‹ Les comtés de Rimouski, de Matane et de Témiscouata [microforme]Chapitre 3 sur 24 · FE US · texte numérisé non relu

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gênent pas cependant de chasser à outrance, On a vu jusqu’à ces derniers temps, sur le penchant de l’une des collines les plus abruptes de Saint- Gabriel, un vieux garçon retiré dans une chaumière, qui était séparée par des abtmes des premières habitations. Mais le cœur a fini par lui manquer et la contagion de l'exemple des paroissiens de Saint-Grabriel, dont les familles comptent des moyennes de dix à douze enfants, l’a gagné au point qu'il s’est décidé à conquérir à son tour le lot de cent acres offert gratuitement au père modèle ; il adonc pris femwe, ce qui a eu le bon effet, entre autres, de lui faire abandonner sa chaumière et de le rapprocher considérablement de ses co-indigènes.

On voit encore à Saint-Grabriel, quelques habitations en bois brut, maïs celles-là se transforment rapidement, et même sous nos yeux. On y cultive surtout l’avoine, qui est vendue dans les chantiers des marchands de bois.

Les habitants, qui ne retirent pas assez de leurs terres pour leur subsistance, travaillent euxmêmes dans ces chantiers, vu font des billots des: tinés à la vente. Ceux qui retirent suffisamment de leurs terres pour vivre dans l'indépendance sont l’infimeexception. Sans les chantiers la vie serait rude dans ce pays; heureusement qu'un certain nombre d'habitants trouvent à vendre

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leurs animaux aux commerçants de passage. On ne s'étonnera pas après cela si dans cette paroisse même si jeune, si peu avancée que tous les bras y seraient nécèssaires à la culture, l’'émigration aux Etats-Unis est néanmoins encore relativement considérable. Et comment en serait-il autrement ? Nos compatriotes sont aujourd’hui tellement nombreux dans les États de la Nouvelle Angleterre, notamment dans le New-Hampshire et le Massachusets, qu'ils y ort formé d'importantes colonies, gardant leur autonomie propre, leur caractère national, leur physionomie distincte, leurs ‘usages, leurs coutumes et, qu’en outre de tout cela, ils ont leurs propres églises, leurs couvents, leurs hôpitaux, en un mot, une autre province de Québec transportée aux Etats-Unis et pouvant remplacer avantageusement, sous bien des rapports, le Canada des aïeux.

Une jeune fille, que j'ai rencontrée sur mon chemin et qui était venue passer quelques semaines dans son endroit natal, qu’elle avait quitté tout enfant et où elle n’était pas revenue depuis dixhuit ans passés, me répondait, avec un haussement d'épaules très expressif, à certaines questions que je Jui faisais sur le rapatriement: ‘ Ah ! bien oui, il n’y a pas de danger ; je trouve donc ça misérable par ici! On est si bien à Fall River; là les Canadiens sont chez eux, ils vivent tous ensemble, ils peuplent une ville à eux seuls, La Flin,

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