‹ Les comptes d'un grand couturier parisien du XVe siècleChapitre 4 sur 70 · Compte I · texte numérisé non relu

Compte I

ment de la rue de La Harpe, au coin de la rue Saint-Séverin, l'hôtel du Plat-d'Étain*, dans lequel il devait rester de longues années, et, en tout cas, jusqu'en janvier 1445.

Ce déménagement semble avoir été provoqué par le succès et le développement de ses affaires. Il marqua, en effet, une augmentation assez sensible de son loyer annuel, qui passa successivement de 10 1. p. (chiffre de Colin Garot) à 12, 14 et même i5 1. Ce dernier chiffre est celui que porte un bail de deux ans, signé le 4 janvier 1443.

Le propriétaire de l'hôtel du Plat-d' Étain a, comme Colin Garot, écrit lui-même ses quittances de loyer sur le registre de Colin de Lormoye, mais il n'y a pas fait connaître sa situation sociale 2. Et cela est regrettable, parce qu'il s'appelait Jean de Rouvespières et portait, par suite, un nom destiné à la célébrité, car Rouvespières et Robespierre sont, évidemment, deux formes du même vocable. Aucune des généalogies des ancêtres du fameux conventionnel n'est assez développée et assez complète pour qu'une identification puisse être tentée. Notons, néanmoins, que ce Jean de Rouvespières délégua, plusieurs fois, ses pouvoirs, pour l'encaissement de son loyer, à une cousine appelée Catherine Du Pré et à un parent, peut-on croire, étant donné qu'il portait le même nom : Robert de Rouvespières, qualifié de prieur de Royaumont. Mais il convient d'ajouter qu'à la fin du xv= siècle ce nom de Rouvespières n'était pas inconnu, à Paris, où on le trouve porté par un sergent au Chàtelet, pgir un « marchand bourgeois », par un étudiant en droit et par un chantre de Sainte-Geneviève 3.

Les prix payés, pour son loyer, par Colin de Lormoye confirment

1. Les auteurs de la Topographie de Paris signalent deux maisons de ce nom, dans la rue de la Vieille-Bouclerie {Région centrale de l'Université, p. 16, et Région occidentale, p. 280). Celle qui était habitée par notre couturier se trouvait au coin de la rue Saint-Séverin (cf. Cartulaire de l'Université, t. IV, p. 681, n° 2632). Cette enseigne du Plat-d' Étain était assez fréquente au xv= siècle. Cf. ms. fr. 861 1, fol. 77 (rue de la Cossonnerie), fol. 81 et 88v°(rue Saint-Denis), Archives de l'Assistance publique. Hôtel-Dieu, t. I, n" 1416 (rue Tirechappe); t. II, n° 5288 (rue aux Ours), etc.; Topographie de Paris. Région centrale de l'Université, p. 82 (rue du Cloître-Saint-Benoît), p. i5g (rue Galande), p. 232 (rue Saint-Jacques), p. 423 (rue de la Sorbonne), etc.

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