‹ Les comtés de Rimouski, de Matane et de Témiscouata [microforme]Chapitre 4 sur 24 · A | DER · texte numérisé non relu

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et ne sont jamais en peine de trouver de l’ouvrage.” (La Flin veut probablement dire Flint,

nom d'une petite rivière qui traverse la ville de Fall River). C'est ainsi que nos Canadiens francisent les noms anglais chez les Américains euxmêmes ; histoire de prendre une revanche sur

l’anglification dont nous sommes affigés chez nous.

Qu'il me soit permis de placer ici quelques re. marques très sensées et très justes, faites au sujet du rapatriement par un homme en état de juger, qui est allé visiter l’année dernière la plupart des centres canadiens du Massachusetts et du New- Hampshire.

“ Les Canadiens-français sont dans une bien meilleure position qu'ils ne l'étaient il y.a quinze ans, [ls forment maintenant des groupes importants dans chaque ville ; ils ont leurs églises, leurs couvents, avocats, médecins, marchands, fournisseurs, ete. dont un grand nombre sont très riches. N’allez pas croire qu’ils consentent à travailler au rapatriement. Bien au contraire, ils font tout ce qu'ils peuvent pour l'empêcher, +t essaient d’augmenter leur nombre en engageant leurs amis à venir les rejoindre. Ils voient et comprennent qu'ils augmentent en influence et qu'ils seront bientôt en position de faire sentir leur influence à la Chambre des Représentants. Les curés sont

aussi désireux de les voir augmenter en nombre et en influence, de sorte que, quelque plaisir qu'ils puissent éprouver à voir prospérer la province de Québec, ils ne feront jamais rien pour le rapatriement.

“ Cependant un grand nombre d’ouvriers entretiennent encore l'espoir de pouvoir un jour revenir à Québec, avec un capital suffisant pour s’établir sur une ferme. Mais comme la majorité d’entre eux appartient à la classe la plus pauvre, il leur faut quelque temps pour réaliser leur projet ; ils ne sont pas aussi économes qu'ils l’étaient au Canada, il y a beaucoup d'occasions de dépenses et les salaires sont has, à cause de la grande concurrence,

‘ Les jeunes gens nés ici et ceux qui, arrivés jeunes, y ont été élevés, à peu d’exceptious près, ne reviendront jamais demeurer à Québec. Ils sont essentiellement américains, et autant vaudrait essayer de persuader aux Canadiens de retourner aux terres de la vieille France que d'induire ceux-là à retourner au Canada.

“ Le nombre des Canadiens français augmente d’une façon étonnante dans la Nouvelle-Angleterre. Ils ont des avantages immenses sur les autret émigrés. Les chefs des fabriques leur donnert invariablement la préférence, leurs amis ici font (les arrangements pour les recevoir, de

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sorte que, lorsqu'ils arrivent par familles entières, ils trouvent leurs logements prêts et peuvent obtenir à crédit de leurs co-nationaux ce dont ils ont besoin pour les premiers mois de ménage. Ils obtiennent de l'ouvrage immédiatement ; ordinairement leur place à la fabrique les attend. L'augmentation naturelle est aussi rapide que dans la province de Québec. Iln’y a aucune diminution sous le rapport de la fécondité.”

Avant de quitter Saint-Gabriel, jetons un coup d'œil à notre droite sur le fameux mont Comis, qui a une altitude de deux mille trente six (2,- 026) pieds au-dessus du niveau du fleuve et au- . quel se rattachent de nombreuses traditions, qui mériteraient d'être vérifiées par une étude scientifique approfondie ; entre autres, on y avait découvert jadis des ossements de baleine, des coquillages et des squelettes de poissons divers, mais ces ossements n'ayant pu être retrouvés à la suite de quelques tentatives, plus on moins sérieuses, sont restés à l'état de tradition. Cette tradition, néanmoins, est persistante.

. Le mont Comis est situé entre Saint-Donat et Saint-Gabriel. En le regardant attentivement, on ne tarde pas à découvrir une sorte de dépression

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dans sa couronne. C’est dans cette dépression que repose, entre des flancs granitiques, un fort beau lac de quinze à vingt arpents de longueur et d’une profondeur inconnue. Est inconnu également le débouché du lac; on suppose qu'il a liea par quelques crevasses souterraines, et que par là ses eaux s'écoulent dans un deuxième lac que l’on a également constaté à mi-hauteur de la montagne, Le lac supérieur est absolument dépourvu de poisson, tandis que le deuxième en contient abondamment. À la base du mont Comis, du côté sud, on trouve sept autres lacs, que les plus hardis et les plus véridiques des pêcheurs s'accordent à reconnaître comme le merveilleux séjour des meilleures truites qui existent et qui existeront jamais dans notre province.

Entre Saint-Gabriel et Saint-Marcelin le pays a une apparence misérable, qu'on aurait tort toutefois d'attribuer à la qualité de la terre. On n’y voit guère comine habitations qne des huttes en rondines ; (Log houses) bien peu sont en bois équarri et un grand nombre ont été abandonnées. ŒElies sont là, avec leurs portes cadenassées et les ouvertures, qui leur servaient de fenétres, masquées de planches, au milieu des champs remplis de souches pourrissant petit à peuit, et où la végétation primitive a repris son empire, à mesure que l’homme les a désertés.

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Les côtes continuent et se succèdent avec une véritable émulation. On aperçoit au loin la route, monter, monter toujours et l’on se demande avec terreur si jamais on arrivera à pouvoir gravir ces interminables hauteurs. On y arrive toutefois, mais on croit avoir fait vingt lieues, On interroge la campage et l’on ne voit nulle part ce qui s'appelle Saint-Marcelin. Enfin, après avoir dépassé une route qui conduit du chemin Taché, où nous sommes, au chemin Neigette, six milles plus bas, route nouvellement ouverte, grâceià la diligence du docteur Fiset et du dernier député : local, feu le colonel Martin, premier débouché enfin qui ait été donné au chemin “laché, on. aperçoit quelques rares habitations se rapprochant d’une maison ordinaire, surmonté d'un semblant de clocher. C’est là Saint-Marcelin, avec sa petite chapelle où les pauvres gens de l'endroit se rassemblent bien rarement, parce que le curé de la paroisse voisine n’y vient qu’à des intervalles éloignés, et même n’y est pas venu du tout dans l'été de 1890.

Malgré la pauvreté de l'endroit, les habitants ne semblent pas encore trop mécontents de leur sort Ils travaillent dans les chantiers, font leurs étoffes chez eux, tiennent leurs maisons propres et ne vous montrent, quand vous les visitez, que

des visages épanouis et florissants. Les enfants ont #

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