les rapports anatomiques entre l'œil, l'orbite et les sinus fronto-ethmoïdosphénoïdaux, rapports très étudiés par Onoptr, sont des plus intimes, ce qui explique combien les lésions des sinus peuvent facilement se propager à l'orbite et consécutivement à l'œil etau nerf optique, ou même agir plus grossièrement par simple phénomène de compression. L'auteur fait ressortir que les cloisons osseuses qui séparent les fosses ”"nasales et leurs annexes de l'orbite n'ont pas toute l'importance qu'on serait tenté de leur accorder à première vue, par suite des nombreux passages destinés aux vaisseaux et aux nerfs. |

ZuckERKkANDL est le premier à avoir attiré l'attention

sur les déhiscences congénitales des cloisons osseuses, particularités anatomiques des plus importantes qui semblent, comme l'oreille, jouer un grand rôle dans l'éclosion des accidents morbides.

Ce sont les recherches de Brrscu, Hircurezn (Encyclopédie des maladies des yeux) et de Krauss (Beiträge zur Anatomie, Physiologie und Pathologie der Orbitalveinen. Arch. für Augenk.) qui ont élucidé les relations vasculaires entre le nez, les sinus et l'orbite.

C'est surtout depuis 1905 qu'on a bien étudié les complications oculo-orbitaires des sinusites et que les publications cliniques se sont multipliées.

SIEUR et JACOB publient un gros travail des plus documenté sur l'anatomie el l'anatomie pathologique des sinus.

En 1906, une communication de LANGE attire l'attention sur l'importance de la scarlatine dans l'étiologie des empyèmes sinusiens aigus ou chroniques et de leurs complications. Il rapporte trois cas d’etmoïdo-sphénoïdites avec complications d’abcès orbitaire, et un cas d'empyème frontal isolé compliqué d'un phlegmon de l'orbite. Il ajoute que les empyèmes fronto-ethmoïdaux rendent nécessaire l'établissement d’un large drainage sinusonasal par évidement de l’ethmoïde antérieur et réfection du canal naso-frontal.

La même année, Garcra (Médic. Scientifica Barcelone), dans un article sur la pathogénie des sinusites, écrit que les sinusites ne sont pas dues à des microbes pathogènes spéciaux, mais à des microbes banaux dont la virulence se trouve momentanément exaltée. Il insiste sur la gravité pronostique des sinusites à pus fétide, qui serait dû à une symbiose m'icrobienne dont la virulence serait

particulièrement intense. Ce seraient ces sinusites à pus fétide qui provoqueraient presque toutes les complications suppurées de l'orbite, et la constatation de la fétidité du pus sinusien serait une indication formelle à la cure radicale de la sinusite.

Logan Turner (The Journal of Laryngologie, septembre 1908) publie neuf cas de complications suppurées de l'orbite observés par lui au cours de sept années. Sur ces neuf cas, sept sont consécutifs à des sinusites du groupe supérieur, deux seulement à des empyèmes ethmoïdo-sphénoïdaux. Il conclut que les inflammations du groupe antéro-supérieur donnent plus fréquemment des phlegmons ou des abcès orbitaires que les sinusites postérieures, au cours desquelles on n'observerait plus comme complications des phénomènes de névrite et d’'atrophie du nerf optique ainsi que des paralysies oculaires motrices.

WeiLz, dans sa thèse, signale la rapidité d'évolution que présentent parfois les phénomènes orbitaires, il eite un cas de phlegmon orbitaire avec lésions du globe osculaire survenu brusquement en 24 heures au cours d’une sinusite frontale. EBsreix publie la même année un cas identique au cours d’une fronto-ethmoïdite, mais avec déhiscence de la paroi au niveau de la lame papyracée. RozLer en cite également deux cas, GARIPUY un cas avec de plus complications cérébrales suivi de mort.

Pour RamaGs, les anthrites frontales se compliqueraient rarement de suppurations orbitaires ; celles-ci seraient observées plus fréquemment au cours des ethmoïdosphénoïdites. À l'appui de cette assertion, il cite 18 cas d'empyèmes sinusiens compliqués de suppuration orbitaire, dont un seul est consécutif à une sinusite frontale.

Un autre cas de sinusite frontale simula une cellulite orbitaire, et ce n'est qu'après ouverture qu’on put constater l'intégrité du contenu de l'orbite.

Après diverses vérifications anatomiques négatives, le doute s'est introduit dans l'esprit de certains cliniciens. Is en étaient arrivés à réduire le rôle joué par les sinusites, par les ethmoïdo-sphénoïdites en particulier, dans la genèse des accidents orbitaires et surtout des accidents oculaires.

Ce n'est guère que depuis 1910 qu'on à commencé à utiliser la radiographie pour le diagnostic des sinusites, mais là encore les opinions varient énormément suivant les auteurs. Alors que les uns, comme von EIckEN au Congrès international de laryngologie de Vienne voyaïent dans la radiographie un procédé de recherche qui suffirait à lui seul au diagnostic, rendant les autres procédés superflus, ou comme KiI££rAN qui, sans aller aussi loin, pensait qu'un simple examen de radiogramme indiquerait si un sinus est malade ou non; d’autres, comme KUTTNER, SCHEIER, HIRZFELD, ne partageant nullement semblables opinions, n'accordent à la radiographie que le rôle plus modeste d’un procédé de contrôle permettant dé confirmer un résultat obtenu déjà par les procédés d'examen clinique. Ces divergences font même dire à Ziëm : « Comme BossuErT, nous pourrions nous écrier : « Tant de peines, tant de travaux pour un misérable « peut-être », et il ajoute que le diagnostic des sinusites, des sinusites frontales en particulier, peut généralement être fait par les moyens cliniques habituels, la radiographie n'étant pour lui qu'un moyen de confirmer un diagnostic encore hésitant.

Depuis 1914, à la suite des recherches faites dans les

services d'O. R. L., des travaux de l'école Iÿonnaise en particulier, on est arrivé à une meilleure conception de l'emploi de la radiographie comme moyen de diagnostic et des résultats qu'on est en droit d'en attendre.

Nous devons signaler en premier lieu les communications de MM. Lannois, SARGNON et ARCErIN du 5 septembre 1916 à la Société Médico-Militaire de la 14° Région : Contribution à l'étude de l’ethmoïdite et de la phénoïdite, et de MM. Lannois et ARGELIN de 1921 à la Société des Sciences médicales : La radiographie dans les sinusiles.

Enfin, en mai 1921, parut le travail de LEMAITRE sur Les Complications oculo-orbilaires des sinusites (Rapport à la Société Française d'Oto-Rhino-Laryngologie).

Que désigne-t-on sous le nom de complicalions orbitaires suppurées au cours des sinusites supérieures ? Doit-on entendre par là seulement le phlegmon ordinaire ? Non, d’une façon plus générale, ce seront toutes les infections des parois ou du contenu orbitaire, c’est-à- ‘dire non seulement le phlegmon de l'orbite, mais l'abcès orbitaire, l'abcès palpébral, les ostéopériostites suppurées de Ja paroi orbitaire.

Avant de voir comment ces complications orbitaires se manifestent et quelles sont leurs causes prédisposantes au cours des sinusites, nous allons passer rapidement en

revue l’étiologie de ces sinusites.

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