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arrivés trop tard pour ag-ir sur la Bidassoa. Ils reculèrent sur les Asturies, en dispersant quelques Landes royalistes, atteig-nirent Lug-o, où ils furent passés en revue par Ouirog-a, et de là gag-nèrent La Corog-ne.
Ces troupes, réunies à 4 ou 5oo hommes de lig'ne, c\ i.5oo miliciens du Guipuzcoa, sous la conduite de l'énerg-ique colonel Soroa, et à la g-uerilla du chef El Pastor, formaient une garnison solide, décidée à la résistance, et servie encore par les avantag-es naturels que présente La Corog-ne.
La ville est, en effet, composée de deux parties : la villebasse, qui estle port (pescaderia), avec des rues étroites et tortueuses; la ville haute, sur le flanc du coteau, protégée par une citadelle et une ceinture de murailles. Autour de la ville haute, des collines rocheuses couvertes de défenses. C'est au pied de ces collines que Soult avait atteint l'armée anglaise du général John Moore après quinze jours d'une poursuite acharnée à travers les ravins de la Galice, sous la pluie, et par des chemins affreux (janvier 1809). Mais les Anglais nous y avaient arrêtés toute la journée, et ils avaient profité de la nuit pour s'embarquer. La Galice, occupée d'abord par Soult, l'avait été ensuite par Ney, pendant que Soult descendait en Portugal. C'est au milieu de tous ces souvenirs que innrchnient les soldats de i8?3.
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Le 22" Bulletin de l'armée d'Espag-ne s'exprimait ainsi :
« Le lieutenant-g-énéral comte Bourke annonce à S. A. qu'il est arrivé à Lugo le lo. Il a été parfaitement accueilli par toute la population de cette ville et de ses environs. Le g"énéral Morillo, qui lui avait fait connaître depuis plusieurs jours qu'il remplirait les conditions d'après lesquelles le comte Bourke était autorisé à recevoir ses propositions, l'attendait à Lug-o afin de s'entendre avec lui sur les mesures à adopter pour que ses troupes pussent agir de concert avec les nôtres. Par suite de cette conférence, le mouvement sur La Corog-ne a commencé le 12.
v Le g"énéral Huber, qui n'a pas cessé de poursuivre les débris des corps révolutionnaires battus par lui, ainsi que parle g'énéral d'Albig-nac dans les Asturies, e.st entré en Galice en suivant les bords de la mer. Etc.
» An quartier g-énéral de Madrid, le iG juillet.
« Par ordre de S. A. R.
« Le major -général, comte Guilleminot (i). j>
Appuyé à droite par Huber et d'Albig-nac, à g"auche par Morillo, dirig-é contre Orense, où s'était enfermé Palaria, Bourke s'avança contre La
(i) On voit que la Restauration, qui empruntait à l'Empire ses généraux, lui empruntait aussi ses Bulletins.
Gorog-ne. Il arriva devant la ville, le i5 juillet. Elle était bloquée du côté delà mer par une escadre française.
Les hauteurs de Sainte-Marg"uerite, défendues en 1809 par les Ang-lais et que des Ang-lais contribuaient encore à défendre en 1828, furent attaquées avec vig-ueur par le 7* de ligne et enlevées (i). Les Espag-nols reculaient et nos troupes approchaient des murs quand elles virent tout à coup se dresser devant elles un drapeau tricolore autour duquel se serraient deux ou trois cents hommes. Des interpellations — en français — partent des deux rangs opposés. Après un moment de surprise, le 7^ de lig-ne s'élance à la baïonnette, et s'efforce de saisir le drapeau proscrit. Les réfugiés l'arrêtent par une fusillade bien nourrie, le repoussent et permettent aux Espagnols de reprendre les positions abandonnées. Mais l'affaire avait été
(3) a Le 7' léguer, à la lète duquel était M. deLaRocliejaquelein, a fait des prodiges de valeur. 11 a escaladé des rochers presque inaccessibles dont dépendait le sort de cette journée, qui m'ont rendu maître des hauteurs où l'ennemi s'était retranché. Parvenus au sommet, les soldats da 7', guidés par ce brave général, ont couru sur les ouvrages qui ont été aussitôt enlevés. La précipitation a forcé l'ennemi à nous laisser ses munitions de guerre et de bouche ; plusieurs caissons et 3 bouches à feu sont restés en notre pouvoir. On m'assure que Wilson est dans cette place ainsi que plusieurs transfuges (raDrals. Je serais porté à le croire par lu vi(juureiise résistance (juej'ai éprouvée, cl racharnement de la défense. Etc. «(Rapport de Hourke. Au bivouac, devant La Corogne, i5 juillet.) Arcli. Guerre. /^/V/., juillet i8a.'L Hourke ne parle pas du drapeau tricolore, et ses soldats imitèrent ]ilus tard sa discrétion.
