‹ Les comptes des bâtiments du roi (1528-1571) suivis de documents inédits sur les châteaux royaux et les beaux-arts au XVIe siècle (volume 2)Chapitre 3 sur 75 · Voy. p · texte numérisé non relu

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ments annoncés parle savant éditeur à la page 326 (notel), et qui’devaient trouver place dans l’Introduction. Il attachait certainement une importance particulière à ce document. S’il a réduit presque tous les articles, s’il a supprimé les formules notariales, il n’a retranché aucun passage. C’est une ' analyse, mais une analyse très-suffisante, très-complète, qui dispense parfaitement du texte original.

Ici s’arrêtent les feuilles dont M. de Laborde avait donné le bon à tirer. Les préoccupations ou les scrupules auxquels nous avons fait allusion plus haut suspendirent brusquement l’impression de l’ouvrage. Cependant plusieurs placards étaient déjà composés et, à l’aide du manuscrit, il a été facile de reconstituer la fin du second volume.

Parmi les pièces qui devaient le compléter, les unes ont été soigneusement conservées par nous; d’autres ont été imprimées ailleurs depuis l’interruption de l’ouvrage. Nous avons pensé qu’il n’y avait pas lieu de les publier à nouveau et qu’il valait mieux compléter le volume avec des pièces inédites.

V. — Le compte des Travaux faits pour Catherine deMèdicis au palais des Thuilleries en 1571, tiré du Cabinet des manuscrits, fond français n° 10399, a déjà fourni plusieurs passages très-importants à M. Adolphe Berty pour la Topographie historique du vieux Paris, région du Louvre et des Thuilleries (T. II, p. 233-237). Si M. Berty a extrait de notre registre les passages les plus curieux, et notamment les articles relatifs à la Grotte des Tuileries et aux travaux de Bernard Palissy et de ses fils, il a omis un grand nombre de payements que M. de Laborde avait compris dans sa publication. Nous donnons cette partie encore inédite ; mais nous supprimons tous les articles déjà publiés en indiquant soigneusement leur place dans le compte.

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VI. — Le fragment d’un Compte de travaux exécutés au jardin des Tuileries en 1570 se rattachait naturellement au chapitre précédent. M. de Laborde a pris soin d’in'diquer en note la provenance de ce fragment mutilé et la précaution qu’il a prise pour assurer désormais sa conservation.

VII. — Les deux comptes relatifs à F hôtel de Soissons et au château de Saint-Maur, en 1581, sont tirés d’un même registre appartenant aux Archives nationales, coté KK 124. Seulement, dans le registre, les comptes sont placés dans un ordre inverse de celui de leur publication : les dépenses de Saint-Maur commencent au folio 2, et celles de l’hôtel de Soissons ne viennent qu’au folio 71. Le registre KK 124, réduit ici à quelques pages, ne compte pas moins de 365 feuillets dans l’original. C’est assez dire que M. de Laborde a poussé ici à la dernière extrémité le système d’analyse inauguré dans les comptes précédents. 11 était impossible de rien changer à ce système. Il fallait ou retrancher complètement ce compte du volume ou le donner sous sa forme réduite. D’ailleurs M. de Laborde a pris soin le plus souvent de prévenir le lecteur de ses suppressions. Peut-être la publication intégrale de ce registre n’offrirait-elle pas un bien grand intérêt. Dans tous les cas, l’analyse qu’on trouvera ici en donnera une idée suffisante, sans empêcher un autre éditeur d’en faire l’objet d’une publication plus complète.

Ici s’arrêtent les pièces préparées par M. le marquis de Laborde et conservées par nous. Nous devons au lecteur les raisons de nos suppressions. Le second volume devait encore comprendre les documents suivants :

1° Extrait d’un vieil Ceuillois de l'eveschè de Paris où les droits de Censive et Rentes deubes à Monseigneur VEvesque de Paris sont,... terminé le 2i mai H96.

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Évidemment ce qui avait attiré l’attention du savant éditeur sur cette pièce, d’ailleurs tronquée, c’est l’énumération de plusieurs propriétés faisant partie du lieu dit les Tuilleries à la fin du xve siècle. Cette liste offre bien plus d’intérêt pour la topographie du vieux Paris que pour l’histoire du palais de Catherine de Médicis. Plus d’un demi-siècle sépare la date de cet acte de celle des premiers travaux; ce n’est point aux propriétaires nommés en 1496 que la veuve de Henri II a acheté l’emplacement de son futur palais. Cette pièce n’a donc qu’un rapport très-indirect avec les bâtiments royaux auxquels nos volumes sont consacrés. Elle demanderait en outre des éclaircissements, des notes, un commentaire étendu, qui ne sauraient trouver place ici.

