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pour lammoniaque des chiffres normaux. Par contre; si on la laisse s’accumuler dans un appareil, et qu'on l'analyse au bout de quelque temps, on trouve des chiffres très élevés, résultant de la décomposition produite par les bactéries adhérant aux parois.
Pflaundler, au contraire, déclare abondante l’élimination d'ammoniaque par les urines ; mais pour lui, les taux sont à peu près les mêmes chez le nourrisson malade et chez le nourrisson sain. L’abondance de cette élimination est causée en partie par un excès d'acidité physiologique des sucs organiques, qui semble être en relation avec la grande quantité de substances grasses dans l’alimentation des nourrissons, mais tient probablement et surtout à un développement défectueux des fonctions oxydantes du foie dans le premier âge.
L'énergie du ferment oxydant hépatique a été précisée par des expériences faites sur le cadavre et dépend des changements anatomiques du foie malade. . Enfin, Keller et Gregor, pour parer à la production anormale des acides par les aliments riches en graisse, ont, en modifiant la soupe au malt de Liebig, composé un aliment pauvre en graisse et substances albuminoïdes, riche en sucre, facilement assimilable et éontenant une quantité suffisante d'alcalins. Ils se déclarent très satisfaits de cette préparation dont Rudolf Fischl n'a cependant pas obtenu de très bons résultats.
C'est l'opinion de ce dernier auteur qui nous servira de conclusion. L'acidose constitue un symptôme important des affections intestinales ; mais elle n’en
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est nullement la cause, pas plus qu'elle n’est la cause du choléra asiatique, dans lequel cependant la surproduction d'acides est poussée à un tel degré, que les tissus présentent parfois une réaction acide. De plus, comme l’a démontré Templier, examen du contenu stomacal, qui est acide, ne permet pas de conclure à une auto-intoxication par les alcalins.
CHAPITREUVN
Rôle de l’état physique du Lait.
Dans ce chapilre, nous nous proposons d'étudier les qualités normales et anormales des divers laits el leur influence sur la production d’un état morbide, le rôle des microbes étant enlièrement laissé de côté. Nous ne devrions avoir à étudier que le lait de femme, qui seul répond aux besoins du nourrisson; mais la pratique hors nature de lallaitement artificiel s’est tellement généralisée, que notre étude, pour être complète, doit nécessairement s'étendre au lait de vache, ainsi qu'aux nombreuses préparations industrielles ou de laboratoire qu’on a essayé de lui substituer, ses déplorables effets étant généralement admis.
Le lait de femme est blanc ou légèrement bleuâtre; son odeur est sensiblement nulle, sa saveur douce et sucrée; ilest légèrement alcalin au moment où l’on vient de le reirer des mamelles Il est remarquable par ia faible proportion de caséine et la quantité considérable de beurre {de sucre qu'il renferme. A l'état normel,il conslilue pour le nourrisson le seul aliment
UE parfaitement digestible. Cependant, sous l'influence de certains états physiologiques maternels, tels que la menstruation, il peut devenir nuisible pour l'enfant, comme s’il se chargeait de toxines. Uffelmann recommande de surveiller Pallaitement dans ces périodes et de arrêter, si les troubles de la santé de l'enfant sont graves el persistent après les règles.
De même, pendant la gestation, de pareils accidents peuvent se produire au dire de quelques auteurs. Enfin, les maladies de la nourrice retentissent sur l’état général du nourrisson. D’une manière générale, dans les maladies aiguës, on constate une diminution dans la quantité d’eau et de sucre du lait et une augmentation du caseum, du beurreet des sels ; dans les maladies chroniques, l’eau et le caseum diminuent ; les sels et le beurre augmentent. Il en résulte une digestion plus laborieuse, et par suite, une dénutrillon de l'organisme pouvant conduire à des accidents plus graves.— Des émotions intenses, la colère, fort diminuer la quantité d’eau et d’albumine, augmenter les sels, le sucre et surtout le beurre et peuvent aussi influencer défavorablement sur l’état de l'enfant. D'après Gutteron, la quantité de chaux que contient normalement le lait s’abaisse dans Postéomalacie. Nous signalerons également le rôie que joue l'alimentation de la mère, qui, sielle est {trop copieuse, comme cela se voit chez les nourrices des familles riches, augmente les proportions de graisse et diminue celles du sucre.