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chaude. Le colonel Soroa restait sur le terrain, avec plusieurs officiers, et Wilson était blessé.
Voilà comment, à l'extrémité de la Péninsule, loin de la Bidassoa, nos deux drapeaux se retrouvèrent encore une fois en présence.
La ville fut bientôt investie et Bourke offrit à Quirog-a une capitulation honorable. Loin de l'accepter, Ouiroga publia une proclamation qui portait peine de mort contre quiconque correspondrait avec les Français, tiendrait un lang-age capable d'affaiblir le courag-e du peuple, ou parlerait indirectement de capituler.
Wilson, à peine rétabli de sa blessure, sortit de La Gorogne pour se rendre à Vig-o. Il y chercha, de concert avec Palaréa^ une diversion destinée à couper nos communications. Il essaya, en outre, de nég-ocier avec Morillo, pour obtenir une suspension d'armes pendant laquelle le g-ouvernement anglais aurait occupé Vig-o, La Gorog-ne et d'autres points du littoral. On voit que l'Ang-leterre ne s'oubliait pas dans ses sympathies pour le libéralisme espag'nol. Il ne réussit pas. Il ne réussit pas davantag-e à provoquer un mouvement révolutionnaire dans le Portug-al. Il se rendit alors à Cadix, et de là en Ang-leterre.
Quant à Quirog-a, après avoir poussé activement la défense, il laissa le commandement de la place au g-énéral Novella Gampillo, et s'embarqua, lui aussi,
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pour Cadix et de là pour l'Angleterre. La ville n'ouvrit ses portes que le 1 1 août.
Avant la capitulation, les réfugiés français s'étaient retirés à Vig-o. Une partie d'entre eux mit à la voile pour lAngleterre, Les autres, avec Gauchais, reprirent le projet de Wilson de soulever le Portug-al. Ils descendaient vers Tembouchure du Minho quand ils furent entourés, à La Guardia, par des bandes royalistes qui s'eng-agèrent à leur laisser la liberté s'ils désarmaient. A peine désarmés, ils furent livrés aux autorités françaises.
Ramenés à Bayonne, ils furent poursuivis comme ayant porté les armes contre la France. Un tiers environ fut mis hors de cause après une long-ue instruction. Les autres, au nombre de 45, et parmi eux Gauchais, Aymard-Desforg-es, Lefebvre, Christ, Final, Poyanne, Broissin, Chaumereau, etc., furent traduits devant la Cour d'assisesde Toulouse (24 avril
Les débats portèrent principalement sur le combat du i5 juillet 1823. Les officiers et les soldats de la division Bourke, cités comme témoins, s'accordèrent à ne pas reconnaître les accusés, qui furent acquittés. Mais Gauchais ne fut pas remis en liberté. Retenu pour l'aflaire Berton, il comparut devant la Cour de
(ij Arcli.Nat.,t'oiuli5 cité : 6070. (Transfuges d'Espagne. )— Acte d'accusation devant la (lour de Toulouse. — Uauchais, ouv. cité.
Poitiers et lut condamné à mort pour la seconde fois. Comme nous l'avons vu^ sa peine fut commuée.