2° Le Contrat de vente à Catherine de Médicis de l’emplacement du château des Tuileries, daté du 1 5 janvier 1563, formait le complément naturel de la pièce qui précède, et nous n’aurions eu garde de le retrancher s’il n’eût été déjà publié au moins deux fois : d’abord, par M. A. de Montaiglon, dans Y Annuaire du département de la Seine, de M. L. Lacour, pour 1861 (p. 786 et suivantes), et, en second lieu, dans la Topographie historique du vieux Paris, par M. A. Berty (tome II, p. 2-5). Cette pièce précieuse provenait des archives du baron de Joursanvault; elle est aujourd’hui conservée dans la bibliothèque de Rouen (collection Leber, n° 5730).

3° Les lettres patentes de Henri IV, données au mois de février 1609 en faveur des artistes et artisans des galeries du Louvre, ont également été publiées par M. Berty dans l’ouvrage déjà cité, et réimprimées, en raison de leur importance, dans les Nouvelles Archives de l’Art français (Année 1873, p. 9-26).

4° Enfin M. de Laborde avait préparé et même commencé l’impression des Mémoires pour servir a l’histoire des maisons royales etbastimens de France, .par A. Félibien, 1681, d’après

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le manuscrit de la Bibliothèque nationale. C’est sur ce môme manuscrit, on le sait, que M. A. de Montaiglon a publié récemment, pour la Société de l’Histoire de l’Art français, ces précieux mémoires, dont il préparait l’impression, dès 1858 (voy. biographie Didot, art. André Fèlibien), tandis que M. de Laborde, ignorant son projet, s’en occupait d’un autre côté. On verra plus loin que ce manuscrit formait le complément naturel des Comptes des bâtiments royaux que M. de Laborde venait d’imprimer.

Ainsi, des quatre documents retranchés, trois ont été publiés depuis 1858; l’autre, sans être précisément déplacé ici, sera plus à sa place ailleurs.

Il s’agissait de combler le vide créé par ces suppressions à la fin de notre second volume. Nous avions précisément entre les mains les éléments les plus convenables pour cet usage. Ignorant jusqu’à ces derniers temps le dépouillement fait par M. de Laborde des acquits au comptant de François Ier conservés aux Archives nationales dans les cartons J, 960, 961 et 962, nous avions, il y a déjà plusieurs années, entrepris un travail identique, destiné aux Nouvelles Archives de l’Art français. Heureusement le loisir de le publier nous avait manqué jusqu’ici. Notre travail eût fait, pour la plus grande partie, double emploi avec les extraits donnés par M. de Laborde. En effet, la plupart des articles relevés par nous se trouvaient déjà imprimés à la suite des Comptes des bâtiments, et ce n’était pas, comme de juste, les articles les moins curieux et les moins intéressants. Nous en avions relevé 530; sur ceux-là M. de Laborde en avait imprimé 320 ; il en avait donc laissé de côté deux cents environ, dont un certain nombre offrait une importance exceptionnelle. La raison de cette exclusion se trouve expliquée par la nature même des articles omis. Ainsi tous ceux qui concernent des peintres de réputation, comme le Primatice, le Rosso, avaient été soi-

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gneusement mis de côté, pour être employés ailleurs. Un seul fait suffira pour démontrer l’exactitude de cette explicaï tion. On trouve parmi ces extraits, à la page 210 de notre second volume, un état de « parties dues à des peintres et graveurs, etc. », du 17 janvier 1533. Le premier nom qui se présente est celui de Jean Francisque de Rusticliy, tandis que la pièce originale commence cette énumération, ainsi que nous l’indiquons dans nos additions, de cette manière : « Primo — A messire Roux de Rousse, est dû de reste la somme de 700 1. t. pour ses gages, etc..... » L’article relatif à Matteo del Nassaro, dans le même état du 17 janvier 1533, tous les autres passages qui concernent cet artiste dans la suite des acquits, tous les articles où paraît le nom de Jérôme délia Robbia, avaient été réservés pour des travaux ultérieurs. Nous avons pensé, et le lecteur partagera probablement cette opinion, qu’il valait mieux publier en une seule fois tous les passages de quelque intérêt appartenant à une même suite de documents. Ce système nous a paru d’autant plus rationnel que les acquits au comptant complètent et souvent confirment les énonciations des Comptes des bâtiments. Grâce à cette addition, pour laquelle nous nous sommes réservé de suivre un autre mode de classement que celui de M. de Laborde, nos volumes offriront le dépouillement aussi complet que possible, au point de vue de l’art, d’une des séries les plus intéressantes des comptes de François Ier. Nous n’avons pas à expliquer ou à défendre l’ordre dans lequel nos pièces sont classées; il rapproche les articles relatifs au même individu, à la même nature de travaux ; il facilite ainsi les recherches. Nous avions adopté ce classement avant de connaître le dépouillement de M. de Laborde; nous avons cru devoir le conserver en raison de l’étendue de notre addition.

