Comptes 87 à 90, 108 à iio et ii
3. Bibl. nat.. Pièces orig., vol. 2569, dossier Rouvespierre, fol. 2 (Jean de Rouvespières, sergent à cheval au Chàtelet de Paris, en 1477), et fol. 3 (Jehan de Rouvespières, le jeune, marchand bourgeois de Paris, en i5o3). — L. Dorez, La Faculté de décret de l'Université de Paris au Xl^" siècle, t. II (1902), p. 3o, 32, 41 (Warnerus de Le Rovespiere, Le Rouvespiere ou de Rouvespières, Attrebatensis diocesis); — A. Molinier et A. Longnon,
pleinement les trop brefs renseignements qui ont été recueillis sur la crise immobilière que provoquèrent, un peu partout, mais à Paris tout particulièrement, la guerre de Cent ans et l'occupation du pays par les Anglais. Les tableaux dressés par M. d'Avenel ' montrent que les immeubles parisiens ne furent jamais aussi dépréciés et ne rapportèrent jamais moins. Sur trente-six baux qu'il a examinés, pour la période comprise entre 1420 et 1453, c'est-à-dire du traité de Troyes à la victoire de Castillon, cinq seulement se rapportent à des loyers annuels de 21 à 100 1. et cinq également à des loyers de 11 à 20 I. Tous les autres, vingt-six par conséquent, ont pour objet des loyers de 10 1. et au-dessous.
Ainsi, on constate qu'en 1482, dans la rue de la Bûcherie, non loin, par suite, de celle de la Vieille-Bouclerie, une maison, à l'enseigne de la Couronne, n'est louée que 5o sous, et qu'en 1437, on a pu avoir, pour 25 sous, une maison rue de Venise. Aucun détail, il est vrai, n'est donné sur le plus ou moins d'importance de ces maisons. Toute comparaison est donc délicate et dangereuse, car il y a maison et maison comme il y a fagot et fagot. On sait, d'autre part, que Colin de Lormoye avait des locataires, dont le domicile n'est pas précisé, et qu'on peut supposer installés à l'hôtel du PlatcVÉtain, et dont le loyer s'ajoutait peut-être au sien.
Il nous paraît, néanmoins, résulter de ces constatations et de ces rapprochements que l'installation de notre couturier était assez importante et tout à fait en rapport avec ce que ses comptes permettent de connaître de ses travaux et de sa clientèle.
Le titre qu'il se reconnaît à lui-même ou qui lui est, le plus ordinairement, donné par ses clients est celui de couturier, mais il est aussi appelé tailleur de robes^, ce qui montre qu'au xve siècle ces deux dénominations étaient devenues synonymes. Les couturiers avaient peu à peu accaparé tout ce qui touchait à l'industrie du vêtement, aussi bien pour les femmes que pour les hommes, et ils gardèrent ce privilège jusqu'à la fin du xvne siècle^. Colin de Lormoye a donc travaillé pour les deux sexes. L'intérêt de ses renseignements se trouve, par suite, augmenté, bien que les mêmes appellations aient servi à désigner des objets très sensiblement différents.
Ses travaux de confection s'étendaient à tous les vêtements alors
Obitiiaires de la province de Sens, t. I, p. 507 (Petrus de Rouvespierres, cantor, canonicus... S. Genovefae).
1. V" G. d'Avenel-, Histoire économique de la propriété, t. II (1894), p. 294-295.