Les événements de Gatalog-ne finirent de la même façon pour les réfug-iés que les papiers royalistes appellent les transfuges.
Le corps d'armée confié au maréchal Moncey comprenait les trois divisions Curial, Damas et Donnadieu, dont l'effectif s'élevait à environ 21.000 hommes, renforcés de la division espagnole du baron d'Éroles. Il entra en Gatalog-ne le 18 avril.
Moncey avait fait campag-ne sous la République dans les Pyrénées-Occidentales, sous l'Empire on Catalog-ue. Rompu à la g-uerre de montag-nes, attentif et prudent, il s'avançait avec une lenteur qui ne laissait rien au hasard. Son adversaire, avec uneég-ale prévoyance, lui opposait des qualités singulières d'activité, de rapidité et d'audace (i).
Des g-énéraux espag-nols de 1828, Mina fut le plus orig-inal et le meilleur.
Francesco Espoz y Mina était un paysan de la Navarre. Il avait quitté la charrue pour lutter contre
(i) Voir : Campagne de Catalo/jne, par le marquis de Marcillac, coloael à l'état-major du 4° corps. Paris, 1824, in-S". — Méinuires sur la dernière guerre de Catalogne, par FlorciU Gain, aide-de-camp de Mina. 1828, in-S». — Mina, ne en Navarre eu 178 1, mourut eu i836. Il ne faut pas le confondre avec sou neveu Xavier, qui fut mêlé au soulèvement du Mexique, pris cl lusilloen 1817.
Napoléon, et sa bravoure l'avait porté aux plus hauts grades. En i8i4, il s'était retiré en France pour échapper au despotisme de Ferdinand VII. En 1820, il repassa la fiontière, dispersa les bandes royalistes de la Navarre, puis de la Catalogne.
Il avait pour chef d'état-major leg-énéral Zorraquin, de l'arme du g'énie, excellent officier; pour lieutenants, les g-énéraux Milans, Llobera et Torrij os. Torrijos devait être fusillé en i83i pour tentative d'insurrection contre Ferdinand VII. On voit que si les complots militaires ont cessé de bonne heure chez nous, ils ont duré long-temps en Espag-ne.
Après avoir nettoyé la province des bandes royalistes et org-anisé ses forces, Mina avait adopté un plan conforme à ses anciennes habitudes militaires. Il consistait à éviter tout eng-ag-ement, à harceler sans cesse nos troupes, à intercepter nos convois, à couper , nos communications. Pendant plus d'un mois, il ' évolua avec une habileté et une rapidité remarquables dans le quadrilatère formé par Urgel, Fig-ucras, Lerida et Tarrag-one, échappant à toutes les poursuites, ravitaillant les places, levant des contributions et, par ses exécutions militaires, frappant de terreur ceux qui se déclaraient pour nous. Serré de près par nos troupes, il éprouvait parfois des échecs. C'est ainsi qu'il fut repoussé devant Vich^ et perdit Zorraquin, qu'il remplaça par l'ancien ministre San-
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Miguel. Il ne put ravitailler Fig-ueras, et i^evint à Barcelone, vers la fin de juin.
Pendant qu'il manœuvrait dans la montag"ne, où l'on voyait souvent l'oncle François {el tio Francisco) marcher lui-même à pied, un fusil à la main, à la tête de ses troupes, ses lieutenants opéraient du côté de la mer. Barcelone était le foyer de la résistance.
C'est à Barcelone quêtaient accourus les réfugiés d'Italie et de France. Des officiers italiens, comme les colonels Olini, Linati et Pachiarotti; français, comme les lieutenants Carrel et Bride; des sous-officiers et des soldats déserteurs; des étudiants des universités d'Allemag-ne , des Polonais et des carbonari s'y étaient rassemblés. Ils formaient une légion libérale partagée en trois compagnies, deux de Français, la troisième d'Italiens, avec un peloton de lanciers de Napoléon II. Nous avons revu quelque chose de cet assemblage hétéroclite dans nos auxiliaires garibaldiens de 1870.