'Une publication ancienne, les Archives curieuses de Cimber et Danjou, avait déjà exploité les acquits au comptant

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de François Ier, mais dans une si faible mesure que le travail devait être entièrement repris. Nous avons retranché de notre addition les articles publiés par Gimber et Danjou. On verra, par la liste de ceux que M. de Laborde avait imprimés de nouveau, et que nous indiquons soigneusement aux corrections et additions , à quel point leur dépouillement était superficiel et insuffisant.

Il nous reste à parler des Comptes des bâtiments qui occupent le premier volume tout entier et les deux cents premières pages du second. La matière est assez importante pour mériter quelque développement.

Ces comptes, qui vont de l’année 1528 à l’année 1570, sont, comme on l’a déjà dit, tirés d’un manuscrit cle la Bibliothèque nationale, placé autrefois dans le supplément français, sous le n° 336, et portant aujourd'hui le n° 11179 du fond français. A l’extérieur rien n’annonce l’importance de ce registre. Il a reçu une reliure très-ordinaire en veau, vers la fin de la Restauration, car il porte au dos les deux C enlacés de Charles X, trois fois répétés, et ce titre assez vague : Comptes des bâtiments du roi. De format petit in - folio , il se compose de 45A feuillets de papier solide, un peu jauni, numérotés d’un seul côté et entièrement remplis par une grosse écriture bâtarde de la seconde moitié du xvne siècle. ' Nous n’avons donc point affaire à un compte original, mais à une copie ou plutôt à un abrégé postérieur d’un siècle et demi environ aux premières années du compte. Je dis que le manuscrit est plutôt un abrégé qu’une copie; en effet, on

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peut remarquer qu’il se contente de relater bien souvent le total des chapitres sans entrer dans le détail de la dépense et des travaux; or, si peu qu’on ait feuilleté des comptes originaux du xvie siècle, on sait à quel luxe de détails et de formules se complaisent les comptables de François Ier et de ses successeurs immédiats. A ce point de vue, notre registre présente le contraste le plus complet avec les dépenses du château de Saint-Germain-en-Laye, de l’hôtel de Nesle et de l'hôtel de Soissons, dont il a été question plus haut. Si le rédacteur de cette compilation s’est appliqué à abréger les chapitres qui concernent la maçonnerie, la charpenterie, en un mot, les travaux de pure construction, il est facile de remarquer qu’il attachait une importance particulière à tous les ouvrages d’art, et celte préoccupation se trahit par le soin avec lequel sont copiés, article par article, les chapitres relatifs aux peintres et aux sculpteurs.

Évidemment l’érudit du xvir siècle qui a sauvé ces comptes si précieux d’une destruction complète s’occupait des choses de l’art, et ce seul indice suffirait pour nous mettre sur la trace de son nom s’il n’avait pris soin de l’inscrire lui-même à la première page du registre. On lit en effet, en tête du feuillet qui porte le n° 1, la signature de J. -F. Fèlibien des Avaux, c’est-à-dire de Jean-François Fèlibien, né en 1658, mort le 23 juin 1733, ûls d’André Fèlibien des Avaux (mai 1619 — 11 juin 1695). Tous deux furent, on le sait, historiographes des bâtiments du roi; tous deux ont laissé de nombreux ouvrages sur les beaux-arts et de nombreuses descriptions d’édifices royaux.

La destination de la copie ou de l’abrégé que nous publions aujourd’hui s’explique dès lors aisément. Ce registre, qui a appartenu au fils et fut très-probablement composé pour le père, est la source authentique qui avait fourni à ce dernier l 'Histoire des châteaux royaux dont nous parlions

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tout à l’heure et que la Société de l'histoire de l'Art français a publiée récemment. Évidemment cette compilation a été composée avant 1681, date de cette histoire, plutôt pour André Félibien que pour son fils, âgé seulement de vingtdeux ou vingt-trois ans et n’ayant pas encore de titre officiel. Lorsque Jean-François recueillit ce précieux manuscrit dans la succession de son père, il y ajouta cet ex libris autographe qui fixe irrévocablement son origine.

