‹ Les comptes d'un grand couturier parisien du XVe siècleChapitre 3 sur 70 · Fol. 9, 10, i · texte numérisé non relu

Fol. 9, 10, i

6. A moins qu'on ne veuille l'identifier, grâce à une correction admissible, avec le Colin Galot, bourgeois de Paris, qui, en 1418, prêta serment au duc de Bourgogne. Cf. Le Roux de Lincy, Paris et ses historiens, p. 378.

nal, sinon le plus ancien, qu'on puisse citer, de ces petits actes d'un intérêt passager, qui sont la source de tant d'agréments, pour les uns, et la cause, pour le plus grand nombre, de tant de préoccupations.

Colin Garot a, toutefois, oublié de donner, sur ses quittances, un renseignement capital, pour nous du moins. Il n'y a pas dit dans quelle rue se trouvait son hôtel; mais c'est très certainement dans l'une de celles qui avoisinent l'église Saint-Séverin qu'il devait être. C'est, en effet, dans ce quartier que Colin de Lormoye paraît avoir toujours habité. On voit, par un compte du domaine du roi, à Paris, de 1439', qu'il a, lui-même, possédé rue Saint-Jacques, avant, sans doute, sa location de l'immeuble de Colin Garot, un hôtel appelé hôtel des Trois-Rois ; et ses comptes nous apprennent qu'à partir de 1439, au plus tard, il était installé à l'extrémité nord de la rue de La Harpe.

Tout propriétaire qu'il fût. Colin Garot s'est trouvé, plus d'une fois, à court d'argent. Ses quittances témoignent de plusieurs prêts qui lui furent consentis par son propre locataire. De plus, ce dernier dut faire les frais de certaines réparations, sans doute urgentes, qui n'auraient peut-être pas été exécutées sans cela. Et Colin Garot fut obligé de reconnaître, par un acte particulier, le montant de la somme ainsi dépensée et de prendre l'engagement de la rembourser, par acomptes successifs, jusqu'à due concurrence, dans ses quittances futures. C'est ce qui fait qu'à plusieurs termes Colin de Lormoye se libère de son loyer, totalement ou par partie, au moyen de « cédules » ou de « brevets » signés par son propriétaire-.

Ces détails sur les embarras et la gêne de Colin Garot sont précieux, parce qu'ils apparaissent comme le commentaire et, dans une certaine mesure, comme la confirmation du passage si souvent cité du Journal d'un bourgeois de Paris^, dans lequel celui-ci raconte qu'aux environs de l'année 1423, plus de 24,000 maisons étaient « vides et inhabitées », parce que leurs possesseurs, ne pouvant payer les rentes dont elles étaient grevées, préféraient les abandonner.

Cette location de Colin de Lormoye, dont le point de départ remonte, au moins, à 1423'', prit fin à une date qui n'est pas absolument précisée, mais qui est certainement postérieure à février 1435 et antérieure à la Saint-Remi 1439. A ce dernier terme, il occupait déjà, dans la rue de la Vieille ou Petite-Bouclerie, sur le prolonge-

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