La légion était commandée par Pachiarotti, qui avait servi avec distinction dans l'armée impériale. Une partie alla contribuer à la défense de Tarragone, l'autre resta dans Barcelone. Or, la ville allait être investie par, la division Curial ,
Mina craignit d'y laisser les Français. Si la ville succombait, leur iiiuit était certaine. Il les fil partir
avec une colonne destinée à soutenir la garnison de Fig-ueras.La place est à deux pas de notre frontière. Ce voisinag"e permettait aux réfugiés de se jeter dans ,-. la montagne et de pourvoir isolément à leur sûreté.
La colonne, forte de 1.700 hommes, sortit de Barcelone, le 10 septembre, sous les ordres du brigadier Fernandez. Elle approchait de Figueras, le i5 au J matin, quand elle se heurta, près de Llado, à la brigade Maringoné, de la division Damas. Il s'ensuivit un combat très vif, dans lequel la légion fit des pertes énormes. La moitié des officiers et des sous-officiers resta sur le terrain. Tous les lanciers furent tués ou pris.
La lutte recommença le lendemain, à Llers, entre les mêmes troupes. Epuisés par six jours de marche, ébranlés par l'échec de la veille, écrasés d'ailleurs par le nombre, les soldats espagnols lâchèrent pied, et Fernandez entra en négociation avec Maringoné. La légion refusa de mettre bas les armes, se déclarant r prête à se faire tuer jusqu'au dernier homme. Le général de Damas, qui venait d'arriver, signa alors une capitulation qui faisait espérer aux réfugiés fran- f çais que leur vie serait épargnée (i).
(( Le lieutenant général, commandant la 9^ division de l'armée des Pyrénées (4"^'^ corps), certifie
1) ReluliuiL (les mouvements cl nj/èrulions des Iruupcs pcnilanl les Juiirnèes des i5 el iG seplemhre. A. G, Ibid,, sept. ib23.
LA GOROGNE (18^3) 345
avoir accordé à une des colonnes constitutionnelles qui se sont rendues à lui, le i6 du présent mois, sous le fort de Fig-uières et après de sang-lants combats, la veille à Llado, et le jour même auprès de Llers, les conditions suivantes :
« Article I''''. — Les troupes constitutionnelles espag-noles se rendront prisonnières de g-uerre. Elles auront les honneurs de la g-uerre; les officiers conserveront leurs épées.
« L'article II était relatif aux bag-ages.
«Art. III. — Tous les étrang-ers qui font partie des troupes constitutionnelles seront traités selon leur g-rade, de la même manière que les autres prisonniers de l'armée constitutionnelle. Quant à ceux de ces étrang-ers qui sont Français, le lieutenant-g-énéral s'eng-ag-e à solliciter vivement leur g-râce. Il espère l'obtenir.
« Llers, le 17 septembre, à sept Iieures du soir. « Sig-né : le baron de Damas, Juan Cuadros et Carlos Brauneck.
(( Approuvé cette capitulation, Fernandez (i). »
En dépit de cette capitulation, les Français, au nombre décent ving-t, furent arrêtés. Quatre-vint-six, qui appartenaient encore à l'armée, furent envoyés
(i) Le texte de cette capitulation, signée sur le champ dp lialaille, comme on le voit, suit la Relation citée plus liaiii.
devant les conseils de g-uerre et condamnés à mort. Heureusement pour eux, le baron de Damas remplaça le duc de Bellune au ministère de la g-uerre (ig octobre 1828). Il obtint une commutation de peine.
Plusieurs des prisonniers, entre autres Carrel, n'étaient plus au service. Ils n'en passèrent pas moins devant un conseil de g-uerre qui les condamna à la peine capitale. Le jug-ement fut cassé. Un nouveau conseil de g-uerre, à Marseille, les condamna à mort, une seconde fois. Le jug-ement fut encore annulé. Ils comparurent enfin devant la Cour d'assises de Toulouse, qui les acquitta.