Si le manuscrit que nous publions n’est que l’analyse très-sommaire de comptes aujourd’hui perdus pour la plupart, si même nous avons eu maintes fois à constater des singularités dans l’orthographe des noms propres, les renseignements essentiels méritent la même confiance que s’ils étaient directement fournis par les comptes du seizième siècle. Nous sommes trop heureux, aujourd’hui que la plupart des documents originaux n’existe plus, de posséder les copies abrégées faites pour l’usage particulier d’André Félibien. Si nous avions seulement le manuscrit complet! Malheureusement la moitié au moins de cette copie analytique est aujourd’hui perdue, ou du moins égarée. Voici comment nous sommes arrivés à constater cette perte :

Entête du manuscrit se trouve une longue table, dont M. le marquis de Laborde n’aurait pas manqué de parler dans son Introduction, et sur laquelle il importe de nous arrêter un instant. Cette table n’occupe pas moins de cinquante-six feuillets, dont les vingt-six premiers seulement ont rapport au manuscrit existant. Elle continue sans interruption du feuillet 26 au feuillet 56, donnant les titres des comptes des années 1571 et suivantes, jusqu’en 1599. La copie faite pour Félibien se composait donc autrefois de plusieurs volumes, deux probablement, dont un seul nous est parvenu. Peutêtre le second n’est-il qu’égaré et se retrouvera-t-il quelque jour. Mais, puisque nous sommes privés des comptes qu’il

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renfermait, il ne sera pas sans intérêt d’en donner ici la table des matières, quelque étendue qu’elle soit. Cette table pourra dans certains cas suppléer à la perte du volume, ou bien aider à chercher les originaux dans les Archives ; elle donnera en tout cas le signalement précis du manuscrit aujourd’hui disparu et sur lequel nous appelons l’attention et la sollicitude de nos lecteurs.

Pour ne pas interrompre ces observations préliminaires, nous publions à la suite de l’Introduction la partie de la table relative au manuscrit perdu, sans y rien retrancher, mais en condensant le plus possible les rubriques qui indiquent la nature des travaux exécutés, tels que maçonnerie, charpenterie, menuiserie, etc.

Cette table contient un renseignement précieux sur lequel il est indispensable de fournir quelques explications. On trouve souvent en marge de certains articles, en général au début d’un compte, des notes ainsi conçues : « Premier volume de trois. — Deuxième volume de trois. — Troisième et dernier volume. » Évidemment le copiste qui analysait les comptes originaux a voulu ainsi mentionner le commencement d’un nouveau registre. Ces notes ne s’expliquent pas autrement. Nous possédons ainsi une preuve matérielle des abréviations et réductions qu’on a fait subir aux comptes originaux. A l’aide de ces mentions on pourrait arriver à reconstituer la composition de chacun des anciens registres et parvenir à reconnaître ceux qui ne seraient qu’égarés dans les dépôts d’archives ou dans les bibliothèques.

Par malheur le scribe n’a pas toujours indiqué très-soigneusement le commencement de chaque nouveau compte. Ainsi, après un deuxième volume relatif à l’année 1571, on trouve pour le compte qui va du 8 mai au 31 décembre 1573 la même mention : 2* volume. On aura omis d’indiquer la place exacte où commence le premier vo-

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lume de cette série. Nous avons suppléé autant que possible à ces lacunes, et nous avons constaté que le deuxième manuscrit composé pour Félibien donnait le résumé de trente -cinq registres originaux environ. Ainsi Félibien a eu entre les mains, a consulté et dépouillé soixante ou soixante-dix registres des Comptes des bâtiments au xvie siècle, aujourd’hui perdus ou égarés. Ce n’est pas un des moindres avantages qu’on puisse se promettre de la publication actuelle que d’aider à la recherche et à la découverte des registres encore existants qui auraient tant de prix pour nous.

On pourra avoir une idée exacte du volume aujourd’hui perdu par la table de celui qui nous est parvenu et dont nous avons fait, en la reproduisant intégralement, notre table des matières. Ainsi se trouve entièrement publié le manuscrit complet rédigé pour Félibien; de plus la table du premier volume rapprochée du texte rendra celle du second bien plus intelligible.