La conclusion que nous pouvons tirer de ces faits, c'est que le lait de femme peut provoquer des acci-
Re dents chez Penfant lorsque la mère est malade ou simplement dans un état physiologique anormal.
Nous voici arrivés à l’élude du lait de vache, le plus usité et dont l’emploi tend malheureusement à se généraliser de plus en plus. Et cependant le lait de vache n’est pas plus apte à alimenter un enfant que le lait de femme à nourrir un veau.
Il y a là une de ces erreurs qui font comme partie du patrimoine populaire et contre lesquelles la science s'insurge en vain depuis longtemps. Les récouvertes chimiques de Biedert ont montré les différences qui existent entre ces deux laits : chez la femme, beaucoup de sucre, beaucoup de crème et de caséine; chez la vache, peu de sucre, beaucoup de crème et de caséine. De plus, cette caséine ne jouit pas de la même digestibilité que celle de la femme. Gautrelet la considère comme un dérivé par hydratation des amides albuminoïdes dont Je type est i’ovo-albumine ou albumine de l’æuf et de ses isomères, la sérine et la légumine. Or, les éléments apportés par Palimentation du sang et susceptibles de se transformer en albumines lors des échanges nutritifs étant multiples, le point de départ de la formation de Ja caséine est tout à fait différent dans certains groupes d'animaux et dans certains autres : par exemple pour les herbivores en comparaison des carnivores. Par conséquent, les caséines sécrélées par ces groupes d'animaux et même par leurs sous-groupes doivent être analogues simplement sans être identiques. Or, dans la précipitation de la caséine, la forme et les dimensions du précipité sont très
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variables suivant la provenance. Si ce précipité provient du lait de femme, il est à l’état de poussière impalpable, non susceptible de s’agglomérer et passant à travers un filtre ordinaire. S'il provient du lait de vache, il est dense, formé de flocons volumineux, semblables à des mèches de charpie et s’agglomérant avec facilité. On comprend qu'il soit alors plus difficilement digéré, et de fait, le chimisme stomacal montre qu'il est transformé avec une somme de travail plus considérable de la part de l’estomac et formation d'éléments inutiles, les acides libres et les acides de fermentation qui n'apparaissent pas dans la digestion du lait de femme.
De plus, Knopfelmacher a trouvé, dans les fèces des nourrissons alimentés au lait de vache, de la pseudo-nucléide, produit du dédoublement de la caséine et de la para-caséine. L'organisme perd ainsi une quantité de phosphore égale à 4 ou 5 0/0 de celle contenue dans les substances albuminoïdes.
Les différences de composition entre le lait de femme et celui de vache étant connues, on a cherché à les faire disparaître par des moyens appropriés. Ainsi la quantité d’eau contenue dans les premiers est, en moyenne, de 2 0/0 supérieure à celle que renferme le second. On ajoutera donc 2 cuillerées d’eau à 100 de lait. Artemieff abaisse par l’écrêmage le tuux de la crème de 3,64 0/0 à 0,4 0/0. Le taux de la caséine s’abaisse par le chauffage ; une partie forme une peau sur le luit, l’autre se transforme en peptone et tandis que le lait cru contenait, d’après
Schmidt, 3,15 0/0 de caséine, le lait cuit n’en contenai! plus que 2,85. On cblient le même résullät en ajoutant du carbonate de soude qui diminue lacidité et dans Jequel la caséine est soluble. Pour augmenter la proportion de sucre, on ajoulera une cuillerée à café de sucre de canne par verre de lait. Certains auteurs, parmi lesquels Trousseau, ont préconisé l'emploi des décoctions d'orge, de gruau, qui feraient précipiter la caséine en flocons finement divisés. Mais d’autres soutiennent qu'elles n'ont pas plus d’effet que l’eau. Biedert coupe le lait avec une solution de gomme arabique; Tarnier, avec de l’eau sucrée : » grammes de sucre pour 100 d'eau; 3 parties de celte solution pour 1 litre de lait au début, puis de moins en moins jusqu’à 6 mois, âge où il le donne pur. En outre, dans le cas de digestion difficile, il ajoute quelques grains de sel; s’il y a constipation, 0 gr. 05 de bicarbonate de soude; s’il y a diarrhée, 1 cuillerée ou une demie d’eau de chaux à chaque repas. Boury la préconise à la dose de 4 cuillerées à soupe par litre de lait comme antidiarrhéique, antiseptique et antirachitique. à
D'autres préparations ont été également préconisées ; Saint-Yves Ménard parle avec éloges du lait humanisé, qui est du lait de vache de bonne qualité auquel on a enievé la proportion de caséine, excédant ceile du lait de femme par les procédés ordinaires de fabrication du fromage. Après avoir oblenu, par essais successifs, la proportion correspondante à #eile du lait de femme, où stérilise à 118, Au-dessus de cette température, celte préparation
ie risque de s’allérer; au-dessous, elle se colore et prend un goût prononcé. L'auteur, qui l’a employée pendant trois ans, n’a observé ni diarrhée verte, ni indigestion, et déclare que dans l'estomac des jeunes enfants, elle laisse précipiter sa caséine en caillots plus fins que ceux du lail ordinaire, et presque semblables à ceux de la femme.
