‹ Les comtés de Rimouski, de Matane et de Témiscouata [microforme]Chapitre 6 sur 24 · LE CUMTÉ DE MATANE · texte numérisé non relu

LE CUMTÉ DE MATANE

À L'HONORABLE H. MERCIER, Premier ministre de la Province de Québer,

Monsieur le Premier,

J'ai l'honneur de vous soumettre le rapport suivant d'une exploration spéciale, que je viens de faire dans le nouveau comté de Matane, en vue de constater et d'établir les conditions générales de cette contrée, en même temps que les raisons déterminantes qui justifient ou plutôt nécessitent impérieusement la construction d’un embranchement de l'Intercolonial, entre un point de cette dernière ligne, soit la station de Saint- Octave-de-Métis, soit dans les environs, et le ‘ port ” de Matane,

‘n Je me suis arrêté dans chacune des paroisses qui se trouvent sur le parcours projeté du futur embranchement ; j'ai examiné attentivement les lieux, j'ai consulté toutes les personnes en mesure de me donner les meilleurs renseignements, tels

ii SD Lu

que les curés, les marchands et les cultivateurs éclairés, et je dois dire que les considérations qui naissent de la perspective de cette entreprise, en apparence très secondaire, puisqu'il ne s’agit que d'un embranchement de trente (80) milles environ, sont tellement importantes et nombreuses, qu’elles exigent un exposé circonstancié et soigneusement réfléchi, au lieu d’un simple rapport sommaire, comme je suis obligé de vous le présenter aujourd’hui, afin de vous mettre plus rapidement au courant d’une situation pressante.

Je vais donc m'attacher uniquement à établir quelques bases fondamental: s et à faire ressortir les conditions essentiellement inhérentes au sujet.

L'embranchement projeté traversera une des régions les plus belles qu'on puisse voir dans n'importe quel pays du monde, une région des plus favorisées par la nature, une région enfin qui deviendrait, grâce à des communications et aux développements qui en sont la conséquence, l’une des plus prospères et des plus productives de la province.

I] n’y a guère plus de trente-cinq ans, un peu plus un peu moins, que cette région est établie, et déjà huit à dix rangs de concessions sont occupés, des paroisses nouvelles se sont formées, à quatre ou cinq lieues du fleuve, dans le voisinage de l'Intercolonial, et les paroisses qui se sont établies

ou RE

les premières sur le bord du fleuve, telles que Sandy-Bay, la Rivière-Blanche et Saint-Jérômede-Matane, que l'on met déjà au nombre des anciennes paroisses, ont eu un développement inoui, pour des endroits laissés à leurs seules res-

sources et à l'accroissement naturel de la population. Quané je dis ‘“ laissés À leurs seules res-

sources,” je ne fais que répéter la plainte que j'ai entendu formuler sans distinction par les curés et les négociants de chaque paroisse, qui

parlent amèrement de Fr abandon dans lequel les

ont tenus, avec une “espèce e de parti pris, les ou”

PE LL Lul

Yérnements torys qui ont Las LM 4 la province

Se Gr

voir, de PTT CR me que les Re Jocaux, qui. ne

À ne ann nm gi

ue leur apparition au milieu d'eux .que

endant Tes périodes électorales.

monte een Manon 0460 A0 Vanne #3 attend a eg De PE

MN a était absolument sans routes et même sans des chemins de colonisation rudimentaires, et par suite tout réveloppement, tout défrichament serait devenu impossible, si la construction de l’Intercolonial n'avait pour ainsi dire forcé la main aux gens et rendu comme inévitable l'établissement de cette partie du pays, Sans comnmunications, un pays reste comme un embryon dans son enveloppe.

Li Re

Les routes et les chemins sont comme les artères et les veines, par où s'écoule le sang ; sans la circulation pas de vie possible; le corps devient inerte et paralvsé ; de même, sans les communications, l’agriculiure s'étiole et meurt ; les cultivateurs désertent en foule; non seulement ils se voient incapables de retirer le moindre profit de leurs terres, mais ils perdent jusau’à l'espérance, qui est leur dernier appui et leur consolation suprême.

Aussi n’ai-je pas la moindre crainte d'affirmer hautement que c’est par suite de l'absence ou de l'insuffisance des communications et d’une sollicitude réelle, efficace, diligemment et soigneuses ment appliquée à la colonisation que nous avons souffert, depuis tant d'années, de la plaie sans cesse grandissante de l’émigration. Quand on constate, comme je viens de le faire, les ravages profonds de cette plaie, dans de jeunes comtés comme celui de Matane, où tout invite l'enfant à rester sur le sol de, ses pères, on reste comme frappé de stupeur, à l’idée de l’inintelligence en quelque sorte contagieuse et de l’incurie des gouvernements qui ont précédé le vôtre.

C’est là, monsieur le Premier, la considération non seulement matérielle, mais surtout morale sur laquelle je veux insister dans le présent rapport.

Page 1