‹ Les Conceptions modernes des Albuminuries fonctionnellesChapitre 27 sur 29 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

C..., Albert, 16 ans. Entré dans le service le 30 janvier 1928 pour angine et laryngite. Température à l’entrée 37,99 vespéral, pouls 00. Trois jours après l'entrée du malade dans le service : Oligurie 800 grammes par 24 heures. Urine bouillon trouble. Présence d’albumine dans les urines, 5 gr. par litre. Sédiment: Nombreux leucocytes et hématies. Cellules épithéliales. Nombreux cylindres granuleux.

Urée sanguine 0,31 par litre. Phénolsulfonaphtaléine 60 % la première heure. La tension artérielle est 130 maxima, 9 minima au Riva Rocci.

Le sujet n’a pas d’œdème.

Le malade est mis au régime lacté absolu. Ventouses scarifiées sur les lombes. Tisanes lactosées. Il garde le lit. En 1o jours, l’albumine urinaire diminue considérablement. On en décèle plus que des traces, mais depuis, c'est- -à-dire les 10 jours suivants, ces traces persistent toujours. Le sédiment urinaire contient encore quelques leucocytes, hématies et cylindres granuleux.

Cependant la diurèse moyenne est de 1500. Les urines sont très éclaircies.

zre Expérience.

25 février 1928. Aves 25 jours de lit, on permet au malade de se lever une partie de la journée. On recueille chaque miction séparément. Le malade est toujours au même régime.

7 heures. Petit déjeuner : Echantillon émis à 8 h. 30. Malade debout. Alb. traces.

Echantillon émis à 11 h. 30. Malade debout Alb. traces. 12 heures. Déjeuner : Echantillon émis à 14 h. Malade couché. Alb, traces, 14 heures Café au lait: Echantillon émis à 17 h. Malade couché Alb. traces.

18 heures Dîner: Echantillon émis à 21 h. Malade couché. Alb. traces.

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7 heures. Petit déjeuner : lendemain matin. Echantillon émis à 7 h. lendemain matin. Malade couché. Alb. traces. Ici l'influence immédiate de l’orthostatisme n'apparaît pas tout à fait nettement. Nous n’avons pu doser l’albumine pour chaque échantillon, étant donné, son peu d’abondance. Mais l'influence de l’orthostatisme sur les urines de 24 heures semble indiscutable. Le taux d’albumine par litre s’est en effet élevé de « Traces indosables » à 0,5 gramme. Enfin, fait important, la diurèse qui était de 1500 avant l’orthostatisme, est tombée à 1000 sous son influence.

Nous avons fait plusieurs fois l'expérience chez ce même malade. Nous avons obtenu les mêmes résultats. Le clinostatisme par contre abaissait de nouveau le taux de l’albumine.

Chez un autre de nos malades l'influence de l’orthostatisme est apparue aussi nettement. C'était un sujet, ayant une néphrite subaiguë d’origine tout à fait indéterminée. A la suite de l’orthostatisme, le taux de l’albumine urinaire qui depuis dix jours se maintenait à o,5 gramme, le malade restant couché et au lait, s’est élevé à un gramme par litre et par 24 heures. Le malade ayant repris le lit, l’albumine retomba à son taux antérieur, où elle se maintient. En même temps, le volume urinaire des 24 heures qui avait légèrement diminué augmenta de nouveau.

Enfin, chez un troisième sujet, qui présentait 1/8 de gramme d’albumine par litre à la suite d’une néphrite légère consécutive à une angine et à un mauvais état dentaire, l’orthostatisme, et le clinostatisme n’exercèrent aucune influence sur le taux de l’albumine.

Il ressort, en somme, nettement de la plupart de ces observations que souvent les variations des taux albumineux sont en relation étroite avec la station debout. Et comme le fait remarquer M. Hanns, «Si cette dépendance n’est pas toujours apparente c’est qu'elle’ est masquée par quelque autre facteur de variation de l’albuminurie ».

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La notion de l'influence de l'orthostatisme sur les albuminuries néphrétiques a un grand intérêt doctrinal. | semble que l’orthostatisme n’agisse que par l’oligurie qu’il provoque. L’élévation du taux albumineux n’est que relative. Le facteur circulatoire ne semble donc dans le cas des albuminuries dites fonctionnelles qu'être un facteur contingent et non essentiel, quelle que soit son importance !, il ne peut avoir d'effet que sur un rein prédisposé, très légèrement lésé, disent les uns, « débilité, incomplètement développé » disent les autres.

1 Même dans le cas de stase rénale par asystolie, il est très possible qu’une congestion aussi importante de l’épithélium rénal entraîne des lésions plus ou moins passagères de cet épithélium, de même que la congestion des bases pulmonaires peut entraîner des lésions du parenchyme du poumon.

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