Hauser à recommandé le lait ailbumosé, prépation dans laquelle le lail est combiné à de l’albumine d'œuf chauffée à 130°. Sa composition est la même que celle du lait de femme, et il se comporte comme lui au point de vue de la coagulation. Hauser en a obtenu des résultats excellents, surtout dans les dyspepsies fébriles. Les nourrissons malades gagnaient 150 à 300 grammes par semaine, el leurs selles devenaient identiques à celles des nourrissons nourris au sein.
Baginsky et Sommerfeld ont préconisé l'emploi de lEucasine, préparation albuminoïde parfaitement assimilée par l’organisme de l’enfant, et dont l’administration, longtemps continuée, ne provoque aucun trouble digestif ; on note seulement une légère augmentation dans l'élimination de l’azote, et une diminution notable dans celle de l'acide urique.
En Allemagne, on à essayé de faciliter la digestion des substances azotées, contenues dans le lait de vache, par une diestion préalable. (Lait peptonisé, lait de Voltmer, de Backaus.)
D’autres cliniciens préfèrent seulement diminuer la quantité de substances protéiqnes , tandis qu’ils
cherchent à conserver la quantité originelle de
== graisse en centrifugeant le lait dilué, ou en lui ajoutant des quantités exactement mesurées de crème, ou, comme Monti, de petit lait. Ses expériences montrent que par ce dernier coupage on se rapproche bien plus que par le coupage à l’eau du lait de femme, et surtout du premier lait. (Erstlingsmilch.)
Enfin, on a aussiremplacé avec succès le sucre de lait par un autre sucre plus parfaitement brûlé par les tissus de l’organisme, le maltose (Liebig’s Suppe, Keller’s Malzsuppe).
Les découvertes microbiennes ont montré que le lait pouvait servir de véhicule aux agents pathogènes, celui de la fièvre typhoïde, par exemple. Brush a insisté sur la grande quantité de tuberculeux dans les pays riches en vaches laitières. Ehrlich a montré que le lait pouvait servir de véhicule au microbe du tétanos. La conséquence de ces faits a été la stérilisation du lait par la chaleur. Mais aussitôt sont apparusles inconvénients de cette méthode. Vinay a montré qu’à une température élevée, l'enveloppe des gouttelettes se rompt, leur contenu s’agglutine et, quand le lait se refroidit, il Se forme une pellicule constituée par des srumeaux de beurre ; ce qui le rend moins propre à l’alimentation. Les matières albuminoïdes sont rendues en grande partie insolubles et, d’après Leeds, une haute température nuit au ferment qui liquéfie lamidon. Enfin, de Sinéty a signalé l’apparition d’une coque albumineuse autour des globules de graisse. Le suc gastrique ne parvient pas à dissoudre ces coques et, pour Vincent, elles jouent le rôle de corps
a Me étrangers de l'intestin et sont susceptibles de provoquer une entérite.