Fig-ueras avait ouvert ses portes, le 2G septembre. Lerida et Urg-el avaient succombé le 1 7 et le 2 1 octobre. Hostalrich, Tarrag-one et Barcelone tenaient toujours. Barcelone avait été entourée par Moncey d'un véritable camp retranché. Défendue par une nombreuse g-arnison, pourvue d'un matériel considérable, soutenue par l'exaltation des habitants et par la présence de Mina,de]Milans,de Rotten, les derniers chefs del'armée libérale, la ville pouvait nous opposer une long-ue résistance, et renouveler les merveilles de courag-e et d'énerg-ie qu'elle a fait éclater si souvent (1). Mina cependant offrit de traiter, et sig-na le
(i) Parcxetnple, lors du siège ilc 171/1, conduit par une arm(''e française sous les ordres du maréciial de Uemicii. Ce siège, peu connu, fut aussi etlVo}ableque celui de Sarragosse uu siècle plus tard.
LA COROGNT. (18-23) 317
2 novembre une capitulation qui nous remettait, avec Barcelone, Tarrag-one et Hostalrich.
C'était la fin de la résistance de l'Espag-ne constitutionnelle.
En capitulant entre nos mains, les g-énéraux d'armées et les chefs de places stipulaient des garanties pour leur sûreté qu'ils s'empressaient de chercher eu France. C'est ainsi qu'on vit affluer chez nous, avec des membres des Cortès et de nombreux fonctionnaires civils, la plupart des officiers généraux de l'armée constitutionnelle. Ils y avaient été précédés de l'Abisbal, de Morille, de Ballesteros, qui, malgré leur défection, ne se souciaient pas d'affronter le légendaire pardon de Ferdinand.
Lu seul ne parvint pas à se dérober à la réaction absolutiste. Ce fut le chef même du mouvement de 1820, l'illustre et malheureux Riego.
Les Cortès de Cadix, pour s'en délivrer, l'avaient nommé au commandement de l'armée de IMalaga, dont le.chefZayas inspirait de légitimes défiances. A Malaga, Riego fit embarquer pour Cadix Zayas et d'autres généraux, fit fusiller quelques suspects, rétablit la discipline, leva des contributions, puis partit pour rejoindre Ballesteros. Celui-ci, battu par nous, s'était engagé à ne plus marcher contre nous. (Capitulation de Grenade, 4 août.) Riego essaya de l'entraîner, et, n'obtenant rien des prières, le fit arrê-
is.
3if! LES COMPLOTS MILITAIRES
ter. Mais il fut forcé do le relâcher, par les soldats mêmes de Ballesteros, et il reprit la campagne en Andalousie.
Coupé de la mer par le g-énéral Loverdo (du corps de Molitor), poursuivi dans la montag-ne par le général Bonnemains, il fut battu à deux reprises, près de Jaen et près de Jodar, et abandonné de ses soldats. Blessé, suivi seulement de trois officiers, un Espag-nol, un Italien et un Anglais, épuisé de fatigue et mourant de faim, il s'arrêta dans une ferme à Arguillo, près de la Caroline. Beconnu par les paysans, il fut dénoncé et aussitôt arrêté (17 septembre). II y avait juste un mois qu'il était sorti de Cadix.
Il fut amené à Andujar, où était une colonne française du général Foissac-Latour. Il y fut accueilli par les cris de mort de la populace. Il dit à nos officiers qui le protégeaient contre cette foule hurlante et féroce : « Ce sont les mêmes qui, l'an dernier, dans cette ville, me portaient en triomphe, dansaient toute la nuit sous mes fenêtres et m'empêchaient de dormir. »
Qu'allait on en faire? Les Espagnols le réclamaient comme rebelle, mais les Français voulaient le garder comme prisonnier de guerre. C'était le sauver. Le duc d'Angoulême crutdevoir en référera Paris. Déjà les représentantsde la Sainte- Alliance à Madrid protestaient contre l'idée de soustraire un (jrand coupable au