‹ Les complots militaires sous la RestaurationChapitre 12 sur 18 · LES COMI'LOTS MILITAIRES · texte numérisé non relu

LES COMI'LOTS MILITAIRES

parler à haute voix. Fabvier toutefois n'apercevait pas les sig-nes d'iatellig-ence qu'il attendait. C'est que, pendant la nuit, six bataillons de l'avant-g-arde, g-agnés au mouvement, avaient été renvoyés sur les derrières et remplacés par le ge lég-er, sur lequel le gouvernement croyait pouvoir compter. Le général Vallin, de peur d'être accusé lui-même, était résolu à faire son devoir.

En entendant le chant des réfugiés et les interpellations échangées d'une rive à l'autre, le général accourt au galop et, sans parlementer, fait mettre la pièce en batterie et tirer. Les artilleurs obéissent, le coup part et n'atteint personne. Les réfugiés crient : Vive l'artillerie! en agitant leur drapeau.

Vallinj pour toute réponse, fait recharger la pièce. Cette fois^ la mitraille renverse morts le lieutenant Marotte et trois autres officiers. Le drapeau était abattu. Le lieutenant Bénies le relève et l'agite avec une force nouvelle. Une troisième décharge éclate; mais, dirigée contre les Piémontais, elle n'atteint que les hommes de ce détachement, dont plusieurs tombent blessés.

Le général Vallin, au lieu de recourir au g^ léger, fait avancer une compagnie de gendarmes. Ceux-ci ajustent et tirent. Bénies est tué et le drapeau tombe encore. Alors les réfugiés se dispersent, laissant sur le terrain huit morts et quatre blessés. Derrière eux,

une compag-nie du q^ franchit la rivière et releva les blessés qui furent aussitôt interrogés et remis au g-rand prévôt de l'armée, d'André. C'étaient les nommés Jacquin et Jordan, soldats français déserteurs ; Giorelli, réfugié Piémontais, Martin, volontaire belg-e (i).

Le rég-iment espagnol dit d'Alexandre, qui occupait Irun, avait assisté à l'affaire sans y prendre part. Il s'éloig-na le lendemain.

Le coup de canon du g-énéral Vallin, en ouvrant la frontière, allait entraîner l'armée. Il eut autant de résultats que bien des batailles. « Général Vallin, s'écria plus tard Louis XVIII, en revoyant le vieux soldat, un ancien de Waterloo, votre coup de canon a sauvé l'Europe. »

(i) Arch. de la guerre. — IiUerroçaloire des blessés. Inventaire des pièces trouvées sur eux.

Page 1