‹ Les comptes d'un grand couturier parisien du XVe siècleChapitre 6 sur 70 · Compte · texte numérisé non relu

Compte

3. A. Franklin, Dictionnaire des arts et métiers de Paris, p. 227, art. Couturières.

en usage. Mais la houppelande et le chaperon étaient naturellement ceux qui faisaient l'objet du plus grand nombre de demandes, parce qu'ils étaient les plus portés.

La houppelande, vêtement de dessus qui répondait aux mêmes besoins que nos pardessus et nos manteaux, était presque toujours en drap; mais il y en avait aussi de futaine, de treillis et même de bure. Longue pour l'usage commun, elle était courte pour « chevaucher ». Le gris en était la couleur ordinaire, mais beaucoup étaient noires, perces — c'est-à-dire d'un bleu foncé — et quelquesunes vermeilles, violettes ou vertes.

Le chaperon était grand ou petit, simple ou fourré, à longue ou à petite cornette et généralement de couleur noire; mais il y en avait aussi de violets, de vermeils et de pers. Bien qu'il n'en soit rien dit, sa forme et son ornementation ne pouvaient pas ne pas varier. Celui d'une jeune fille ou d'une femme était évidemment l'objet d'un tout autre arrangement que celui d'un serviteur ou d'un bourgeois quelconque.

En même temps que des houppelandes et des chaperons. Colin de Lormoye fabriquait des jaquettes, des pourpoints, des robes et hainselins, des manteaux, des capes et huques, des chemises et gardecorps, des chausses et escafignons, des camails, des scapulaires, des cottes simples, des cottes hardies et des cottes à lacets, des épitoges pour professeurs, des bracerolles pour jeunes filles, des surcots pour chambrières et jusqu'à des rochets pour gardeurs de vaches. Celui donc qui se serait présenté tout nu à l'hôtel du Plat-d'Etain aurait pu en sortir habillé des pieds à la tête.

Tout n'eût, peut-être, pas été neuf dans son équipement, car notre tailleur ne s'interdisait pas de travailler dans le vieux. On le voit souvent retailler et retourner des chaperons ou des houppelandes, réparer des pourpoints, refaire des manches, mettre au point de vieilles robes et en placer le devant derrière, les faire reteindre, et exécuter, en somme, toutes les réparations que nécessite le soigneux entretien d'une garde-robe.

Il n'était pas seul pour suffire à une pareille besogne; il employait « des gens », selon sa propre expression <; malheureusement il ne dit rien de la nature du travail que chacun d'eux fournissait, ni des conditions dans lesquelles il les rétribuait. On ne recueille donc, dans ses comptes, aucun renseignement sur les salaires.

On peut, en revanche, se livrer à quelques rapprochements entre le coût de l'habillement ordinaire, au milieu du xve siècle et au début du xxe. Et, malgré l'impossibilité dans laquelle on se trouve d'établir, avec précision, le pouvoir relatif de l'argent, à deux dates

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