‹ Les comtés de Rimouski, de Matane et de Témiscouata [microforme]Chapitre 5 sur 24 · PE: UE · texte numérisé non relu

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une apparence de vigueur et de santé vraiment étonnante. J'en ai vu deux, de quatre à six ans tout au plus, qui revenaient du bois, en couduisant eux-mêmes un cheval attelé à une paire de menoires, auxquelles était retenu un billot fratchement découpé.

Après une courte halte dans la maison de monsieur Gagné, la maison par excellence de Saint- Marcelin, nous faisons encore quatre milles dans le chemin Taché, en plein bois et à travers de hautes herbes, qn le cheval repousse de son poitrail ; on tourne à droite et l’on prend la route de Sainte-Blandine, deuxième débouché du chemin Taché, nouvellement ouvert, aussi lui, et complété cette année seulement.

Quant au chemin Taché, il continue encore dix ou douze milles plus loin, dans les mêmes conditions que ci-devant, et ensuite il devient tout à fait impraticable. Il était dans un bon état ily a quelques années, mais on l’a abandonné depuis parce qu'il n'avait pas de débouché ; maintenant, il est probable que les colons vont de nouveau

aller sy établir. Notons que les arbres de la forêt qu'il traverse sont remarquablement hauts et vigoureux ; ce sont pour la plupart des merisiers, des bouleaux et des épinettes.

Le voyageur est surpris de la régularité et de la fermeté de la route de Sainte-Blandine, ouverte

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en pleine forêt et où les côtes non plus ne manquent pas, jusqu’à une distance d'environ quatre milles du littoral.

Les six premiere milles de la route de Sainte- Blandine se font dans le bois ; puis petit à petit les ‘ déserts ” se dessinent, s’agrandissent, augmentent en nombre et enfin apparaît la campagne ouverte et les premiers rangs de Sainte-Blandine, paroisse située à neuf milles en arrière de Rimouski et d'une apparence bien médiocre, si on la compare aux magnifiques terres que nous avons vues peu de temps auparavant à Sainte-Angèle.

Ici, monsieur le Premier, se termine mon rapport sur ce qui concerne cette partie ds l’intérieur du comté de Rimouski. Je me permettrai d'y ajouter un dernier mot en manière de conclusion et je l'adresse surtout à vous, dont le patriotisme, toujours en activité, promel de renouveler à courte échéance la surface du pays et de réaliser ses destinées longtemps pressenties, mais bien des fois retardées. Quand on aura construit entre le comté de Bellechasse et le lac Témiscouata un chemin de fer qui, se prolongeant ensuite jusqu’à Matapedia, se réunira à ce dernier endroit au chemin de fer de la Baie des Chaleurs, et que, à partir de Gaspé, on aura construit une nouvelle voie ferrée contournant la Gaspésie, touchant en passant à Matane et venant enfin se raccorder à

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l'Intercolonial, en arrière de Métis, on aura entouré toute la moitié inférieure de la partie sud de notre province d’un collier de fer, plus précieux que tous les colliers de perles et de diamants, et qui sera la richesse du grand nombre en même temps qu'une œuvre immense accomplie par un gouvernement qui aura eu l'intelligence de sa mission et la volonté de l’accomplir.

Agréez, Monsieur le Premier, Mon respectueux hommage, ARTHUR BUIES.

Rimouski, 15 septembre 1890.

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