Le manuscrit qui nous vient de Félibien a été reproduit dans ses moindres détails par M. le marquis de Laborde. Peut-être s’étonnera-t-on qu’il n’ait pas abrégé les formules des lettres patentes, supprimé des longueurs inutiles, retranché certains actes répétés jusqu’à trois fois. Nous n’avons pas à rechercher les motifs du système adopté; nous constaterons seulement que la publication donne ainsi la physionomie la plus complète, la plus exacte, non pas du compte du seizième siècle, mais de la copie arrangée pour Félibien. Précisément à cause de la perte du compte original, il y aurait eu peut-être inconvénientà modifier, même très-légèrement, la nouvelle rédaction du xvii° siècle. Si on eût voulu corriger des fautes évidentes d’orthographe, supprimer des longueurs ou des répétitions, on se serait trouvé entraîné à des remaniements continuels, tandis que, grâce au parti adopté

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par l’éditeur, le lecteur a sous les yeux le texte même, le texte complet, tel qu’il a été rédigé par les copistes du xvne siècle sous la direction de Félibien.

En respectant le plus possible le travail de l’éminent éditeur, nous ne pouvions mettre au jour un livre inachevé et accepter une part de responsabilité dans sa publication sans nous imposer le devoir de corriger certaines erreurs de lecture que son auteur eût certainement signalées le premier, s’il eût eu le loisir de mettre la dernière main à son œuvre. Nous avons donc collationné sur les originaux les Comptes des bâtiments et tous les autres documents dont se composent ces deux volumes ; pour ne pas donner une étendue démesurée à nos corrections, nous n’avons pas tenu compte des différences orthographiques qui existent entre le manuscrit et le volume imprimé, du moment où le sens n’en est pas altéré; de même nous n’avons rien changé à la ponctuation, quand on peut la restituer à la simple lecture. Nous nous sommes attaché surtout à donner l’orthographe exacte des noms propres, telle que nous l’a transmise le copiste de Félibien; ajoutons que souvent celui-ci a défiguré le nom des personnages les plus célèbres.

Nous avons également rappelé certaines indications placées dans la marge, en tête de chaque compte. C’est l’énumération des résidences royales ou autres bâtiments auxquels le compte se rapporte. Il est vrai que les travaux afférents à chacun des châteaux sont presque toujours séparés, et l’énumération placée en tête du compte peut paraître superflue; mais ce surcroît de détails n’est pas toujours inutile, et, puisqu’on s’étudiait à conserver minutieusement la physionomie, les défauts et les répétitions du registre, il nous a semblé qu’on devait aller jusqu’au bout.

M. de Laborde avait encore un motif pour donner le texte des Comptes des bâtiments dans toute son étendue, de ma-

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nière à ce qu’il n’y eût plus à y revenir. Dans le premier volume de la Renaissance des Ans à la cour de France, une partie, une grande partie même, de ces comptes avait été publiée. Il est vrai que le savant éditeur de la Renaissance avait systématiquement réservé pour des volumes qui n ont jamais paru les articles relatifs à la sculpture et à 1 aichitecture. Les passages concernant le château de Fontainebleau et la sépulture des rois François Ier et Henri II étaient seuls reproduits in extenso, ou à peu de chose pies. Poui d’autres chapitres, tous les articles étrangers à la peinture ou à la sculpture avaient été soigneusement éliminés; tel était le plan suivi pour le Louvre, les dépenses de construction devant paraître dans une histoire de ce palais, tout ce qui se rapportait aux délia Robbia aurait été mis en œuvre dans l’histoire du château de Madrid. Si certaines lettres patentes étaient imprimées en entier, d’autres ne paraissaient qu en analyse. Enfin M. de Laborde ajoutait : « Plusieurs articles iront se fondre dans le volume des mélanges, tels que la mention de la Lèda peinte par Michel-Ange, et de Y Hercule sculpté par lui; ils trouveront leur commentaire douloureux dans le chapitre des Monuments détruits ou perdus pour la France. »

Si des passages aussi importants que les articles de la Léda et de l’Hercule de Michel-Ange se trouvaient omis à dessein dans cette première publication de nos comptes, c’était dans le but avoué de les employer autre part. Les lacunes que nous venons d’indiquer, et dont l’étendue devient encore plus saillante si on rapproche les six cents pages de nos deux volumes des deux cents pages de la Renaissance , ces lacunes, dis-je, rendaient utile, nécessaire, une nouvelle publication des mêmes comptes.

J’ai comparé, page par page, le texte de la Renaissance avec celui de nos volumes; pour donner une idée de la différence, je citerai seulement le début de ce rapprochement :

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Les lettres patentes, qui ouvrent le compte, occupent ici les pages 1 à 22, dans la Renaissance les pages 337 à 341. Voici la comparaison des pièces qui suivent :

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