D'ailleurs, qu'est-ce que le lait stérilisé du commerce ? Pour Smester, ce n’est même pas du bon lait, car il provient Souvent de vaches mal soignées, nourries de feuilles de betteraves, d'artichauts, dé drêches, de tourteaux, de colza ou de lin et, comme tel, peut occasionner au nourrisson de la dyspepsie et de la diarrhée verte. Si l’on peut éviter cet inconvénient, en nourrissant convenablement les vaches, en les lavant, les étrillant, en leur donnant de læ bonne eau, la stérilisation rendra cependant le lait moins apte à la digestion. C’est ce qui a fait accepter le lait tiédi par plusieurs médecins, parmi lesquels Marduel, qui le déclare plus digestible, plus nultritif, non altéré dans son goût et Sa composition. Arloing recommande l’ébullition passagère, suivie d'un filtrage sur un linge, pour retenir les coques de Sinéty, et Gautrelet le chauffage jusqu’à l’enlevage seulement, et l’aération par le fouettage avec une fourchette, pour parer au défaut d’excitation de la muqueuse gastrique par les liquides privés de gaz.
La multiplicité de ces procédés semble à priori être un argument contre leur valeur. Il est admis que le lait stérilisé permet d'éviter bien des contagions par les microbes qu'il contenait avant lastérilisotion, et c’est là un indiscutable progrès. Mais au point de vue des affeclions intestinales, existe-t-il une seule préparation qui, à un moment donné et sous l’influence de causes inconnues, ne soit susceptible de provoquer des troubles digestifs ? Non; el cependant
0e si l’on n’envisage que la constilution chimique de ces préparations, on la trouve à peu près identique à celle du lait de femme.
Il doit donc primitivement y avoir d’autres différences que des différences de composition chimique entre le lait de femme et celui de vache. Onne s’expliquerail pas sans cela les mauvais résullats obtenus et la pratique de quelques médecins : de Variot, par exemple, etavant lui Parrot, qui donnent à leurs nourrissons le lait de vache pur. Heubner déclare que lintestin de nourrisson sain est capable de digérer le lait de vache tout aussi bien que le lait de femme. Ils ne présentent entre’eux pas plus de différences que les viandes de porc et de bœuf, que l'adulte mange indifféremment et dont la valeur nutritive générale, l'énergie potentielle est à peu près la même. La seule particularité est que le lait de vache exige plus de travail et laisse plus de résidus. Heub ner et Rübner ont élé conduits à cette opinion par une série d'expériences très minutieuses, dans lesquelles ils ont essayé d'évaluer la nourriture uniquement d’après sa valeur en calories. Ils ont mesuré l'élimination d’eau et d'acide carbonique qui se fait chez un enfant suivant les aliments qu'on lui donne. Dans une de leurs expériences, par exemple, ils ont nourri un enfant avec du laït, un autre avec de la farine. Par heureet par kilogr. de poids, le premier éliminait 1,465 d’acide carbonique et 2,302 d'eau; le second 1,221 d'acide carbonique et 4,20 d’eau. La différence élait plus appréciable par heure et par mètre carré, car On trouvait : pour le premier, 17, 17 et 93,
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9, et pour le second, 14, 7 et 21, 7. Leurs expériences pourront amener à une solution scientifique de Ja question de l'alimentation artificielle.
Les auteurs avaient depuis longlemps signalé certaines particularités du lait de femme, sa constitution chronique étant mise à part, Ainsi Modigliano en 1873 avait signalé outre les globules graisseux, d’autres éléments visibles surlout en les colorant en rouge par une méthode qu’il ne décrivait pas. Les uns, de forme circuiaire, mesuraient de 4 à 10 y. présentaient un protoplasma granuleux et 1 ou 2 noyaux. Les autresétaient semi lunaires etcontenaient dans leur concavité un globule graisseux, adhérent ou non. Ces corps étaient pru nombreux chez les nourrices chétives et diminuaient pendant la menstruation. Il était permis de se demander si ces corps figurés ne jouaient pas un rôle dans la digestion. Mais l’auteur ne donnait aucun détail sur ses méthodes de recherches ct la question n’a pas été poussée plus loin.
En même temps il signalait dans le lait de femme, la présence d’un ferment soluble, saccharifiant l’amidon, peptonisant l’albumine.
Plus tard, en 1896, Schmid et Pflanz en comparant le lait de femmeet le sérum du sang pris après la section du cordon trouvent que les substances antitoxiques qui existent dans le sang, passent dans le lait, mais en quantité bien moins grande, c’est-à-dire que pour arrêter ou atténuer l’intoxication diphtéritique par exemple, le lait doit être injecté en quantité beaucoup plus grande que le sang.